Service d'exportation agroalimentaire

Le secteur de l'élevage laitier aux Philippines : Document d'information pour les fournisseurs canadiens de matériel génétique de bétail

Mars 2010

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*Abrégé


Préparé pour :
l'ambassade du Canada aux Philippines
et
le Bureau de la déléguée commerciale en agroalimentaire régionale de l'Asie du Sud-Est Agriculture et Agroalimentaire Canada

Préparé par:
Stanton, Emms & Sia
80 Raffles Place
Level 36, UOB Plaza 1
Singapour 048624
Tél. : +65 6334 7030
Téléc. : +65 6223 2010
Courriel : emmsia@pacific.net.sg (général)
URL du site Web : http://stantonemmsandsia.foodandbeverage.biz

Le présent rapport contient de l'information commerciale recueillie par Stanton, Emms & Sia. Le gouvernement du Canada n'assume aucune responsabilité en ce qui concerne l'exactitude et la fiabilité de cette information. *Pour obtenir le rapport complet, les Canadiens sont invités à communiquer avec Mme Yvette Buendia, à l'ambassade du Canada aux Philippines, à yvette.buendia@international.gc.ca.

Carte: La description de cette image suit.

Carte - Provinces Philippines - Abra, Agusan del Norte, Agusan del Sur, Aklan, Albay, Antique, Apayao, Aurora, Basilan, Bataan, Batanes, Batangas, Benguet, Biliran, Bohol, Bukidnon, Bulacan, Cagayan, Camarines Norte, Camarines Sur, Camiguin, Capiz, Catanduanes, Cavite, Cebu, Compostela Valley, Cotabato, Davao del Norte, Davao del Sur, Davao Oriental, Dinagat Islands, Eastern Samar, Guimaras, Ifugao, Ilocos Norte, Ilocos Sur, Iloilo, Isabela, Kalinga, La Union, Laguna, Lanao del Norte, Lanao del Sur, Leyte, Maguindanao, Marinduque, Masbate, Metro Manila, Misamis Occidental, Misamis Oriental, Mountain Province, Negros Occidental, Negros Oriental, Northern Samar, Nueva Ecija, Nueva Vizcaya, Occidental Mindoro, Oriental Mindoro, Palawan, Pampanga, Pangasinan, Quezon, Quirino, Rizal, Romblon, Samar, Sarangani, Shariff Kabunsuan, Siquijor, Sorsogon, South Cotabato, Southern Leyte, Sultan Kudarat, Sulu, Surigao del Norte, Surigao del Sur, Tarlac, Tawi-Tawi, Zambales, Zamboanga del Norte, Zamboanga del Sur, Zamboanga Sibugay

http://www.chanrobles.com


1. Introduction

Le présent rapport a été préparé par Stanton, Emms & Sia pour les exportateurs canadiens de matériel génétique de bétail, l'ambassade du Canada aux Philippines et la déléguée commerciale régionale en agroalimentaire de l'Asie du Sud-Est, Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Les objectifs du document d'information sont de fournir aux exportateurs et au gouvernement canadien :

  • un aperçu de la situation du marché du lait et des produits laitiers aux Philippines;
  • une mise à jour des politiques gouvernementales concernant l'industrie de l'élevage laitier et son développement futur;
  • un examen de l'état de l'industrie de l'élevage laitier et de ses exploitations;
  • une analyse FFPM (forces, faiblesses, possibilités et menaces) de l'industrie de l'élevage laitier;
  • une évaluation de la future orientation stratégique de l'industrie de l'élevage laitier;

Les recherches à l'appui du document d'information ont été réalisées en février et mars 2010.


2. Aperçu du marché du lait et des produits laitiers aux Philippines

D'après les données gouvernementales, la consommation de lait et de produits laitiers aux Philippines s'élève actuellement à environ 1,8 million de tonnes d'équivalents de lait entier (EqL), produits locaux et importés inclus.

Le marché du lait et des produits laitiers aux Philippines se compose de deux segments très différents :

  • le marché du lait et des produits laitiers qui sont transformés aux Philippines à partir d'ingrédients laitiers importés ou importés déjà emballés pour la vente au détail. Ce segment représente plus de 98 % de la consommation totale;
  • le marché des articles fabriqués à partir du lait cru produit localement par le secteur philippin de l'élevage laitier. Ce segment représente moins de 2 % de la consommation totale.

Le tableau ci-après donne un aperçu des données gouvernementales calculées en équivalents lait (EqL) quant à la production nationale et aux importations de lait et de produits laitiers entre 2005 et 2009.

Offre en équivalents lait aux Philippines - 2005 à 2009
(Milliers de tonnes EqL)
  2005 2006 2007 2008 2009
Production nationale des bovins laitiers 7,02 7,37 7,57 8,20 *9,00
Production nationale des kérabaux
(buffle d'eau) et des chèvres
5,32 5,42 5,86 5,61 5,27
Offre totale 12,34 12,79 13,43 13,81 14,27
Produits laitiers importés 1 604,61 1 773,32 1 739,87 1 618,71 1 789,65
Offre totale 1 616,95 1 786,11 1 753,30 1 632,52 1 803,92
Croissance annuelle (%) - 10,5 % (1,8 %) (6,9 %) 10,5 %

* Chiffres prévisionnels
Source : Bureau of Agricultural Statistics

Les Philippines comptent largement sur les importations pour répondre à la demande nationale de lait et de produits laitiers. Selon le gouvernement, environ 80 % de l'ensemble du lait importé consommé aux Philippines est importé sous forme de poudre pour être utilisé par l'industrie de transformation et d'emballage des produits laitiers.

En 2008, les importations ont été évaluées à 736 millions $ US (voir le tableau ci-après).

Importations de produits laitiers aux Philippines en 2008 (736,1 millions $ US)

Importations: La description de cette image suit.

Importations de produits laitiers aux Philippines en 2008 (736,1 millions $ US): Lait en proudre et concentré 63%, Babeurre 8%, MGLA et autres produits laitiers gras 8%, Caillé et fromage 7%, Petit lait 6%, Lait et crème liquides 6%, Lactose 2%

Source : Données sur le commerce extérieur des Philippines

Comme le montrent les données ci-dessus, les Philippines ont une base de consommation substantielle que les agriculteurs locaux peuvent cibler. En plus de vouloir remplacer les importations, c'est l'une des raisons pour lesquelles les politiques gouvernementales sur le développement de l'industrie du bétail sont si axées sur l'industrie de l'élevage laitier.


3. Politiques gouvernementales concernant l'industrie de l'élevage laitier et son développement futur

3.1 Agriculture and Fisheries Modernization Act (Loi sur la modernisation de l'agriculture et de la pêche)

Le gouvernement a mis en place des politiques générales pour développer le secteur agricole du pays. Aux termes de l'Agriculture and Fisheries Modernization Act (AFMA), promulguée en 1997, le gouvernement vise à renforcer les secteurs de l'agriculture et de la pêche par les moyens suivants :

  • modernisation de l'industrie;
  • participation accrue des petits exploitants agricoles (ou acteurs secondaires du secteur);
  • mesures en faveur de la sécurité et de l'autosuffisance alimentaires;
  • participation du secteur privé;
  • renforcement de l'autonomie des gens.

Le Programme pour le bétail Ginintuang Masaganang Ani (Ginintuang Masaganang Ani Livestock Program) est le programme de développement agricole phare qui a été mis en place par le gouvernement comme avant-projet de mise en œuvre de l'AFMA.

3.2 Le Programme pour le bétail Ginintuang Masaganang Ani (GMA)

La priorité du programme GMA est de renforcer la sécurité des aliments et de réduire la pauvreté en aidant les unités gouvernementales locales (Local Government Units ou LGU) et les autres acteurs à créer leurs propres plans et programmes de développement de l'industrie du bétail adaptés à leurs localités respectives dans l'ensemble de l'archipel des Philippines.

Objectifs du programme GMA :

  • contribuer au développement des terres agro-industrielles (création de pâturages) et à la réduction des coûts des salaires et des biens en améliorant la productivité, en augmentant l'efficacité de la logistique et en consolidant les réseaux de vente au détail (objectifs 1 et 2 du plan de développement des Philippines à moyen terme [Medium-Term Philippine Development Plan] – section « Agriculture industrielle », 2004-2010);
  • augmenter la production de bétail et améliorer la productivité du bétail afin d'aider à garantir la disponibilité, l'accessibilité et le prix des produits du bétail;
  • accroître le revenu des éleveurs de bétail en leur offrant un accès aux technologies, aux ressources, aux services et à l'infrastructure de soutien;
  • veiller à la compatibilité des pratiques des éleveurs de bétail et de volaille avec les normes environnementales;
  • passer d'une industrie du bétail fondée sur les ressources à une industrie fondée sur la technologie;
  • travailler à la compétitivité mondiale des producteurs nationaux de bétail et de volaille.

Des politiques de développement spécifiques concernant les divers sous-secteurs du bétail ont été élaborées et proposées par le Livestock Development Council (LDC).

À part le programme GMA, des politiques pour chaque sous-secteur du bétail ont été proposées dans une feuille de route élaborée par le LDC.

L'une des feuilles de route du LDC est une composante essentielle de la politique de développement de l'industrie laitière.

Le mandat du LDC, tel qu'établi par le ministère de l'Agriculture des Philippines, est le suivant :

  • servir de tribune entre les secteurs public et privé concernant l'orientation et les priorités des secteurs du bétail et de la volaille et des problèmes de cette industrie, qui serviront de fondement aux politiques de développement;
  • formuler des recommandations en matière de politiques et mettre en œuvre les lignes directrices en collaboration avec les autres organismes gouvernementaux et les autres acteurs;
  • élaborer les programmes et les projets à court, moyen et long termes visant à atteindre l'autosuffisance dans le domaine des produits alimentaires d'origine animale;
  • surveiller et évaluer les activités de toutes les unités du ministère de l'Agriculture des Philippines qui participent directement à la réalisation des programmes, des projets et des activités de développement du bétail.
3.3 Initiatives en matière de politiques et de programmes de développement de l'élevage laitier

Le secteur de l'élevage des bovins laitiers se développe depuis longtemps. Son histoire est énoncée dans les documents de politiques suivants :

  • le plan de développement de l'industrie laitière (Dairy Development Plan) de 2008-2030, y compris le programme intensif pour l'industrie laitière (Dairy Fast Track) de 2008;
  • la feuille de route pour le secteur laitier (Dairy Road Map) de 2004;
  • la National Dairy Development Act (loi sur le développement du secteur laitier national) de 1995 (Republic Act 7884), qui a été modifiée de nombreuses fois depuis 1995;
  • le document qui fait date de la politique d'origine, soit le plan de développement de l'industrie laitière à moyen terme et le modèle de développement de l'industrie laitière (Dairy Industry Development Model ou DIDM) de 1989.

Il existe en outre une législation concernant les programmes de distribution de lait aux enfants, qui sont également liés à la politique sur l'industrie.

L'ensemble des documents énumérés ci-dessus ont des composantes stratégiques similaires, parmi lesquelles :

  • des stratégies d'accroissement du cheptel laitier;
  • l'amélioration des capacités et des exploitations des producteurs laitiers, en particulier des petits producteurs;
  • une meilleure assurance de la qualité du lait;
  • le développement du marché pour les exploitations laitières, ce qui, dans la plupart des cas, est lié aux programmes de distribution de lait aux enfants.

Il y a plus de 15 ans, le ministère de l'Agriculture des Philippines a confié à la National Dairy Authority (NDA) le mandat de veiller au développement accéléré de l'industrie laitière philippine en orientant les politiques et en mettant en œuvre les programmes.

Les sources commerciales doutent fortement que la NDA ait agi conformément à son mandat au vu des résultats de ses activités passées. Cet organisme fait l'objet de nombreuses critiques, principalement parce que nombre de ses actions ont changé d'une année à l'autre au gré des domaines d'intérêt particuliers, c'est-à-dire des « marottes », de certains de ses hauts fonctionnaires et groupes de hauts fonctionnaires.

Une série de projets de recherche et de développement financés, certains de grande envergure, ont été mis en place dans le secteur de l'élevage laitier et des PME transformant les produits laitiers aux Philippines depuis le début des années 1990. Selon les sources commerciales, certaines des principales conclusions et recommandations émises au terme de ces études sur le développement des exploitations laitières ont été ignorées, reléguées au second plan ou mises en œuvre de sorte qu'elles n'ont eu aucun effet sur les petits exploitants.

Les critiques visent également la tendance de l'organisme à agir dans le « domaine théorique » plutôt qu'à employer des moyens pratiques qui pourraient faire connaître le succès commercial aux agriculteurs qu'elle essaie d'aider au travers de ses programmes.

Les objectifs exposés dans le plan de développement du secteur laitier 2008-2030 (DDP), tels qu'ils sont fixés pour les nouveaux programmes de la NDA, sont les suivants :

  • augmenter le cheptel laitier des programmes soutenus par la NDA à plus de 190 000 têtes, avec une production moyenne de 14 tonnes de lait cru par jour;
  • créer environ 95 000 emplois ruraux et générer des revenus familiaux d'environ 500 pesos (environ 10 $ CAN) par jour et par agriculteur à partir des activités d'élevage laitier;
  • faire participer environ 19 000 familles d'exploitants laitiers habitant dans les zones laitières existantes à des systèmes de culture et d'élevage laitier, ainsi qu'à des entreprises en lien avec le secteur laitier, notamment des concessions de production de fourrage, de services de reproduction, de vitellerie, de soins des génisses, de mélange d'aliments pour animaux, de fabrication et d'entretien du matériel de traite et de distribution de lait dans le cadre du plan d'action du DDP;
  • améliorer la manipulation du lait, le matériel et les installations dans les zones laitières supervisées par la NDA;
  • faciliter la mise en place d'un octroi de crédit pour le secteur laitier (Dairy Credit Opportunity Window ou D"COW) d'une valeur de 500 millions de pesos (environ 12 millions $ CAN) pour soutenir les initiatives d'investissement des organismes des secteurs privé et public dans les activités de développement de leurs entreprises laitières;
  • mettre en place et gérer des entreprises laitières viables qui présenteront les bonnes pratiques en matière d'élevage laitier et de fabrication de produits laitiers dans le cadre de partenariats public-privé, y compris :
    • la DFO (Dairy Farm Operation), créée pour servir de fournisseur principal de bovins laitiers produits localement;
    • le RDMG (Real Dairy Marketing Group), établi pour améliorer la commercialisation du lait et des produits laitiers des agriculteurs locaux;
  • mettre en œuvre le Philippine Milk Fund pour garantir le paiement rapide des producteurs laitiers qui fournissent du lait pour les programmes gouvernementaux de distribution de lait aux enfants;
  • aider environ un million d'enfants dans le cadre d'activités de distribution de lait dont les coûts seront partagés entre les unités gouvernementales locales et d'autres commanditaires d'ici 2030.

Dans le cadre du DDP 2008-2030 récemment promulgué, la NDA a mis en œuvre les programmes d'expansion à long terme suivants :

  • le programme d'accroissement du cheptel (Herd Build-Up Program) :
    Ce programme vise à garantir et accélérer l'augmentation du cheptel laitier et de la production de lait locaux.
    D'après la NDA, il sera possible d'augmenter le cheptel laitier local par les moyens suivants :
    • importation de matériel génétique tel que des bovins laitiers et du matériel de reproduction de bovins laitiers;
    • amélioration de la race locale pour en faire une race laitière;
    • production d'un cheptel de remplacement par le biais de programmes de reproduction de races laitières tels que des programmes d'insémination artificielle et la création d'élevages multiplicateurs;
    • préservation du troupeau existant.
      Les sous-programmes suivants renforceront ce programme d'accroissement du cheptel :
    • le programme « Sauvons le cheptel » (Save-the-Herd (STH) Program);
      Ce programme a été conçu pour canaliser les bovins laitiers dans un projet qui stimulera le commerce des animaux, l'amélioration des entreprises laitières et la conservation du cheptel.
      Dans le cadre de ce programme, le partenaire STH (un petit exploitant) reçoit un bovin laitier de la NDA qu'il doit élever, soigner et féconder conformément aux normes de gestion d'élevage laitier fixées par la NDA.
    • le programme de diversification du cheptel;
      Ce programme comprend l'importation de bovins laitiers, la diversification des pays d'origine de ces ressources et l'acquisition sur place de bovins laitiers.
    • le programme d'amélioration du taux de fécondation;
      Dans le cadre de ce programme, des services de reproduction sont fournis pour optimiser la capacité de reproduction des animaux laitiers du cheptel philippin, que ce soit par le biais de l'insémination artificielle ou de la reproduction naturelle (avec un taureau).
    • le programme de financement des animaux;
      Ce programme a pour objectif d'adapter les programmes de prêts pour l'achat d'animaux au cycle des entreprises laitières et d'obtenir de nouvelles sources de prêts à des taux compétitifs pour l'achat d'animaux auprès d'un éventail d'institutions de financement répertoriées par la NDA.
    • le projet Palit-Baka de distribution des bovins laitiers (Palit-Baka Scheme of Dairy Animal Distribution);
      Dans le cadre de ce programme, la NDA distribue des bovins laitiers à des petits exploitants récemment installés, mais admissibles au programme et qualifiés, qui paieront les animaux en nature en fournissant des femelles laitières à la NDA.
    • le programme d'amélioration des animaux locaux;
      Ce programme consiste à inséminer du bétail local avec du sperme de Holstein-Friesian 100 % race pure. Les veaux nés dans le cadre de ce programme sont distribués à de nouveaux agriculteurs intéressés par l'élevage laitier.
    • le programme des élevages multiplicateurs;
      Ce programme est en place pour créer et encourager des partenariats privé-public visant à produire des bovins laitiers localement afin que les entreprises nées de ces partenariats deviennent des fournisseurs majeurs de bovins laitiers de qualité à prix abordable pour les producteurs de lait philippins.
    • le programme de prêt de taureaux (Bull Loan Program);
      Dans le cadre de ce programme, la NDA distribue des taureaux de race laitière de race pure et croisés aux unités de terrain régionales du ministère de l'Agriculture des Philippines ou à d'autres partenaires du projet pour les taureaux de race laitière afin qu'ils puissent être gérés, entraînés et entretenus aux fins de production, de récupération et de traitement du sperme à un niveau localisé dans le pays.
    • le programme de développement des entreprises laitières (Dairy Enterprise Development Program) D'après la NDA, ce programme vise à pousser les producteurs laitiers dans la voie de l'entreprise en équipant les participants de ce secteur et, notamment, en installant des systèmes, en offrant une formation et un enseignement continus et en créant de nouvelles infrastructures.
      Les orientations suivantes font partie du plan d'action de ce programme :
    • efforts pour ouvrir l'accès au marché commercial et au marché de consommation;
    • nouvelles zones créées pour devenir de futures zones laitières, les zones existantes étant revitalisées grâce au soutien continu offert dans le cadre du programme;
    • création et mise en place d'une nouvelle génération d'usines de traitement, de centres de collecte et de matériel de transformation du lait, avec mise à niveau des établissements existants pour garantir l'acheminement continu des produits au marché, à long terme.
  • le programme d'assurance de la qualité du lait (Milk Quality Assurance Program); D'après la NDA, ce programme se concentre sur la mise en place d'évaluations du lait et de systèmes de paiement basés sur la qualité dans les coopératives soutenues par la NDA.
    Dans le cadre de la stratégie du programme, les agriculteurs sont payés non seulement en fonction du volume de lait mais aussi de la qualité du lait qu'ils remettent aux centres de collecte.
    Dans la pratique, ce programme s'appuiera sur des essais en laboratoire classiques du lait cru et des produits finis, et sur des vérifications techniques dans les fermes laitières et les usines de transformation du lait qui exercent leurs activités dans le cadre des programmes de la NDA dans l'ensemble des Philippines.
  • le programme national de distribution de lait;
    Ce programme est au cœur de la plupart des activités de la NDA. D'après celle-ci, le programme sert à fournir une base de marché captif pour les producteurs laitiers locaux, en particulier ceux qui viennent de se lancer dans l'exploitation laitière.
    L'autre objectif du programme est de s'attaquer aux problèmes de malnutrition et de pauvreté par les moyens suivants :
    • offrir une alimentation à base de lait améliorée aux enfants des zones rurales;
    • fournir une source de revenus stable provenant de la vente du lait aux producteurs laitiers locaux et à leurs coopératives.

Ces politiques et programmes sont en place et évoluent depuis 1989, alors que le plan de développement du secteur laitier à moyen terme et le modèle de développement de l'industrie laitière (DIDM) entraient en vigueur. Le gouvernement philippin s'efforce de stimuler le développement d'une industrie d'élevage laitier viable depuis près de 20 ans.

Même si l'industrie a connu une certaine croissance ces dix dernières années, la tendance générale au niveau de la production industrielle n'a pas du tout été dynamique. De fait, la production reste très limitée (voir le graphique ci-après).

Tendances à long terme en matière de production de lait de vache cru aux Philippines (1987 à 2009)

Figure 1: La description de cette image suit.

Tendances à long terme en matière de production de lait de vache cru aux Philippines (1987 à 2009): 15000 (1987), 15000 (1988), 15000 (1989), 15000 (1990), 15000 (1991), 15420 (1992), 12500 (1993), 12100 (1994), 12110 (1995), 11500 (1996), 10220 (1997), 9240 (1998), 9850 (1999), 10210 (2000), 10800 (2001), 11000 (2002), 11250 (2003), 11550 (2004), 12340 (2005), 12790 (2006), 13430 (2007), 13810 (2008), 14270 (2009)

Source : Base de données de la FAO FAO et gouvernement des Philippines

Selon les sources commerciales, les efforts des 20 dernières années correspondent à un échec total sur le plan commercial. Comme l'a déclaré l'une de ces sources : « Il y a très clairement une opportunité à saisir pour les agriculteurs sur notre marché. Le gouvernement et quelques organismes d'aide ont consacré beaucoup d'efforts, de ressources humaines et de fonds à la pénétration de ce marché. Toutefois, le seul résultat mesurable a été le déclin du marché de l'industrie locale d'élevage laitier. »

Les importations de lait et de crème liquides aux Philippines ont atteint environ 46 millions de litres évalués à 41,6 millions $ US en 2008. Ces importations ont presque doublé en taille depuis le milieu des années 1990.

Importations de lait et de crème liquides aux Philippines - 1996 à 2008

Importations: La description de cette image suit.

Importations de lait et de crème liquides aux Philippines - 1996 à 2008:21,779,796 (1996), 31,695,254 (1997), 25,498,166 (1998), 22,986,670 (1999), 26,347,731 (2000), 48,545,416 (2001), 69,016,814 (2003), 67,907,409 (2004), 58,373,229 (2005), 48,140,194 (2006), 48,131,648 (2007), 46,887,080 (2008)

Source : Données sur le commerce extérieur des Philippines

Si la NDA impute ces importations à la libéralisation du marché, les sources commerciales des Philippines sont plus enclines à voir la réponse des agriculteurs locaux à la nouvelle demande de lait de consommation comme un échec évident de nombreux programmes de la NDA visant à aider les agriculteurs à saisir les nouvelles occasions créées par la demande accrue de lait de consommation.

Soulignons que, dans le cadre de sa stratégie de développement de son chiffre d'affaires, le ministère de l'Agriculture des Philippines donne la priorité à l'expansion de l'industrie laitière des Philippines parce qu'il a conscience de cette nouvelle demande croissante de lait de consommation et du scénario où :

  • l'industrie de l'élevage laitier des Philippines ne sera pas en mesure de concurrencer sur les marchés dominés par le lait en poudre en raison de ressources restreintes et d'autres contraintes majeures;
  • les producteurs laitiers locaux et leurs organisations doivent se concentrer sur l'approvisionnement du marché de consommation en lait frais d'une manière qui maximise le rendement d'un produit de première qualité;
  • il existe, de manière évidente, un marché du lait de consommation en plein essor, avec une demande de consommateurs appartenant aux groupes à revenu moyen à élevé, des cafés spécialisés, et des hôtels et restaurants;
  • les unités gouvernementales très localisées peuvent également générer une demande utile de lait frais produit localement pour leurs programmes de distribution de lait.
3.4 Autres institutions participant aux activités de développement de l'élevage laitier

Le College of Agriculture de l'Université des Philippines Los Baños a longtemps participé à des activités de développement de l'élevage laitier. Autrefois, l'une de ses unités était le fameux Dairy Training and Research Institute (DTRI), dont la publicité affirmait que c'était un institut de formation à l'élevage laitier de renommée internationale pour les étudiants prometteurs dans d'autres pays en développement dans les années 1990.

Les sources commerciales font observer qu'à cette époque le statut du DTRI a été ouvertement critiqué par le secteur privé aux Philippines parce que le DTRI avait très peu aidé l'industrie de l'élevage laitier national, en proie à des difficultés, à se moderniser et à se développer. À cette époque, le DTRI offrait un programme de formation générale assez important axé sur l'élevage laitier, la science, la reproduction et la technologie, ainsi qu'une ferme-école, et produisait des produits laitiers qui étaient vendus sur le marché de la région métropolitaine de Manille.

Ce collège universitaire a été réorganisé en cinq grappes au cours des dix dernières années. Le DTRI a donc été intégré à la « Grappe des animaux et des sciences du lait » (Animal and Dairy Sciences Cluster ou ADSC) du collège. Par la suite, il a adopté une position beaucoup plus modeste.

L'ADSC, officiellement créée en octobre 2004, regroupe essentiellement les anciens établissements de l'Institute of Animal Science et du DTRI.

L'ADSC propose toujours des programmes de formation générale axés sur l'élevage laitier et travaille avec les divisions suivantes :

  • Division de la reproduction et de la physiologie des animaux;
  • Division de la nutrition animale;
  • Division de la transformation et de l'utilisation des produits animaux;
  • Division de la transformation et de l'utilisation des produits laitiers.

4. L'industrie de l'élevage laitier et ses exploitations

4.1 L'état de l'industrie au sein du secteur agricole philippin

L'industrie de l'élevage laitier des Philippines est le plus petit sous-secteur de l'industrie des produits d'élevage conventionnels du pays. De plus, c'est l'une des plus petites industries d'élevage laitier de la région de l'ANASE, c'est-à-dire qu'elle est plus petite qu'en Malaisie et au Cambodge, alors que ces pays ont une population rurale bien inférieure à celle des Philippines (voir le tableau ci-dessous).

Production de lait de vache cru dans la région de l'ANASE
en 2008 (Tonnes)
Myanmar (Birmanie) 980 314
Thaïlande 827 252
Indonésie 574 406
Vietnam 240 000
Malaisie 39 300
Cambodge 23 800
Philippines 8 197
Laos 7 540
Brunei Darussalam 13
Singapour Négligeable

Source : Base de données de la FAO (comprend des chiffres réels, des projections et des estimations)

Le tableau ci-dessous fournit des détails sur l'état de la population des bovins laitiers aux Philippines entre 2005 et 2009.

Nombre de bovins laitiers aux Philippines - 2005 à 2009 (Têtes)
2005 2006 2007 2008 P 2009
11 261 12 094 13 864 15 073 16 949

P : Chiffres provisoires
Source : Bureau of Agricultural Statistics (BAS)

La croissance d'environ 5 700 têtes du cheptel laitier pendant cette période est directement liée aux programmes continus gérés par la NDA. Ce taux de croissance élevé équivaut à environ 10 % par an.

Il s'agit d'un très petit cheptel, à la fois selon les normes internationales et celles de l'ANASE. À titre de comparaison, le cheptel laitier national d'Indonésie comptait environ 487 000 têtes en 2009.

Le ministère de l'Agriculture des Philippines considère que l'élevage des bovins, des chèvres et des buffles laitiers fait partie du sous-secteur de l'élevage laitier.

D'après la NDA, ce sous-secteur ne représentait, en 2009, que 0,04 % de la production agricole totale et 0,24 % de la valeur de production de bétail respectivement. Cette année-là, les bovins laitiers représentaient 47 % du nombre total d'animaux laitiers et ont produit environ 60 % du lait cru obtenu.

4.2 L'industrie de l'élevage laitier aujourd'hui
4.2.1 La structure de l'industrie

D'après le ministère de l'Agriculture des Philippines, l'élevage laitier est, sur l'ensemble, une industrie reposant sur les petits exploitants. Elle comporte :

  • un sous-groupe informel de producteurs individuels non organisés;
  • un sous-secteur formel comprenant trois sous-groupes distincts :
    • les familles ayant une petite exploitation laitière, avec des troupeaux d'une à dix vaches laitières;
    • les petits producteurs un peu plus importants, avec des cheptels laitiers qui augmentent et qui comptent entre 20 et 100 vaches laitières;
    • les producteurs-transformateurs de lait qui gèrent des exploitations comptant plus de 100 vaches laitières dans leur troupeau.
      Ces producteurs-transformateurs sont généralement des PME dotées d'une usine de pasteurisation du lait et qui se chargent de vendre le lait aux consommateurs des centres urbains environnants. Il est très courant pour ces entreprises de traitement de récupérer le lait cru produit par les petits exploitants des fermes laitières environnantes.

D'après la NDA, les Philippines ont environ 11 800 exploitants de fermes laitières et un peu plus de 300 fermes laitières qui participent officiellement à la production locale de lait à l'heure actuelle.

Le tableau ci-après donne un aperçu de la structure du secteur officiel des fermes laitières aux Philippines en 2009.

Structure du secteur officiel des fermes laitières en 2009 (Nbre de fermes)
Type d'exploitation Luçon Visayas Mindanao Total (en $)
Coopératives laitières 46 71 35 152
Fermes rattachées à une institution 25 20 11 56
Exploitations privées/commerciales 63 12 23 98
Nombre total de fermes 134 103 69 306

Source : NDA

En gros, trois types d'entités produisent du lait cru aux Philippines aujourd'hui :

  • les coopératives de petits producteurs;
  • les exploitations rattachées à une institution;
  • les exploitations privées/commerciales

Près de 50 % des fermes laitières sont gérées par des coopératives laitières, alors que les exploitations privées/commerciales représentent environ 30 % du nombre total de fermes laitières opérationnelles.

4.2.2 Le cheptel de l'industrie et sa structure

Le tableau ci-après donne un aperçu de la structure du cheptel laitier national des Philippines et de son développement entre 2005 et 2009.

Cheptel laitier national des Philippines entre 2005 et 2009 (Têtes)
  2005 2006 2007 2008 2009
Mères 4 751 5 425 6 371 6 871 7 583
Taureaux 349 570 582 596 S.O.
Génisses 1 642 1 389 1 621 1 879 S.O.
Animaux d'un an 1 635 1 789 2 279 2 599 S.O.
Veaux 2 884 2 921 3 011 3 128 S.O.
Cheptel laitier total 11 261 12 094 13 864 15 073 16 949

S.O. : Au moment de la rédaction du présent rapport, les données pour 2009 n'étaient pas disponibles.
Source : Bureau of Agricultural Statistics (BAS)

Les sources commerciales indiquent que malgré une augmentation du nombre d'animaux laitiers, la capacité moyenne de production de lait par animal reste très basse, principalement en raison d'une alimentation inappropriée et de mauvaises méthodes de gestion des animaux. Selon les sources commerciales, les croisements Holstein Friesian-Sahiwal produisent actuellement en moyenne huit litres de lait par jour dans les fermes commerciales.

Seulement environ 30 % du troupeau laitier total est intégré à la chaîne de production du lait. Le tableau ci-dessous présente la répartition des bovins laitiers de cette chaîne entre 2005 et 2008.

Bovins laitiers intégrés à la chaîne de production du lait (Têtes)
Source 2005 2006 2007 2008 2009
Exploitations individuelles 115 782 887 1 117 S.O.
Coopératives 2 503 2 184 2 347 2 385 S.O.
Exploitations commerciales 303 392 332 367 S.O.
Fermes rattachées à une institution 279 281 318 311 S.O.
Total ($) 3 200 3 639 3 884 4 180 S.O.

S.O. : Données non disponibles au moment de la rédaction du présent rapport
Source : Bureau of Agricultural Statistics (BAS)

Le nombre de bovins laitiers intégrés à la chaîne de production du lait est passé de 3 200 têtes en 2005 à 4 180 têtes en 2009. En 2008, 4 % du cheptel laitier intégré à la chaîne de production du lait provenait d'exploitations individuelles et de coopératives. Toutefois, seuls 9 % des bovins laitiers faisant partie de la chaîne provenaient d'exploitations commerciales cette année-là.

4.2.3 Production de lait par l'industrie

La production locale de lait a augmenté, passant de 7 019 tonnes en 2005 à 8 990 tonnes en 2009. Cela équivaut à une croissance moyenne d'environ 6 % par an durant cette période. Le tableau ci-après indique les quantités de lait produites par les différents sous-secteurs de l'industrie entre 2005 et 2009.

Production de bovins laitiers par sous-secteur de l'industrie
(Milliers de litres)
Source 2005 2006 2007 2008 2009
Coopératives 5 411,98 5 000,92 4 864,29 5 039,92 S.O.
Exploitations commerciales 822,98 1 023,95 1 112,88 1 096,49 S.O
Exploitations individuelles 202,31 790,39 1 146,18 1 488,12 S.O
Fermes rattachées à une institution 581,43 551,91 445,63 572,67 S.O.
Total en milliers de litres 7 019,00 7 367,00 7 568,98 8 197,20 *8 990,00
Valeur totale (Millions de pesos) 344,00 367,00 391,00 412,00 461,00

* Chiffres prévisionnels
S.O. : Données non disponibles au moment de la rédaction du présent rapport
Source : Bureau of Agricultural Statistics (BAS)

Plus de 60 % du lait produit provenait de coopératives. Les exploitations individuelles fournissaient environ 18 % de l'offre totale, alors que les exploitations commerciales produisaient les quelque 13 % restants en 2008.

Selon les sources commerciales, la majorité du lait de consommation produit, soit environ 60 %, est transformé et distribué aux épiceries, supermarchés, cafés, hôtels et restaurants.

Les 40 % restants servent aux programmes de distribution de lait qui visent les enfants d'âge scolaire. Remarquons que les petits producteurs laitiers sont les fournisseurs prioritaires pour les programmes de distribution de lait financés par le gouvernement.

4.2.4 Caractéristiques du sous-secteur de l'élevage laitier à petite échelle

Les petites exploitations laitières ont été créées au fil des ans grâce à différents programmes gouvernementaux qui entraient dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement pour améliorer l'économie de la collectivité rurale. Entre-temps, les fermes commerciales étaient modernisées grâce aux investissements du secteur privé.

Dans le cadre de ces programmes, des coopératives laitières à dimension régionale ont également été mises en place pour mieux organiser les petits exploitants, leur offrir un pouvoir de négociation plus puissant et soutenir le processus de collecte du lait et une meilleure distribution sur le marché.

Les renseignements suivants sur les petits producteurs de lait en activité aux Philippines aujourd'hui ont également été fournis par les sources gouvernementales et commerciales :

  • L'élevage laitier est une activité agricole qui a été récemment introduite et qui est étrangère à la plupart des agriculteurs locaux aux Philippines.
  • La plupart des producteurs laitiers ont des connaissances limitées sur l'élevage laitier et recourent à des méthodes de gestion agricole inefficaces.
    Ces conditions subsistent aujourd'hui, malgré 20 ans ou plus d'intervention gouvernementale dans l'industrie de l'élevage laitier par le biais de politiques et de programmes.
  • Les petits exploitants commencent généralement par faire de l'élevage laitier à mi-temps, avec un à trois bovins laitiers.
  • De petites exploitations ont été créées ces dernières années grâce aux fonds d'investissement qu'ont envoyés à leurs familles des Philippins travaillant à l'étranger.
  • Certains petits producteurs mettent en commun le lait cru qu'ils produisent et le vendent à des usines de traitement voisines. En général, la plupart des petits producteurs laitiers sont membres de coopératives laitières locales qui gèrent un centre de collecte du lait cru.
  • Dans les zones laitières mises en place par le gouvernement, il y a généralement une entité, par exemple une fédération des coopératives laitières, qui achète le lait cru collecté en gros aux coopératives locales pour le transformer à l'usine de traitement de la fédération et le vendre ensuite aux consommateurs et aux utilisateurs de son marché cible.

Les sources gouvernementales font également observer que des petites exploitations apparaissent dans des exploitations plus grandes fonctionnant avec cinq à vingt bovins laitiers lorsqu'un membre de la famille propriétaire se met à l'élevage laitier à plein temps. Il se lance généralement dans cette activité avec l'aide d'autres membres de la famille pour obtenir du fourrage, nourrir et traire les animaux, et vendre le lait aux clients ruraux proches de la zone d'exploitation de la ferme.

4.2.5 Caractéristiques du sous-secteur de l'élevage laitier privé

Les grands importateurs-transformateurs de produits laitiers aux Philippines, tels que Nestle Philippines Inc et Alaska Milk Corporation, ne font pas d'élevage laitier.

Selon les sources commerciales, ces gros fabricants de produits laitiers continuent de préférer les ingrédients laitiers importés parce que les ingrédients importés tels que les poudres de lait sont proposés à des prix très compétitifs par rapport au lait cru local. De plus, la qualité de lait cru local ne satisfait généralement pas aux critères élevés fixés par les principaux fabricants de produits laitiers. Par conséquent, ils ne font pas partie du marché du lait cru, ni de l'industrie qui le produit.

D'après le ministère de l'Agriculture des Philippines, le sous-secteur de l'élevage laitier privé comprend des exploitations individuelles et des fermes commerciales, que possèdent et gèrent des entreprises.

Les entreprises privées telles que les coopératives de producteurs reçoivent un soutien technique et d'autres formes d'aide du gouvernement. Cet appui vise avant tout à améliorer la productivité du cheptel laitier et à augmenter la capacité de production de l'industrie de l'élevage laitier du pays.

Dans ce contexte, la NDA fournit également un soutien technique aux coopératives laitières dans toutes les zones laitières connues du pays et forme les producteurs dans les domaines des soins aux animaux et de l'hygiène du lait afin de garantir une rentabilité accrue des fermes laitières.

4.2.6 Caractéristiques du sous-secteur de l'élevage laitier rattaché à une institution

D'après le ministère de l'Agriculture des Philippines, les exploitations rattachées à une institution sont généralement des fermes de recherche et des exploitations d'élevage de bétail. Par exemple, ces fermes laitières sont gérées par :

  • l'Albay Breeding Station;
  • les unités gouvernementales locales telles que la LGU San Vicente et la LGU Sogod;
  • les collèges et les universités d'État dans lesquels elles se trouvent, comme les fermes gérées par la Grappe des animaux et des sciences du lait de l'Université des Philippines Los Baños, c'est-à-dire l'ancienne ferme pilote et ferme-école du Dairy Training and Research Institute (DTRI).

D'après le ministère de l'Agriculture des Philippines, la majeure partie du lait cru produit par ces fermes est généralement transformé et vendu à des consommateurs ruraux. Certains des produits de la ferme laitière de l'Université des Philippines Los Baños sont vendus dans des chaînes de supermarchés de la région métropolitaine de Manille.

4.2.7 Les zones laitières

Les zones laitières ont été créées dans des régions sélectionnées près des centres urbains afin qu'il soit possible de regrouper le cheptel laitier, l'expertise dans le domaine de l'élevage laitier, les usines de traitement du lait et d'autres infrastructures nécessaires. Le but principal de ces zones est de créer une forme d'économie à l'échelle des petits exploitants, ce qui permettrait le développement d'entreprises d'élevage laitier plus viables.

La valeur établie pour une zone laitière de ce type est d'environ 100 exploitants fonctionnant avec environ 300 animaux laitiers. Ces agriculteurs doivent se trouver dans des villages voisins, desservis par une usine de traitement située dans un rayon de 30 kilomètres d'un centre urbain ayant un marché capable d'absorber au moins 300 à 500 litres de lait par jour.

Dans le système des zones laitières :

  • les agriculteurs possèdent et gèrent le troupeau de bovins laitiers;
  • une coopérative principale gère le centre de collecte du lait;
  • une fédération ou un entrepreneur privé possède et dirige une usine de traitement du lait et se charge de la commercialisation du lait et des produits laitiers transformés.

Il existe actuellement 26 zones laitières, qui sont concentrées dans les régions suivantes : Luçon du Nord, Luçon du Sud, Visayas et Mindanao. Ensemble, ces zones regroupaient près de 80 % de l'ensemble des fermes laitières en 2009.


5. Approvisionnement en bovins de reproduction et en matériel génétique aux Philippines

Le ministère de l'Agriculture des Philippines importe du sperme bovin, ainsi que du bétail de race pure destiné à la reproduction afin d'améliorer le troupeau et le stock génétique du pays.

Soulignons que ce ministère utilise les prêts des États-Unis conformément au titre 1 de la Public Law 480 (PL 480) pour acheter du matériel génétique de bétail tel que du sperme et des bovins de reproduction des États-Unis.

Le tableau ci-après fournit des données sur les importations de sperme bovin aux Philippines entre 2005 et 2009.

Importations de sperme bovin entre 2005 et 2009 (valeur FAB)($ US)
Source 2005 2006 2007 2008 2009
Australie 0 5 127 5 926 0 10 362
Nouvelle-Zélande 3 790 8 097 0 0 0
Pays-Bas 2 487 0 0 0 0
États-Unis 22 045 10 680 0 32 996 113 003
RoyaumeUni 5 684 8 607 3 777 35 435 64 359
Valeur FAB totale ($ US) 34 006 32 511 9 703 68 431 187 724

Source : Statistiques commerciales du gouvernement

Les données d'importation ci-dessus ne différencient pas le sperme des bovins à viande de celui des bovins laitiers. D'après les sources commerciales, les importations de la Nouvelle-Zélande sont probablement du sperme de bovin laitier alors que celles des autres pays sont sans doute du sperme de bovin à viande.

Selon le ministère de l'Agriculture des Philippines, la Grappe des animaux et des sciences du lait de l'Université des Philippines Los Baños et le National Artificial Breeding Center (NABC) élèvent des taureaux de race laitière afin de produire du sperme. Malgré ces ressources, il existerait un besoin continu d'acquérir de nouveaux taureaux pour collecter du sperme. Ils sont importés périodiquement de Nouvelle-Zélande pour augmenter le cheptel local de taureaux.

Le bétail laitier est généralement importé de Nouvelle-Zélande puis distribué aux différentes coopératives d'agriculteurs qui les répartissent entre les exploitations sélectionnées.

Parmi les différentes races de bovins laitiers qui ont été importées aux Philippines par le passé, on trouve les suivantes : Holstein Friesian, Shorthorn, Guernesey, Jersiaise et d'autres races croisées, par exemple Friesian-Sahiwal.

Le tableau ci-après donne un aperçu des données d'importation concernant les bovins laitiers de race pure aux fins de reproduction entre 2005 et 2009.

Importations de bovins de race pure vivants pour la reproduction (Têtes)
Source 2005 2006 2007 2008 2009
Nouvelle-Zélande 750 649 520 0 S.O.
Total (têtes) 750 649 520 0 S.O.
Valeur FAB ($ US) 987 108 459 898 481 282 0 S.O.

S.O. : Au moment de la rédaction du présent rapport, les données pour 2009 n'étaient pas disponibles.
Source : Statistiques commerciales du gouvernement

Selon les sources commerciales, la Nouvelle-Zélande est le pays préféré pour les bovins laitiers. Cette situation s'explique par le remarquable dossier et l'excellente réputation mondiale de ce pays en matière d'élevage laitier. De plus, les fournisseurs de matériel génétique néo-zélandais et leurs clients philippins entretiennent des relations de travail étroites depuis de nombreuses années.

Les bovins laitiers importés de la Nouvelle-Zélande sont généralement des croisements des races laitières Holstein Friesian et Sahiwal. Les sources commerciales indiquent que les clients préfèrent ces races croisées parce qu'elles s'adaptent aisément au climat tropical des Philippines.

Autres renseignements à retenir sur les approvisionnements en bovins de reproduction et en matériel génétique aux Philippines :

  • Ces dernières années, la Lanao del Norte Foundation a importé, à titre privé, 750 bovins laitiers. Toutes les autres importations ont été faites par la NDA. La majeure partie des importations concernait des femelles pleines, mais en 2007, deux taureaux Holstein Friesian-Sahiwal ont également été importés.
  • Dans l'industrie de l'élevage laitier, la reproduction se fait surtout par IA avec du sperme produit localement ou du sperme congelé importé.
  • les exploitations laitières commerciales indépendantes de plus grande taille ont également largement recours à l'IA.
  • Dans le cadre du programme d'accroissement du cheptel dirigé par la NDA, le cheptel national est amélioré génétiquement au moyen de l'insémination artificielle des femelles locales avec du sperme Holstein-Friesian 100 % race pure.

En 2008, la NDA a lancé le programme pluriannuel d'acquisition et de sélection d'animaux laitiers (Multi-Year Dairy Animal Procurement and Breeding Program) dans le cadre duquel des exploitations de reproduction seront créées partout au pays. Ces exploitations répondront éventuellement aux besoins en bovins laitiers du pays, diminuant ainsi la dépendance par rapport aux importations de bovins laitiers vivants.

Un modèle pilote d'exploitation de reproduction située dans la province de Quezon a été lancé en août 2008. La NDA prévoit importer, des États-Unis, 1 000 bovins laitiers par an sur une période de quatre ans dans le cadre d'un projet de financement PL480 résultant d'un accord entre les Philippines et les États-Unis. Ces bovins formeront le cheptel de base pour les futures exploitations de reproduction de races laitières.


6. Points de vue des sources commerciales sur l'état actuel de l'industrie de l'élevage laitier

Les Philippines continuent à dépendre fortement des importations pour ses besoins en lait et en produits laitiers. L'industrie de l'élevage laitier n'arrive toujours à fournir qu'une quantité négligeable de lait par an. Et ceci, dans un environnement de marché où les sources commerciales perçoivent une augmentation de la demande de lait et de produits laitiers, dès maintenant et pour l'avenir.

Selon les sources commerciales, l'industrie de l'élevage laitier reste sous-développée et doit encore relever des défis de taille, notamment :

  • pénurie de bovins laitiers productifs. La production de lait moyenne par animal reste faible, en raison d'une alimentation non adaptée et de méthodes inefficaces de gestion des animaux;
  • dépendance à l'égard des importations de croisements tropicaux, provenant majoritairement de la Nouvelle-Zélande;
  • manque de mobilisation de moyens dans l'exploitation des bovins laitiers avec un soutien financier limité du gouvernement au fil des décennies;
  • nombre limité de nouveaux venus du secteur privé dont la plupart sont des acteurs de moindre importance;
  • manque de fermes commerciales intensives pouvant produire du lait et des produits laitiers de manière rentable pour répondre à une partie de la demande du marché;
  • manque de soutien des principaux fabricants de produits laitiers. Les producteurs laitiers doivent compter sur les programmes de distribution de lait à l'école pour écouler leur production;
  • incapacité à faire concurrence aux ingrédients laitiers importés en raison du prix et des problèmes en matière de qualité;
  • niveau d'études limité des agriculteurs et méthodes de gestion inefficaces de l'exploitation continuant à empêcher le développement de l'industrie;
  • immaturité du secteur agricole qui, de façon intrinsèque, manque d'expertise technique et d'expérience en ce qui concerne les méthodes d'élevage laitier et de production du lait.

D'après les sources commerciales, la situation décrite ci-dessus montre que des décennies de programmes financés par le gouvernement et d'activités de stimulation du développement de cette industrie ont entraîné les conditions suivantes :

  • L'industrie de l'élevage laitier est aux prises avec les mêmes difficultés que dans les années 1980.
  • Les producteurs de lait locaux perdent des parts de marché au fur et à mesure que le marché du lait et des produits laitiers se développe autour d'eux.
  • Les objectifs du ministère de l'Agriculture des Philippines en matière de chiffre d'affaires n'ont pas été atteints, autrement dit :
    • les producteurs laitiers locaux et leurs organisations doivent se concentrer sur l'approvisionnement du marché de consommation en lait frais de manière à maximiser le rendement d'un produit de première qualité;
    • l'industrie devrait axer ses moyens sur le marché clairement croissant du lait de consommation, dont la demande provient des groupes de consommateurs à revenu moyen à élevé, des cafés spécialisés, et des hôtels et restaurants.