Service d'exportation agroalimentaire
Le marché de la viande et de la volaille importées au Vietnam - Guide de l'exportateur canadien
Mars 2010
Abrégé
Préparé pour :
l'ambassade du Canada au Vietnam
et
le Bureau de la déléguée commerciale en agroalimentaire
régionale de l'Asie du Sud-Est
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Rédigé par :
Stanton, Emms & Sia
80, Raffles Place, Level 36-01
UOB Plaza 1
Singapour 048624
Tél. : +65 6334 7030
Téléc. : +65 6223 2010
Courriel : emmsia@pacific.net.sg
Site Web : http://stantonemmsandsia.foodandbeverage.biz
Le présent rapport contient de l'information commerciale
recueillie par Stanton, Emms & Sia.
Le gouvernement du Canada n'assume aucune responsabilité en ce
qui concerne l'exactitude et la fiabilité de cette information.
*Pour obtenir le rapport complet, les Canadiens sont invités à communiquer avec Mme Dang Anh Thu, à l'ambassade du Canada au Vietnam, à dang-anh.thu@international.gc.ca
1. Introduction
Le présent guide, destiné aux exportateurs canadiens, a été préparé par Stanton, Emms & Sia pour l'ambassade du Canada au Vietnam et la déléguée commerciale en agroalimentaire de l'ANASE, Agriculture et Agroalimentaire Canada. Il couvre les marchés vietnamiens pour :
- le bœuf frais/réfrigéré;
- le boeuf congelé;
- le porc congelé;
- les abats de porc congelés;
- les morceaux et les abattis de poulet congelés.
Les recherches et le présent document ont pour but d'offrir à l'équipe canadienne de délégués commerciaux en agroalimentaire de l'ANASE, ainsi qu'aux producteurs et exportateurs canadiens, une vision à jour du marché cible et des débouchés pour la viande et la volaille canadiennes au Vietnam.
L'étude se concentre principalement sur la taille et les tendances du développement des marchés des produits sélectionnés susmentionnés, sur la demande, sur les concurrents et les domaines de concurrence, ainsi que sur les futurs clients et débouchés possibles pour les exportateurs canadiens.
À noter :
- Au moment de la recherche, il n'y avait aucune donnée disponible sur les importations de viande et de volaille en 2009.
- Le système vietnamien d'enregistrement des importations de viande et de volaille pose toujours de nombreuses lacunes et ses données sur les importations sont loin d'être exactes. Nous avons donc utilisé les données d'exportation officielles publiées par les principaux pays exportateurs de viande et de volaille comme références pour réaliser la présente étude.
- Le Vietnam applique le Code sanitaire pour les animaux terrestres de l'OIE pour tous les pays qui exportent des produits de bétail et de bœuf – au cas par cas pour les pays touchés par l'ESB. Il a accepté la définition de pays à risque maîtrisé d'ESB attribuée par l'OIE au Canada, ainsi qu'à certains des concurrents de ce dernier, par exemple les États-Unis, mais à ce jour, il a uniquement autorisé l'entrée de bœuf non désossé, de bœuf désossé et de certains abats (cœur, foie et rognons) venant d'animaux de moins de 30 mois en provenance de ces deux pays.
2. Taille du marché, nature de l'offre et tendances du développement
2.1 Aperçu de l'offre domestique de viande et de volaille
Le Vietnam produit actuellement les quantités suivantes de viandes et de volaille visées par la présente étude :
- bœuf – 206 000 tonnes;
- porc – 2,55 millions de tonnes;
- poulet – 359 000 tonnes.
La production nationale de viande et de volaille est également en croissance depuis cinq ans (voir le tableau ci-après).
| Type de produit | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 |
|---|---|---|---|---|---|
| Viande de buffle * | 96 800 | 101 100 | 103 200 | 103 200 | 109 650 |
| Viande de bœuf ** | 107 540 | 119 789 | 142 163 | 159 463 | 206 145 |
| Total pour les bovins | 204 340 | 220 889 | 245 363 | 262 663 | 315 795 |
| Porc ** | 1 795 442 | 2 012 021 | 2 288 315 | 2 505 100 | 2 553 000 |
| Viande de poulet ** | 372 721 | 316 409 | 321 890 | 344 400 | 358 800 |
| Total | 2 372 503 | 2 549 319 | 2 855 568 | 3 112 163 | 3 227 595 |
| Croissance annuelle (%) | - | 7,5 % | 12,0 % | 8,9 % | 3,7 % |
Remarques :
* Tous les chiffres de cette ligne sont des
estimations.
** Inclut également les abats.
Seules des estimations approximatives sont disponibles
pour 2008; il n'y a aucune donnée sur la production de 2009.
Source : Gouvernement du Vietnam
Soulignons que le Vietnam compte plusieurs ensembles de données, dont des estimations officielles sur la production de viande et de volaille. D'après une estimation officielle, la production de viande et de volaille a été d'environ 3,8 millions de tonnes en 2009.
Remarquons également que la baisse de la production de viande de poulet depuis quelques années est directement liée aux épidémies de grippe aviaire.
La viande et la volaille fraîches locales font énormément concurrence aux produits importés; c'est pourquoi les importations concernent plutôt des produits particuliers que les producteurs locaux ne parviennent pas à fournir en quantité suffisante.
2.2 Scénario actuel dans l'industrie vietnamienne du bétail
Officiellement, le Vietnam comptait environ 17 600 exploitations d'élevage en 2008. Cette industrie est très fragmentée. Le nombre de petites fermes augmente également depuis trois à cinq ans.
C'est le secteur de la volaille qui compte le plus d'exploitations d'élevage industrielles. Cela dit, entre 55 et 60 % de toute la viande de poulet est produite par des fermes artisanales, qui sont gérées par environ 8,3 millions de foyers. Seulement 12 % de la viande de poulet est produite par des exploitations industrielles de grande taille. Le reste provient d'exploitations de taille moyenne.
L'industrie porcine est également très fragmentée : environ sept millions de foyers produisent du porc aujourd'hui.
L'élevage est très important pour l'économie vietnamienne des zones rurales. Il représente 27 % de la contribution de l'agriculture au PIB national. L'agriculture constitue environ 6 % du PIB total actuel. Pour les communautés rurales du Vietnam, le bétail est une source importante de nourriture, ainsi qu'un moyen d'économiser et d'accumuler du capital. Il fournit également une puissance de traction, un moyen de transport (ce qui reste un facteur dominant dans le secteur du bétail et du buffle), de l'engrais biologique et des revenus monétaires.
D'après le gouvernement, l'augmentation du nombre d'exploitations et de la production des petits éleveurs de bétail a très largement contribué à la hausse du revenu agricole et à la réduction de la pauvreté rurale au Vietnam au cours des dix dernières années.
Selon les sources commerciales et gouvernementales, l'industrie du bétail est principalement liée à des circuits de distribution très localisés qui fournissent les marchés traditionnels, dont la plupart ne satisfont à aucune des pratiques exemplaires ou des normes sanitaires et d'hygiène de base modernes.
Des sources commerciales font également observer que plus de 95 % des consommateurs vietnamiens achètent leur viande et leur volaille dans les marchés de la viande locaux. Ces marchés sont approvisionnés par des abattoirs artisanaux et locaux à petite échelle, qui exercent leurs activités dans des conditions d'hygiène déplorables et, en général, sans surveillance réglementaire.
Ces abattoirs posent un problème qui prend de l'ampleur dans cette industrie étant donné que les citoyens vietnamiens les plus aisés demandent de plus en plus de la viande et de la volaille plus sûres et de meilleure qualité. Le gouvernement craint que cette tendance stimule une demande d'importations encore plus importantes qu'à l'heure actuelle.
Un enquêté travaillant dans le commerce a signalé qu'une étude de la consommation réalisée à Hanoï, après l'entrée sur le marché du poulet congelé américain, a confirmé que la majorité des acheteurs à revenu moyen préfèrent « les produits américains plus sûrs aux produits locaux, dont ils savent qu'ils sont été produits et préparés dans des conditions insalubres ». C'est pourquoi la crainte du gouvernement susmentionnée pourrait déjà être une réalité dans certains segments du marché.
Cette situation est l'une des raisons pour lesquelles le Vietnam peine à développer un commerce d'exportation de viande et de volaille de taille appréciable avec les pays voisins de l'ANASE, par exemple Singapour, même s'il y a peut-être une demande de tels produits.
En plus de ces difficultés liées à la qualité de la production, l'industrie subit une tension assez forte depuis trois ans, et ce, en raison de plusieurs facteurs :
- la montée en flèche du prix des aliments pour animaux, du fait de la hausse des prix des produits de base à l'échelle mondiale et de la dépendance aux intrants alimentaires importés, à une période où le dong (monnaie locale) faiblissait;
- les répercussions des différentes épidémies dans un grand nombre de provinces du Vietnam, par exemple la grippe aviaire et la fièvre aphteuse, sur le prix de la viande et de la volaille. L'augmentation des prix à la suite de ces événements a fait chuter la demande des produits des exploitants exerçant dans des provinces n'ayant pas été touchées par les épidémies;
- la concurrence récente des importations qui le gouvernement a autorisées pour stabiliser le marché et garantir que l'offre de viande et de volaille est suffisante au Vietnam.
2.3 Plans gouvernementaux les plus récents pour le développement de l'élevage
La Stratégie gouvernementale de développement de l'élevage vise une production de 5,5 millions de tonnes de viande et de volaille en 2020, alors qu'elle était estimée à environ 3,8 millions de tonnes en 2008. Elle prévoit aussi une augmentation de la consommation par personne jusqu'à 57 kilogrammes en 2020, alors qu'elle n'est que d'environ 40 kilogrammes à l'heure actuelle.
Cette stratégie prévoit aussi que la viande et la volaille prendront beaucoup plus d'importance dans le secteur agricole vietnamien, et que la production, qui représente actuellement quelque 30 % de la production agricole totale, passera à 38 % en 2015, puis à 42 % d'ici 2020.
L'objectif sous-jacent de cette stratégie est de profiter de l'occasion pour remplacer autant de viande et de volaille importées que possible par des produits locaux. Cela inclut des politiques et des programmes visant à :
- moderniser les secteurs de l'élevage et de la volaille, et à faire en sorte qu'une plus grande part de la production provienne d'exploitations industrielles plutôt que des fermes familiales;
- améliorer l'hygiène et la salubrité dans les circuits de distribution de la viande et de la volaille, notamment en modernisant les abattoirs et la chaîne du froid;
- améliorer la qualité génétique des troupeaux et des bandes, ainsi que les normes de reproduction;
- réduire les épidémies afin de minimiser les interruptions d'approvisionnement, qui ont été assez fréquentes au cours des quelque cinq dernières années;
- créer des formulations d'aliments pour animaux et une industrie de l'alimentation animale plus rentables.
3. Aperçu de l'offre de viande et de volaille importées
3.1 Structure actuelle des importations de viande et de volaille
Le Vietnam constitue un marché important pour certains produits importés. Les importations des produits visés par la présente étude ont été évaluées à environ 820 millions $ CAN en 2008 (voir le graphique ci-après).
Importations des viandes et des volailles sélectionnées au Vietnam en 2008 - 820 millions $ CAN
Description
Importations des viandes et des volailles sélectionnées au Vietnam en 2008 - 820 millions $ CAN : Boeuf frais/réfrigéré 2%, Porc non désossé congelé 1%, Boeuf congelé 53%, Morceaux et abats de poulet congelés 34%, Porc désossé congelé 4%, Abats de porc congelés 6%
Source : Données officielles sur le commerce (Prix FAB )
Comme on peut le voir ci-dessus, plus de 80 % des importations concernent des morceaux et des abats de bœuf et de poulet congelés.
Selon les sources commerciales, ces deux marchés offrent un potentiel assez fort mais présentent des pénuries réelles en raison de l'augmentation de la demande locale de morceaux de bœuf et de poulet :
- La production de bœuf est un problème particulier pour les fermiers vietnamiens en raison de différentes difficultés et contraintes dans un environnement de marché où les revenus les plus élevés ont créé une très forte demande de bœuf pour la cuisine locale.
- Des difficultés se posent également pour la production de poulet, même si elles sont plus liées aux maladies et au besoin d'investissement dans des exploitations et des systèmes d'exploitation plus modernes qu'à des problèmes de production réels chez les éleveurs.
3.2 Examen des tendances récentes des importations des produits visés par l'étude
Les importations des produits visés par la présente étude ont beaucoup augmenté de 2004 à 2008 (voir le graphique ci-dessous).
Importations des viandes et des volailles sélectionnées au Vietnam - 2004 à 2008
Description
Importations des viandes et des volailles sélectionnées au Vietnam - 2004 à 2008(Milliers de dollars canadiens) : 33666(2004), 35216(2005), 126873(2006), 362558(2007), 810739(2008)
Source : Données officielles sur le commerce (Prix FAB )
Selon les sources commerciales, l'augmentation spectaculaire des importations de viande et de volaille a été :
- facilitée par le processus de libéralisation du marché vietnamien lancé avec l'OMC. Le pays est devenu membre de l'OMC en janvier 2007. Si certains de ses tarifs douaniers sur la viande et la volaille ont baissé dès son adhésion à l'OMC, d'autres réductions tarifaires sont effectuées progressivement sur la période allant jusqu'à 2011 ou 2012;
- dictée par la demande du marché, et notamment de sociétés appartenant à l'État ou « associées au gouvernement » qui ont pu importer des volumes importants de produits grâce aux nouvelles conditions de marché plus libres.
D'après ces sources, les facteurs soutenant cette nouvelle demande d'importations sont les suivants :
- le désir des importateurs de contrôler le nouveau commerce de ces produits, pour les bénéfices et les parts de marché;
- les pénuries de viande et de volaille au niveau local, résultant principalement de diverses épidémies, tel que susmentionné;
- une économie en plein essor et l'augmentation connexe des revenus des ménages, en particulier dans les principales zones urbaines;
- la demande latente au Vietnam en raison de la croissance
de :
- l'industrie de la transformation de la viande;
- l'industrie de la restauration.
3.3 Importations de viande et de volaille en 2009
Les entreprises important de la viande et de la volaille au Vietnam ont des avis très variés sur l'état de la demande d'importations en 2009. Comme mentionné plus haut dans ce rapport, il y a trop peu de données disponibles sur les importations vietnamiennes pour pouvoir donner une preuve chiffrable des tendances cette année-là. Les points suivants fournissent les avis qualitatifs de sources commerciales sur la demande en 2009 :
· Tendances positives
- La demande sur le marché du bœuf frais/réfrigéré de qualité supérieure de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande a continué à progresser en 2009 parce que le ralentissement économique du Vietnam n'a pas eu beaucoup d'effet sur les groupes à revenu élevé (principalement des expatriés) et les hôtels haut de gamme (visiteurs commerciaux et touristes plus aisés).
- La demande de bœuf congelé, en particulier de bœuf désossé de l'Inde a continué à progresser en 2009 en raison des pénuries locales incessantes et de la demande soutenue de bœuf et de produits du bœuf de la part du marché de consommation.
· Tendances négatives
- La demande de porc congelé a diminué en 2009. D'après les sources commerciales et gouvernementales, cette baisse s'explique par le redressement du secteur après avoir été frappé par des maladies animales en 2008. Il n'y a pas eu de baisse ou d'arrêt des importations puisque l'industrie du porc est simplement dans une phase de rétablissement. Il faudra peut-être attendre de 18 mois à deux ans avant que la production retrouve son niveau optimal (d'après le gouvernement). Les importations ont baissé parce que les exportateurs n'ont pas voulu expédier de porc au Vietnam, de peur que les problèmes de non-paiement des exportations de porc de 2008 ne se resurgissent en 2009. La reprise de la production locale de porc a également entraîné la réduction du prix du porc vietnamien, ce qui a fait baisser la demande de porc importé. Ce déclin aurait été marqué en raison d'une offre excédentaire de cargaisons de porc au Vietnam en 2008. Le renforcement de la réglementation sur les importations de viande congelée, et plus particulièrement la Décision 46 couvrant les niveaux de résidus maximaux pour les produits carnés, a également eu un effet nuisible sur les importations de porc.
- La demande d'abats de porc congelés a été variable, principalement en raison de la baisse de confiance des consommateurs du marché de masse urbain et des entreprises, et de la sensibilité aux prix vis-à-vis des produits importés de certains pays développés.
- La demande de morceaux et d'abattis de poulet congelés a ralenti ou diminué en 2009 en raison de la remontée de la production suite au relâchement causé par les épidémies de grippe aviaire. D'après les plus récentes estimations du gouvernement, la production de viande de volaille a augmenté de plus de 12 % en 2009 par rapport à 2008.
4. Examen des marchés pour les produits spécifiques visés par la présente étude
4.1 Aperçu des tendances des importations
Les importations des produits importés visés par la présente étude ont atteint 419 724 tonnes en 2008, comparativement à 38 651 tonnes en 2004 (voir le tableau ci-après). Les importations augmentent très rapidement depuis que le Vietnam a adhéré à l'OMC.
| Produit | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |
|---|---|---|---|---|---|
| Bœuf frais/réfrigéré | 170 | 897 | 378 | 393 | 2 182 |
| Boeuf congelé | 1 455 | 11 899 | 19 865 | 60 001 | 137 138 |
| Porc congelé | 83 | 1 044 | 29 318 | 17 541 | 22 644 |
| Abats de porc congelés | 241 | 181 | 181 | 18 928 | 35 124 |
| Morceaux et abattis de poulet congelés | 36 702 | 5 339 | 51 815 | 158 193 | 222 636 |
| Total | 38 651 | 19 360 | 101 557 | 255 056 | 419 724 |
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (classifications officielles)
Les tendances de la croissance de ces marchés montrent qu'il s'agit de marchés à un stade de développement précoce. Ces tendances sont fort semblables à celles observées dans des pays comme la Malaisie et les Philippines, aux premières étapes de leur développement après la mise en place de mesures de libéralisation.
Le Vietnam compte :
- deux très gros marchés, à savoir les morceaux et les abattis de poulet congelés et le bœuf congelé, qui sont soutenus par une forte demande et des pénuries importantes au niveau local;
- deux marchés de taille moyenne, à savoir les abats de porc et le porc congelés, pour lesquels le développement du marché est limité en raison de la concurrence des produits locaux. Il existe une demande pour les importations en raison des pénuries de produits très en demande par l'industrie de la transformation de la viande (principalement des produits bas de gamme et bon marché);
- un petit marché à créneaux pour le bœuf haut de gamme expédié par avion. Ce marché est limité par la sensibilité aux prix, la faible demande courante et la concurrence en marge du marché haut de gamme du bœuf de qualité supérieure produit localement.
4.2 Bœuf frais/réfrigéré
En 2008, les importations de bœuf frais/réfrigéré se sont élevées à 2 182 tonnes, évaluées à 6,9 millions de dollars canadiens, alors qu'elles ne représentaient que 170 tonnes, évaluées à 1,4 million de dollars canadiens en 2004 (voir le tableau ci-dessous).
| Produits | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |
|---|---|---|---|---|---|
| Désossé | 151 | 823 | 333 | 326 | 763 |
| Non désossé | 19 | 73 | 44 | 64 | 1 393 |
| Carcasse ou demi-carcasse | - | N | 1 | 3 | 26 |
| Total | 170 | 897 | 378 | 393 | 2 182 |
| Variation (%) | - | 427 | (58) | 4 | 455 |
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
Le Vietnam importe du bœuf frais/réfrigéré de six pays (voir les graphiques ci-après illustrant les parts de marché et les tendances des importations).
Importations de bœuf frais/réfrigéré par pays fournisseur clé en 2008 - - 2 182 tonnes
Description
Importations de bœuf frais/réfrigéré par pays fournisseur clé en 2008 - - 2 182 tonnes : États-Unis 82%, Australie 12%, Nouvelle-Zélande 3%, Canada 2%, Autres 1%
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les morceaux)
Tendances des importations de bœuf frais/réfrigéré par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes)
Description
Tendances des importations de bœuf frais/réfrigéré par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes) : États-Unis - 0(2004) 677(2005) 170(2006) 71(2007) 1765(2008), Australie - 112(2004) 118(2005) 109(2006) 194(2007) 269(2008), Nouvelle-Zélande - 58(2004) 50(2005) 71(2006) 82(2007) 69(2008), Canada - 0(2004) 0(2005) 1(2006) 1(2007) 50(2008)
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les morceaux)
La hausse des importations de bœuf frais/réfrigéré au Vietnam est liée à deux facteurs, à savoir :
- l'augmentation de la pression de la demande accrue de produits de la part de l'industrie de la restauration et des résidents du Vietnam au revenu élevé, essentiellement des expatriés;
- la pression de l'offre de la US Meat Export Federation (USMEF) et des exportateurs de bœuf américains qui tentent de créer rapidement un marché pour leurs produits après la levée de l'interdiction des importations de bœuf américain. C'est la raison de la poussée soudaine des importations en provenance des États-Unis en 2008.
Tel que susmentionné, les États-Unis, tout comme le Canada, ne peuvent exporter au Vietnam que du bœuf non désossé, du bœuf désossé et des abats précis (cœur, foie et reins) provenant d'animaux de moins de 30 mois.
Selon les sources commerciales, la pression de la demande a continué à augmenter en 2009, avec il y a eu plus d'importations de bœuf frais/réfrigéré de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande qu'en 2008.
D'après les sources gouvernementales, les importations de bœuf des États-Unis en 2009 ont été bien inférieures aux volumes de 2008. Si les données des douanes sont exactes, les résultats obtenus par les États-Unis en 2008 représentaient plus une augmentation subite temporaire du commerce due à une activité promotionnelle spéciale qu'une tendance soutenue de la demande de la part des clients vietnamiens. Cela dit, les rapports indiquent qu'y avait de fortes chances que les États-Unis dominent ce marché en 2009.
Étant donné que le marché vietnamien est généralement sensible aux prix, le leader du marché est le fournisseur le moins cher. Les États-Unis dominent parce qu'ils se concentrent sur l'exportation d'autres morceaux de bœuf que le steak au Vietnam, par exemple le bœuf en lanières utilisé dans des plats traditionnels tels que les nouilles à soupe (voir les tableaux ci-après).
| $ CAN/ tonne (2006) | Part de marché (%) (2006) | $ CAN/ tonne (2007) | Part de marché (%) (2007) | $ CAN/ tonne (2008) | Part de marché (%) (2008) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 4 448 | 50,6 | 4 766 | 21,7 | 8 261 | 57,2 |
| Australie | 9 430 | 30,3 | 9 067 | 54,6 | 8 842 | 33,7 |
| Nouvelle-Zélande | 7 938 | 18,8 | 8 838 | 23,0 | 10 588 | 8,6 |
| Toutes les importations | 6 660 | 100,0 | 8 250 | 100,0 | 9 011 | 100,0 |
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
| $ CAN/ tonne (2006) | Part de marché (%) (2006) | $ CAN/ tonne (2007) | Part de marché (%) (2007) | $ CAN/ tonne (2008) | Part de marché (%) (2008) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | - | - | - | - | 4 026 | 95,4 |
| Irlande | 1 148 | 65,4 | 1 565 | 70,0 | 14 008 | 1,8 |
| Canada | - | - | - | - | 5 025 | 1,7 |
| Australie | 12 884 | 14,3 | 7 214 | 27,5 | 7 665 | 0,8 |
| Nouvelle-Zélande | 7 505 | 18,8 | 7 964 | 10,3 | 9 949 | 0,2 |
| Toutes les importations | 4 089 | 100,0 | 3 319 | 100,0 | 4 268 | 100,0 |
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
Les États-Unis ont une stratégie différente de celles de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ses exportateurs se concentrent sur l'exportation au Vietnam de morceaux de bœuf à bas prix qui sont utilisés dans la cuisine locale. En revanche, ses concurrents se concentrent sur l'expédition par avion de biftecks et d'autres morceaux de qualité supérieure à destination des restaurants haut de gamme. Ces différentes stratégies dictent les prix à l'exportation moyens présentés dans le tableau précédent. Il n'y a aucun renseignement disponible sur le commerce de bœuf qu'il y aurait avec l'Irlande.
On trouve peu de bœuf frais/réfrigéré dans les supermarchés et les hypermarchés au Vietnam, par rapport à la volaille et au porc. La gamme de produits est vaste puisque la demande des Vietnamiens concerne un large éventail de morceaux. Le tableau ci-dessous fournit un petit échantillon des morceaux de bœuf frais/réfrigérés de première qualité et de leur prix de détail.
| Produit | Taille du paquet | Dong/kilogramme | $ CAN/tonne |
|---|---|---|---|
| Bifteck de surlonge | Vendu au kilogramme | 399 000 | 22 600 |
| Tranche de palette | Vendu au kilogramme | 438 900 | 24 900 |
| Intérieur de ronde | Vendu au kilogramme | 142 900 | 8 100 |
* L'origine du bœuf frais/réfrigéré n'est pas
clairement indiquée dans les supermarchés, même si certains
détaillants, par exemple Big C, affirment que leurs produits
viennent de l'Australie.
Source : Supermarchés (février 2010)
Soulignons que certains des produits de bœuf congelés dont il est question dans la section qui suit pourraient en fait avoir été à l'origine du bœuf frais/réfrigéré qui a été congelé au Vietnam.
Des observations du marché ont permis de repérer dans des supermarchés du bœuf américain, canadien et australien plutôt mal conservé et qui s'est avéré être du bœuf frais/réfrigéré qui a été congelé pendant qu'il était dans la chaîne d'approvisionnement du Vietnam.
4.3 Bœuf congelé
En 2008, les importations de bœuf congelé ont atteint 137 138 tonnes, évaluées à 434 millions $ CAN, alors qu'elles ne représentaient que 1 455 tonnes, évaluées à 3,6 millions $ CAN en 2004 (voir le tableau ci-dessous).
| 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Désossé | 1 434 | 11 171 | 19 366 | 57 851 | 126 690 |
| Non désossé | 21 | 708 | 442 | 1 868 | 10 287 |
| Carcasse ou demi-carcasse | - | 20 | 57 | 282 | 151 |
| Total | 1 455 | 11 899 | 19 865 | 60 001 | 137 138 |
| Variation (%) | - | 718 | 66 | 202 | 129 |
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur
Le Vietnam importe du bœuf congelé de quelque 12 pays (voir les graphiques ci-après illustrant les parts de marché et les tendances des importations).
Importations de bœuf congelé par pays fournisseur clé en 2008 - 137 138 tonnes
Description
Importations de bœuf congelé par pays fournisseur clé en 2008 - 137 138 tonnes : Brésil 1%, Autres 2%, Inde 66%, États-Unis 28%, Paraguay 2%, Réexportations de Hong Kong 1%
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les morceaux)
Tendances des importations de bœuf congelé par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes)
Description
Tendances des importations de bœuf congelé par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes) : Inde - 1146(2004) 10109(2005) 17345(2006) 37725(2007) 90868(2008), États-Unis - 3(2004) 1472(2005) 1887(2006) 10943(2007) 38808(2008), Paraguay - 0(2004) 0(2005) 87(2006) 1129(2007) 2148(2008), Réexportations de Hong Kong - 26(2004) 25(2005) 0(2006) 6006(2007) 1387(2008), Brésil - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 2921(2007) 1345(2008), Australie - 113(2004) 66(2005) 225(2006) 350(2007) 559(2008), Canada - 0(2004) 0(2005) 75(2006) 203(2007) 503(2008), Argentine - 107(2004) 102(2005) 122(2006) 287(2007) 263(2008), Nouvelle-Zélande - 38(2004) 85(2005) 92(2006) 85(2007) 107(2008)
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les morceaux)
Le bœuf congelé est utilisé par le secteur de la restauration traditionnelle du Vietnam qui, entre autres plats, propose du bœuf aux nouilles (appelé Pho), très recherché sur le marché de masse.
Selon les sources commerciales, la demande au Vietnam est maintenant dans une phase de croissance à long terme en ce qui concerne le bœuf de bon rapport qualité-prix. Cette tendance est soutenue par deux facteurs :
- la hausse des revenus disponibles grâce à la bonne croissance économique et à la fréquentation accrue des établissements de restauration. Il y a également un accroissement de la demande de bœuf de la part des foyers à revenu moyen;
- la pénurie de bœuf, due à l'incapacité de l'industrie du bœuf vietnamienne à en fournir en quantité suffisante.
C'est la raison pour laquelle le Vietnam importe des volumes croissants de bœuf d'Inde. D'après les sources commerciales, les États-Unis se sont précipités sur ce marché pour profiter de la tendance de la croissance des produits utilisés par le secteur de la restauration traditionnelle des catégories moyenne et élevée.
Tel que susmentionné, les importations de bœuf américain ont baissé par rapport aux niveaux de 2008. D'après le gouvernement, les importations de bœuf congelé des États-Unis étaient probablement à 50 % de leurs niveaux de 2008 en 2009. Le prix est extrêmement important dans ce marché; l'Inde est donc devenue le principal fournisseur au cours des cinq dernières années (voir le tableau ci-après).
| $ CAN/ tonne (2006) | Part de marché (%) (2006) | $ CAN/ tonne (2007) | Part de marché (%) (2007) | $ CAN/ tonne (2008) | Part de marché (%) (2008) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Inde | 1 743 | 88,7 | 2 124 | 64,8 | 2 851 | 72,0 |
| États-Unis | 2 744 | 8,3 | 2 357 | 16,2 | 3 300 | 22,6 |
| Paraguay | 4 038 | 0,4 | 1 774 | 2,0 | 3 065 | 1,7 |
| Réexportations de Hong Kong * | - | - | 2 260 | 10,4 | 2 090 | 1,1 |
| Brésil | - | - | 2 106 | 5,0 | 2 982 | 1,1 |
| Australie | 5 875 | 1,0 | 5 006 | 0,6 | 4 971 | 0,3 |
| Canada | 1 503 | 0,4 | 4 076 | 0,1 | 8 829 | 0,1 |
| Argentine | 5 466 | 0,5 | 3 278 | 0,5 | 4 391 | 0,2 |
| Nouvelle-Zélande | 5 698 | 0,4 | 7 856 | 0,1 | 5 638 | 0,2 |
| Toutes les importations | 1 988 | 100,0 | 2 272 | 100,0 | 3 147 | 100,0 |
* D'après les sources commerciales, il s'agit
probablement de bœuf des États-Unis, ou peut-être de la Chine.
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
Il est intéressant de constater que la demande de bœuf indien demeure très forte, même si son prix a augmenté. Selon les sources commerciales, cette situation est attribuable à la haute conjoncture et à l'augmentation des revenus disponibles permettent au marché d'absorber certaines hausses des prix.
Il n'y a qu'une gamme très limitée de morceaux de bœuf congelés importés dans les circuits de vente au détail (voir le tableau ci-après).
| Produit | Taille du paquet | Dong par paquet | $ CAN/tonne |
|---|---|---|---|
| Haut-de-côtes de bœuf nourri au grain, États-Unis | 300 g | 105 000 | 19 800 |
| Bout de côtes de bœuf nourri au grain, non désossé, États-Unis | 300 g | 105 000 | 19 800 |
| Filet de bœuf nourri au grain, Canada | 300 g | 165 000 | 31 200 |
| Noix de ronde, États-Unis | 300 g | 118 500 | 22 400 |
| Filet de bœuf, Australie | 300 g | 145 000 | 27 400 |
| Noix de ronde, Canada | 300 g | 74 000 | 14 000 |
Source : Supermarchés (février 2010)
4.4 Porc congelé
En 2008, les importations totales de porc congelé ont atteint 22 644 tonnes, évaluées à 43,1 millions $ CAN, alors qu'elles ne représentaient que 83 tonnes, évaluées à 122 000 $ CAN en 2004 (voir le tableau ci-dessous).
| 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Désossé | 58 | 1 044 | 29 318 | 17 052 | 18 541 |
| Non désossé | 25 | - | - | 338 | 3 862 |
| Carcasse ou demi-carcasse | - | - | - | 151 | 241 |
| Total | 83 | 1 044 | 29 318 | 17 541 | 22 644 |
| Variation (%) | - | 11 578 | 2 708 | (40) | 29 |
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
Le Vietnam a une base d'approvisionnement fragmentée pour le porc importé. En effet, il a importé ce produit de 25 pays différents, chaque année au cours des trois dernières années (voir les graphiques ci-après concernant les parts de marché et les tendances des importations).
Importations de porc congelé par pays fournisseur clé en 2008 - 22 644 tonnes
Description
Importations de porc congelé par pays fournisseur clé en 2008 - 22 644 tonnes : États-Unis 26%, Canada 23%, Hong Kong 14%, Chine RP 9%, Pologne 8%, Chypre 6%, Hongrie 3%, RU 2%, Italie 2%, Autres 7%
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les morceaux)
Tendances des importations de porc congelé par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes)
Description
Tendances des importations de porc congelé par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes) : États-Unis - 25(2004) 59(2005) 0(2006) 1900(2007) 6112(2008), Canada - 25(2004) 47(2005) 0(2006) 61(2007) 5246(2008), Hong Kong - 10(2004) 0(2005) 0(2006) 1637(2007) 3122(2008), Chine - 0(2004) 840(2005) 29267(2006) 9623(2007) 1977(2008), Pologne - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 794(2007) 1716(2008), Chypre- 0(2004) 0(2005) 0(2006) 52(2007) 1390(2008), Hongrie - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 0(2007) 714(2008), RU - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 764(2007) 412(2008), Italie - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 151(2007) 400(2008)
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les morceaux)
La pénurie d'abats blancs tels que la tête, les résidus de découpe et les parures (inclus dans ce code SH), sur un marché où la demande ne cesse de croître, a poussé les importateurs vietnamiens à élargir leurs recherches de produits de bon rapport qualité-prix au monde entier.
| $ CAN/ tonne (2006) | Part de marché (%) (2006) | $ CAN/ tonne (2007) | Part de marché (%) (2007) | $ CAN/ tonne (2008) | Part de marché (%) (2008) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | - | - | 1 848 | 11,0 | 2 516 | 27,7 |
| Canada | - | - | 1 705 | 0,2 | 1 541 | 16,1 |
| Hong Kong * | - | - | 1 243 | 9,6 | 1 812 | 16,4 |
| Chine | 1 454 | 99,8 | 2 063 | 56,4 | 3 000 | 10,7 |
| Pologne | - | - | 635 | 4,7 | 962 | 9,3 |
| Chypre | - | - | 1 532 | 0,1 | 1 479 | 4,8 |
| Hongrie | - | - | - | - | 1 141 | 3,5 |
| R.-U. | - | - | 792 | 4,5 | 1 172 | 1,8 |
| Italie | - | - | 1 569 | 0,9 | 1 926 | 2,2 |
| Toutes les importations | 1 452 | 100,0 | 1 698 | 100,0 | 1 754 | 100,0 |
* Origine réelle inconnue. Il pourrait s'agir de la
Chine ou de l'Amérique du Nord.
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
D'après les sources gouvernementales, les importations de viande de porc ont été moins marquées en 2009 qu'en 2008. Cela est dû au fait qu'après l'épidémie, la population de porcs du Vietnam a augmenté de plus de 3,5 % et que la production de viande de porc a augmenté d'environ 4,5 % en 2009, dépassant les 2,9 millions de tonnes. D'après les sources commerciales, les importations ont diminué en 2009 parce que les exportateurs ont refusé des commandes de services du Vietnam, craignant que les importateurs vietnamiens ne paient pas, comme cela fut le cas plusieurs fois pour le porc congelé qu'ils leur avaient expédié en 2008.
Il n'y a pas de porc congelé dans les circuits de vente au détail.
Au moment de la rédaction du présent rapport (février 2010), le bureau des statistiques générales du Vietnam a indiqué que, sur le marché grand public, le prix (de vente) du porc, qui est considéré comme un produit de base, était le suivant :
- Hanoï – 52 000 dong (2,95 $ CAN) le kilogramme;
- Ho Chi Minh-Ville – 60 000 dong (3,40 $ CAN) le kilogramme.
Notons que le prix du porc dans les supermarchés est habituellement supérieur à celui du « marché grand public ». Le tableau ci-dessous donne des exemples de prix de détail du porc frais local (chaud et réfrigéré) tel qu'il est vendu dans les supermarchés afin que le lecteur ait une idée du prix à ce niveau de la chaîne d'approvisionnement.
| Morceau de viande | Dong/kg | $ CAN/tonne |
|---|---|---|
| Viande de cuisse de porc maigre | 86 000 | 4 900 |
| Filet de porc | 79 000 | 4 500 |
Source : Supermarchés et hypermarchés (février 2010)
Les importations de porc concernent majoritairement des morceaux bon marché tels que le jambon à l'os, l'épaule picnic, le jarret, le pied arrière et les abats (cœur) qui sont utilisés par l'industrie de la transformation de la viande et à la préparation des repas des travailleurs des zones industrielles du Vietnam.
4.5 Abats de porc congelés
En 2008, les importations totales d'abats de porc congelés ont atteint 35 124 tonnes, évaluées à 45,1 millions $ CAN, alors qu'elles ne représentaient que 241 tonnes, évaluées à 162 000 $ CAN en 2004 (voir le tableau ci-dessous).
| 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Abats de porc (foie exclus) | 241 | 181 | 181 | 18 899 | 34 407 |
| Foie de porc | - | - | - | 29 | 717 |
| Total | 241 | 181 | 181 | 18 928 | 35 124 |
| Variation (%) | - | (25) | - | 10 357 | 86 |
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur
Le Vietnam a une base d'approvisionnement fragmentée pour les abats de porc congelés importés. Il a importé ce produit en ayant jusqu'à 25 pays fournisseurs chaque année au cours des trois dernières années (voir les graphiques ci-dessous illustrant les parts de marché et les tendances des importations).
Importations d'abats de porc congelés par pays fournisseur clé en 2008 - 35 124 tonnes
Description
Importations d'abats de porc congelés par pays fournisseur clé en 2008 - 35 124 tonnes : Hong Kong 49%, États-Unis 20%, Pologne 6%, Danemark 5%, Canada 3%, Allemagne 3%, Pays-Bas 2%, Espagne 2%, Chypre 2%, France 1%, RU 1%, Japon 1%, Hongrie 1%, Australie 1%, Autres 3%
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les produits)
Tendances des importations d'abats de porc congelés par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (en tonnes)
Description
Tendances des importations d'abats de porc congelés par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (en tonnes) : Hong Kong - 191(2004) 52(2005) 0(2006) 12684(2007) 16770(2008), États-Unis - 0(2004) 0(2005) 37(2006) 899(2007) 7131(2008), Pologne - 0(2004) 0(2005) 17(2006) 503(2007) 2022(2008), Danemark - 0(2004) 26(2005) 0(2006) 1077(2007) 1743(2008), Canada - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 85(2007) 1005(2008), Allemagne - 0(2004) 78(2005) 70(2006) 271(2007) 906(2008), Pays-Bas - 0(2004) 26(2005) 0(2006) 844(2007) 870(2008), Espagne - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 336(2007) 632(2008), Chypre - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 0(2007) 615(2008), France - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 73(2007) 513(2008), RU 25(2004) 0(2005) 0(2006) 1343(2007) 497(2008), Japon 0(2004) 0(2005) 0(2006) 35(2007) 491(2008), Hongrie - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 456(2007) 444(2008), Australie - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 142(2007) 428(2008)
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les produits)
Tel que susmentionné, les importateurs vietnamiens, principalement les entreprises de transformation de la viande, ont élargi leurs recherches de produits de bon rapport qualité-prix au monde entier. Cela inclut les abats qui peuvent être utilisés dans différents types de produits carnés transformés qui sont prisés et dont la demande progresse au Vietnam.
Cette démarche ainsi que la libéralisation des conditions d'accès au marché expliquent la hausse subite des importations en 2008. Les épidémies de maladies animales ont également favorisé la demande d'abats de porc. Même si le gouvernement a relevé une baisse des importations de viande de porc en 2009, les rapports commerciaux indiquent une demande forte et continue d'abats rouges (et d'abats blancs) de porc aux fins de la production de viande transformée en 2009.
Les acheteurs vietnamiens recherchent les abats les moins chers et de la meilleure qualité possible. Ainsi, les exportateurs demandant les plus bas prix ont tendance à obtenir les plus grandes parts de marché (voir le tableau ci-dessous).
| $ CAN/ tonne (2006) | Part de marché (%) (2006) | $ CAN/ tonne (2007) | Part de marché (%) (2007) | $ CAN/ tonne (2008) | Part de marché (%) (2008) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hong Kong * | - | - | 1 369 | 67,1 | 1 271 | 48,7 |
| États-Unis | 1 616 | 20,6 | 1 151 | 4,8 | 1 093 | 20,3 |
| Pologne | 933 | 9,5 | 842 | 2,7 | 1 076 | 5,9 |
| Danemark | - | - | 1 948 | 5,7 | 2 604 | 5,1 |
| Canada | - | - | 1 932 | 0,7 | 1 373 | 2,8 |
| Allemagne | 1 209 | 39,0 | 1 180 | 1,4 | 917 | 2,6 |
| Pays-Bas | - | - | 1 524 | 4,5 | 2 081 | 2,4 |
| Espagne | - | - | 1 404 | 1,8 | 1 087 | 1,8 |
| Chypre | - | - | - | - | 1 180 | 1,3 |
| France | - | - | 1 388 | 0,4 | 1 502 | 1,5 |
| R.-U. | - | - | 951 | 7,1 | 1 051 | 1,4 |
| Japon | - | - | 1 579 | 0,2 | 1 719 | 1,3 |
| Hongrie | - | - | 855 | 0,2 | 796 | 1,3 |
| Australie | - | - | 1 249 | 0,6 | 1 202 | 0,6 |
| Toutes les importations | 1 170 | 100,0 | 1 342 | 100,0 | 1 292 | 100,0 |
* : Origine réelle inconnue. Il pourrait s'agir de
la Chine ou de l'Amérique du Nord.
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur (foie exclus)
Il n'y a pas d'abats congelés importés dans les circuits de vente au détail du Vietnam. Selon les sources commerciales, les abats comestibles importés, qui incluent aussi les abats blancs et la graisse de porc, sont principalement importés pour l'industrie de la transformation de la viande. Ces produits sont des intrants à bas coût pour les viandes transformées en conserve, congelées et fraîches/réfrigérées, par exemple les saucisses (de type traditionnel ou étranger), les pâtés, les pains de viande, les viandes froides et certains plats cuisinés en conserve.
4.6 Morceaux et abattis de poulet congelés
En 2008, les importations totales de morceaux et d'abattis de poulet congelés ont atteint 222 636 tonnes, évaluées à 280,7 millions $ CAN, alors qu'elles ne représentaient que 36 702 tonnes, évaluées à 28 millions $ CAN en 2004 (voir le tableau ci-dessous).
| 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Total | 36 702 | 5 339 | 51 815 | 158 193 | 222 636 |
| Variation (%) | - | (85) | 871 | 205 | 41 |
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur
D'après les sources commerciales et gouvernementales, les importations de morceaux de poulet congelés ont été très importantes en 2008 en raison de pénuries et d'une épidémie au Vietnam. À noter :
- La production de poulet a connu une remontée au Vietnam; l'industrie a vu sa production augmenter de plus de 12 % par rapport aux niveaux de production de 2008.
- Des données gouvernementales provisoires non vérifiées pour les importations de 2009 indiquent une baisse substantielle des importations.
- En 2009, les importations des États-Unis auraient été inférieures d'environ 15 000 tonnes à celles de 2008. Si ce chiffre est exact, cela représente une baisse des volumes de 20 % à 25 % en 2009. Ajoutons que cela s'est produit alors que le coût en magasin des importations se situait entre 10 et 15 % inférieur à celui de 2008, ce qui montre la capacité concurrentielle du poulet frais local face au poulet congelé sur le marché. En règle générale, les consommateurs ont une nette préférence pour le poulet frais.
En 2007 et 2008, l'insuffisance de la production locale a amené les importateurs à rechercher du poulet congelé à bas prix dans le monde entier pour répondre à la demande. Selon les sources commerciales, la demande de poulet augmente depuis plus de dix ans compte tenu de l'amélioration des revenus des ménages.
Importations de morceaux et d'abattis de poulet congelés par pays fournisseur clé en 2008 - 222 636 tonnes
Description
Importations de morceaux et d'abattis de poulet congelés par pays fournisseur clé en 2008 - 222 636 tonnes : États-Unis 24%, Turquie 15%, Hong Kong 14%, Brésil 12%, Thaïlande 10%, Pologne 4%, Argentine 3%, RU 3%, Corée du Sud 2%, Pays-Bas 2%, France 1%, Japan 2%, Espagne 1%, Allemagne 1%, Canada 1%, Autres 5%
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les produits)
Tendances des importations de morceaux et d'abattis de poulet congelés par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes)
Description
Tendances des importations de morceaux et d'abattis de poulet congelés par pays fournisseur clé - 2004 à 2008 (tonnes) : États-Unis - 15955(2004) 1240(2005) 8560(2006) 26479(2007) 54068(2008), Turquie - 0(2004) 00(2005) 16584(2006) 245419(2007) 34470(2008), Hong Kong - 17671(2004) 1604(2005) 125(2006) 45515(2007) 31728(2008), Brésil- 25(2004) 27(2005) 4925(2006) 19080(2007) 269868(2008), Thaïlande- 342(2004) 472(2005) 4873(2006) 17206(2007) 219618(2008), Pologne - 0(2004) 24(2005) 25(2006) 1367(2007) 7901(2008), Argentine - 0(2004) 21(2005) 1146(2006) 2001(2007) 6110(2008), RU - 50(2004) 101(2005) 99(2006) 3053(2007) 5933(2008), Corée du Sud - 0(2004) 24(2005) 21(2006) 4010(2007) 5513(2008), Pays-Bas - 0(2004) 0(2005) 537(2006) 1915(2007) 4891(2008), France - 15(2004) 26(2005) 250(2006) 1058(2007) 3228(2008), Japon - 122(2004) 324(2005) 229(2006) 3892(2007) 3435(2008), Espagne - 0(2004) 0(2005) 15(2006) 892(2007) 2435(2008), Allemagne - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 730(2007) 2025(2008), Canada - 0(2004) 0(2005) 0(2006) 404(2007) 1584(2008)
Source : Statistiques officielles sur le commerce extérieur (tous les produits)
Selon les sources commerciales, tous les leaders de ce marché sont des fournisseurs proposant des tarifs compétitifs pour les produits suivants : ailes de poulet, pilons, viande de cuisse désossée, cuisses, pattes (griffes) et abattis tels que le foie, le cœur et le gésier. Les abattis sont utilisés dans certains produits carnés transformés, par exemple, les pâtés, pains de viande et saucisses.
L'augmentation subite des importations de 2005 à 2008 est liée à deux facteurs, à savoir les pénuries au niveau local dues aux épidémies, et la libéralisation de l'accès au marché des morceaux et abattis de poulet congelés.
| $ CAN/ tonne (2006) | Part de marché (%) (2006) | $ CAN/ tonne (2007) | Part de marché (%) (2007) | $ CAN/ tonne (2008) | Part de marché (%) (2008) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 777 | 16,5 | 1 054 | 16,7 | 1 388 | 24,3 |
| Turquie | 613 | 32,0 | 864 | 15,5 | 907 | 15,5 |
| Hong Kong | 869 | 0,2 | 902 | 28,8 | 1 163 | 14,3 |
| Brésil | 1 053 | 9,5 | 1 265 | 12,1 | 1 489 | 12,1 |
| Thaïlande | 1 134 | 9,4 | 1 519 | 10,9 | 1 878 | 9,9 |
| Pologne | - | N | 573 | 0,9 | 767 | 3,5 |
| Argentine | 1 106 | 2,2 | 1 363 | 1,3 | 1 489 | 2,7 |
| R.-U. | 684 | 0,2 | 906 | 1,9 | 932 | 2,7 |
| Corée du Sud | - | N | 1 089 | 2,5 | 1 151 | 2,5 |
| Pays-Bas | 1 440 | 1,0 | 1 738 | 1,2 | 1 070 | 2,2 |
| France | 872 | 0,5 | 1 193 | 0,7 | 1 179 | 1,5 |
| Japon | 753 | 0,4 | 1 386 | 2,5 | 1 565 | 1,5 |
| Espagne | - | N | 765 | 0,6 | 921 | 1,1 |
| Allemagne | - | - | 808 | 0,5 | 1 121 | 0,9 |
| Canada | - | - | 998 | 0,3 | 1 107 | 0,7 |
| Toutes les importations | 797 | 100,0 | 1 062 | 100,0 | 1 261 | 100,0 |
* Origine réelle inconnue. Il pourrait s'agir d'un
produit d'origine américaine, sud-américaine ou chinoise
N : Négligeable
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
À l'heure actuelle, il n'y a pas de morceaux ni d'abattis de poulet congelés qui dominent nettement dans les circuits de vente au détail. Des sources du secteur du commerce de détail font observer que, pendant la dernière grosse épidémie de grippe aviaire, on trouvait facilement des morceaux de poulet importés tels que des pilons, des hauts de cuisses et des cuisses de poulet des États-Unis.
Les seuls morceaux de poulet congelés que l'on trouve dans les circuits de vente de détail sont les morceaux de base de poulet frais CP (Chareon Pokphand, Vietnam). Ces produits sont principalement des cuisses de poulet. Ils seraient livrés frais/réfrigérés dans des paquets pour la vente au détail aux fins de la congélation par les détaillants.
5. Circuits de distribution de la viande et de la volaille au Vietnam
5.1 Circuits de vente au détail
Tel que susmentionné, le Vietnam est principalement un marché pour la viande jamais réfrigérée provenant d'animaux et de volailles qui viennent d'être tués. C'est pour cela qu'une grande partie des circuits de distribution sont adaptés à ces produits. En 2008, entre 85 et 90 % de l'ensemble de la viande et de la volaille consommée ou utilisée au Vietnam a été vendue fraîche (jamais réfrigérée ni congelée).
Même s'il y a maintenant des supermarchés et des hypermarchés dans tout le Vietnam, ils ne permettent pas encore de vendre de gros volumes de viande et de volaille. En effet, dans un grand nombre de vieilles chaînes de supermarchés à Hanoï, par exemple Fivimart, dirigées par des Vietnamiens, il y a peu (si tant est qu'il y en ait) de viande et de volaille fraîches/réfrigérées, et seulement des quantités limitées de viande et de volaille congelées. La situation est un peu différente à Ho Chi Minh-Ville parce que les supermarchés les plus anciens, par exemple Coopmart et Maximart, vendent de la viande à des comptoirs de type charcuterie, dans des armoires vitrées et des congélateurs.
Les détaillants modernes, par exemple Big C et Wellcome (groupe DFI) et le principal grossiste au comptant sans livraison (Metro Cash & Carry), vendent de la viande et de la volaille fraîches/réfrigérées et congelées dans le cadre de leur stratégie commerciale. Les hypermarchés Big C, par exemple, ont un genre de marché traditionnel de produits frais propre et moderne dans tous leurs magasins pour inciter les consommateurs vietnamiens à acheter la viande et la volaille fraîches chez eux.
Les supermarchés et les hypermarchés qui intègrent la viande et la volaille fraîches/réfrigérées dans leur stratégie on pour principe de base d'avoir :
- des comptoirs de type charcuterie gérés par une marque de viande, par exemple Vissan (plusieurs détaillants) ou Hormel Monterey Pork Shop (supermarchés Wellcome). Big C a tendance à travailler avec des entreprises agricoles privilégiées;
- des armoires vitrées de viande réfrigérée, avec pour certaines de la viande ou de la volaille de marque d'une exploitation ou d'un fournisseur particulier.
Cette situation pénalise la viande et la volaille importées qui participent plus directement au marché de détail avec une marque, comme c'est le cas dans des marchés tels que la Malaisie et Singapour.
Selon les sources commerciales, cette stratégie a été adoptée parce qu'il est très difficile pour un détaillant de contrôler tous les aspects de sa chaîne d'approvisionnement en viande à l'interne. Soulignons que Metro Cash & Carry a un système différent dans le cadre duquel cette entreprise forme activement les producteurs de viande vietnamiens pour qu'ils respectent les bonnes pratiques agricoles et puissent ainsi faire partie de leurs fournisseurs. Cette formation se fait dans le cadre d'un projet en partie financé par le gouvernement allemand.
Il y a aussi une demande de viande et de volaille importées de la part de magasins japonais et coréens de type boucherie. Ces magasins spécialisés visent avant tout à répondre aux demandes particulières des nombreux expatriés japonais et coréens qui vivent et travaillent au Vietnam.
De l'avis des sources commerciales, la participation des supermarchés et des hypermarchés à la vente au détail de viande et de volaille va augmenter de manière significative au cours des cinq prochaines années, si le gouvernement approuve la création de nouveaux supermarchés et centres commerciaux/complexes d'hypermarchés durant cette période.
5.2 Circuits pour les établissements de restauration
Les circuits de la restauration qui utilisent de la viande et de la volaille importées à l'heure actuelle seraient les suivants :
- les magasins de pho (bœuf aux nouilles), qui utilisent du
bœuf indien et du bœuf local.
Mentionnons que la grande chaîne de points de vente Pho 24 promeut actuellement une soupe de bœuf aux nouilles spéciale faite avec du filet de bœuf des États-Unis, dans certains de ses points de vente au Vietnam, par exemple au centre de Ho Chi Minh-Ville. Ce produit, qui contient du bœuf des États-Unis, est vendu à 68 000 dong (3,85 $ CAN), alors que le même produit fait avec du bœuf classique (probablement local ou d'origine indienne) est vendu à 55 000 dong (3,10 $ CAN). Au moment où les recherches ont été faites (février 2010), ce produit n'apparaissait pas dans le menu des points de vente de Pho 24 basés à Hanoï; - les restaurants japonais et coréens qui souhaitent se procurer du bœuf de meilleure qualité que celui facilement disponible au niveau local;
- les chaînes de restauration rapide, par exemple PFK, Lotteria et Jollibee, qui ont besoin de morceaux de poulet congelés et utilisent des croquettes de poulet et des galettes pour hamburgers, dont certaines seraient faites au Vietnam avec des produits importés. Précisons que certaines entreprises vietnamiennes produisent des galettes de steak haché en conserve;
- les restaurants occidentaux et fusion thaï qui servent des biftecks de meilleure qualité. Le nombre de tels restaurants ne cesse d'augmenter dans toutes les villes, en particulier à Ho Chi Minh-Ville;
- les hôtels-restaurants, notamment les hôtels 4 ou 5 étoiles appartenant à des chaînes internationales. Au moment de la recherche (février 2010), le Vietnam tout entier connaissait un boom de la construction hôtelière à la suite duquel des milliers de nouvelles chambres d'hôtel seront ajoutées à l'inventaire actuel, entre 2010 et 2013.
Le Vietnam compte présentement un certain nombre de circuits de distribution de la viande et de la volaille pour les établissements de restauration :
- les marchés traditionnels de produits frais et les grossistes associés (intermédiaires) qui fournissent de la viande fraîche aux principaux utilisateurs. Ce circuit comprend aussi quelques boucheries. De nombreux établissements de restauration traditionnels achètent chaque jour ce dont ils ont besoin au marché traditionnel des produits frais;
- les importateurs et les grossistes d'aliments congelés et leurs agents locaux (intermédiaires) qui fournissent de la viande et de la volaille congelées à divers établissements de restauration, y compris les entreprises de restauration rapide. Ces entreprises font généralement le commerce de produits de base et gèrent une gamme de différents produits congelés, uniquement au plan de la distribution physique;
- les importateurs d'aliments et de boissons de spécialité qui importent de la viande et de la volaille fraîches/réfrigérées et des produits congelés de meilleure qualité utilisés par les restaurants haut de gamme. Un exemple serait Classic Finefoods Vietnam, qui importe de la viande, de la volaille et du gibier des États-Unis, de l'Australie et de le Nouvelle-Zélande. Le peu d'importateurs-distributeurs de ce type au Vietnam se chargent de la commercialisation et de la distribution physique des produits des mandants.
5.3 Circuits pour les entreprises de transformation de la viande
Selon les sources commerciales, la majorité des entreprises de transformation qui ont besoin de viande, de volaille et d'abattis congelés importés s'adressent directement aux exportateurs de viande et de volaille. Ce système, en place depuis plus de 20 ans, a été établi avec des sociétés d'importation pour réexportation et des entreprises de viande en conserve appartenant à l'État.
Le chapitre suivant du présent rapport contient de plus amples renseignements sur l'industrie de la transformation de la viande et de la volaille du Vietnam.
5.4 Capacités des distributeurs de viande et de volaille du Vietnam
D'après les sources commerciales, la plupart des distributeurs vietnamiens de viande et de volaille et certains importateurs et distributeurs d'aliments congelés ne travaillent pas dans des conditions conformes aux normes internationales et aux pratiques exemplaires.
La chaîne du froid et de congélation comporte des failles à de nombreux niveaux, avec des « trous » tout au long de la de la chaîne d'approvisionnement reliant le producteur ou le port d'entrée aux détaillants et aux utilisateurs finaux.
Le climat chaud et humide du Vietnam complique davantage la gestion des aliments frais/réfrigérés et congelés. C'est également une zone de risque majeure pour l'intégrité des aliments périssables, qu'ils soient locaux ou importés.
6. L'industrie de la transformation de la viande et de la volaille au Vietnam
Le Vietnam a une industrie de la transformation de la viande et de la volaille importante et assez fragmentée. Cette industrie existe depuis de nombreuses années et tire ses racines de l'ère coloniale française (viandes transformées fraîches) et de l'ère des entreprises d'État et du commerce d'exportation avec l'ancien bloc soviétique (viandes transformées en conserve).
Il n'y a pas de données disponibles sur la taille de cette industrie même si, selon les sources commerciales, ce serait l'une des plus grosses industries agroalimentaires du Vietnam à l'heure actuelle. Les entreprises sont des entreprises d'État, des sociétés privées vietnamiennes et des établissements à participation étrangère.
Aujourd'hui, cette industrie fabrique toute une gamme de produits :
- produits de viande et de volaille en conserve :
- pâtés;
- jambon;
- bœuf salé;
- viandes froides;
- produits de type pain de viande;
- repas en conserve prêts à réchauffer basés sur des
recettes vietnamiennes traditionnelles :
- ragoûts de bœuf;
- ragoûts de côtelettes de porc;
- cubes de porc en sauce;
- poulet en conserve avec sauce;
- ragoûts de poulet et prunes salées, etc.;
- viandes transformées fraîches/réfrigérées :
- jambon;
- pâtés;
- viandes froides;
- viandes transformées de style européen : salami, saucisse à l'ail, etc.;
- saucisses de style européen, appelées localement « saucisses à griller »;
- produits de type pain de viande;
- viandes transformées de longue conservation autres que des
conserves :
- saucisses de Francfort pasteurisées avec une durée de conservation de six à neuf mois;
- produits carnés transformés congelés :
- saucisses de style européen;
- boulettes de viande de bœuf;
- galettes pour hamburgers;
- produits à base de poulet;
- produits séchés traditionnels, par exemple les saucisses de type chinois et les produits de type charqui.
La majorité de ces produits sont enracinés dans la culture alimentaire locale vietnamienne, et plusieurs le sont profondément : pâtés, viandes froides, jambon et certains types de saucisses. Tous ces produits « traditionnels » représenteraient de très gros marchés dans tout le Vietnam.
Cela s'explique par le fait que la cuisine locale vietnamienne utilise de nombreux éléments fusion qui sont liés à la cuisine française.
Parmi les acteurs clés de cette industrie, on trouve :
- Vissan, l'énorme entreprise de viande du Vietnam;
- CP Vietnam (membre du groupe d'entreprises Chareon Pokphand);
- D&N Meat Factory;
- San Miguel Purefoods Vietnam (marque Le Gourmet);
- Angst Truong Vinh;
- e-Bon;
- Golden Pig Joint Stock Company;
- Duc Viet Foods;
- Viet Huong;
- Tuyen Ky Food;
- Halong Canfoco;
- Starfood (produit principalement des fruits de mer).
Certaines de ces entreprises (p. ex. Vissan) sont des conserveries et des fabricants de produits frais et congelés. D'autres, comme San Miguel Purefoods Vietnam, ne produisent pas de viande en conserve.
Il existe également un très petit nombre d'entreprises alimentaires novatrices qui travaillent en marge de cette industrie, dont Vina Acefood, qui produit des plats cuisinés de marque avec de la viande, par exemple du bœuf.
L'industrie de la viande transformée a évolué, passant d'une industrie avec des marchés régionaux à un scénario où les plus grosses entreprises ont maintenant un marché national pour leurs produits. Malgré cette évolution, il y a encore des entreprises dans le nord et dans le sud du pays qui ont un niveau de distribution au détail plus élevé dans la région où ils sont implantés. Étant donné que les détaillants modernes comme Big C et les entreprises de libre-service de gros comme Metro Cash & Carry essaient de créer des réseaux nationaux, la tendance de développement de cette industrie semble vouloir se poursuivre.
Les politiques d'approvisionnement de l'industrie de la transformation de la viande et de la volaille visent généralement à utiliser des produits locaux en priorité, puis des intrants importés de bon rapport qualité-prix, qui sont en général des abats blancs (tête, pied, peau, gras, parures) et des abats rouges (tous types). Le prix est très important parce qu'au niveau du consommateur, il doit être raisonnable pour le « marché de masse » vietnamien.
Les abats blancs et les abats rouges sont très recherchés au Vietnam parce qu'ils sont utilisés par les foyers, les établissements de restauration traditionnels (p. ex. les marchands de rue) et les fabricants de viande transformée, qui vont des micro-/petits établissements aux moyennes/grandes entreprises. Cette situation exerce une pression sur l'approvisionnement local, ce qui entraîne une demande intérieure et réelle d'intrants importés de la part des grosses entreprises de transformation de la viande.
7. Aperçu du cadre réglementaire pour la viande et la volaille importées
En théorie, le Vietnam est maintenant doté d'un processus relativement simple pour ses importations de produits d'origine animale. Cela dit, la situation peut être plus complexe. L'une des principales difficultés du Vietnam est liée au fait que les politiques, les règlements, les pratiques et les procédures sur le terrain changent selon les besoins, même les droits à l'importation. Par conséquent, il est plus prudent pour les exportateurs de collaborer étroitement avec leurs importateurs afin de s'assurer que les transactions d'importation pour réexportation se fassent sans difficulté.
Voici quelques points clés du cadre réglementaire pour les importations de viande et de volaille :
- Le ministère de la Santé animale est responsable de tout ce qui concerne la salubrité des aliments dans les règlements vietnamiens couvrant les importations de viande et de volaille. Cette division fait partie du ministère de l'Agriculture et de l'Aménagement rural.
- Les règlements du Vietnam n'autorisent pas l'importation de viande et de volaille de pays où il y a eu des épidémies de maladies animales, dont l'ESB, la fièvre aphteuse et d'autres maladies, comme la grippe aviaire, ou qui pourrait être contaminés, par exemple par des antibiotiques, d'autres médicaments, des hormones, des résidus chimiques agricoles et d'autres produits chimiques nuisibles, selon les niveaux de résidus maximaux permis au Vietnam pour la viande et la volaille. Tel que susmentionné, les seuls produits provenant du Canada et des États-Unis qui sont actuellement autorisés à entrer sur le marché vietnamien sont le bœuf non désossé, le bœuf désossé et des abats précis (cœur, foie et reins) d'animaux de moins de 30 mois.
- Seules les entreprises vietnamiennes ayant reçu un agrément officiel pour exercer en tant que négociants de produits de viande et de volaille peuvent importer de la viande et de la volaille.
- Toutes les importations de viande et de volaille sont soumises à une inspection au port d'entrée. Ces inspections sont effectuées par le bureau régional de quarantaine du ministère de la Santé animale. Ce bureau délivre un certificat de quarantaine après avoir inspecté les produits s'il considère que ceux-ci peuvent entrer sur le territoire douanier et le marché du Vietnam.
- Les exportateurs doivent également être des exportateurs approuvés dans leur pays d'origine. Il est désormais obligatoire de présenter le certificat HACCP de l'usine de production ou du fabricant avec les documents qui sont inspectés lorsque les produits arrivent dans la zone douanière du Vietnam au port d'entrée. Selon les sources gouvernementales, les exportateurs canadiens n'ont plus besoin de soumettre de certificat HACCP, les gouvernements vietnamien et canadien s'étant entendus sur ce point.
- Le Vietnam exige maintenant que les dates de production et de péremption soient indiquées sur l'emballage/l'étiquette des cargaisons de viande réfrigérée et congelée importée.
- Le Vietnam a maintenant une réglementation détaillée quant aux niveaux de résidus biologiques et chimiques maximaux autorisés dans les aliments. Une nouvelle circulaire réglementaire, qui s'ajoutera bientôt à cette réglementation, couvrira spécifiquement les limites maximales de résidus (LMR) pour les produits du bétail et de la viande.
- Les procédures au port d'entrée sont maintenant normalisées : présentation des documents, inspection des documents, inspection de mise en quarantaine des produits, attestation pour entrer sur le territoire douanier du Vietnam, paiement des droits à l'importation et des autres frais et sortie des produits de la zone douanière, s'ils ont passé avec succès l'inspection de mise en quarantaine et le processus douanier.
Les droits à l'importation du Vietnam sont soutenus par ses politiques de promotion de l'industrie du bétail, pour que celle-ci serve de base à un nouveau développement économique rural et à la hausse des revenus disponibles des familles et des personnes vivant dans ces régions.
Comme souligné plus haut dans le présent rapport, ces politiques ont été renforcées par la nouvelle stratégie gouvernementale de développement de l'industrie du bétail 2020 qui vise l'augmentation de la production de viande et de volaille de 1,5 million de tonnes par an jusqu'en 2020. L'un des éléments clés de cette politique et de ses programmes est le remplacement des importations.
Aujourd'hui, les tarifs d'importation du Vietnam sur la viande et la volaille sont élevés par rapport aux marchés plus ouverts de l'ANASE (voir le tableau ci-après).
| 02.01 | Viande bovine fraîche ou réfrigérée | % (Ad Valorem) |
|---|---|---|
| 0201.10.00 | -Carcasses et demi-carcasses | 15 * |
| 0201.20.00 | -Autres morceaux non désossés | 15 * |
| 0201.30.00 | -Morceaux désossés | 15 (droit consolidé final de l'OMC de 14 % en 2012) |
| 02.02 | Viande bovine congelée | % (Ad Valorem) |
| 0202.10.00 | -Carcasses et demi-carcasses | 15 * |
| 0202.20.00 | -Autres morceaux non désossés | 15 * |
| 0202.30.00 | -Morceaux désossés | 15 (droit consolidé final de l'OMC de 14 % en 2012) |
| 02.03 | Viande de porc fraîche, réfrigérée ou congelée | % (Ad Valorem) |
| 0203.11.00 | - Carcasses et demi-carcasses | 25 (taux de droit consolidé final de l'OMC) |
| 0203.12.00 | -Jambons, épaules et leurs morceaux, non désossés | 25 (taux de droit consolidé final de l'OMC) |
| 0203.19.00 | -Autres | 25 (taux de droit consolidé final de l'OMC) |
| 0203.21.00 | -Carcasses et demi-carcasses | 25 (taux de droit consolidé final de l'OMC de 15 % en 2012) |
| 0203.22.00 | -Jambons, épaules et leurs morceaux, non désossés | 25 (taux de droit consolidé final de l'OMC de 15 % en 2012) |
| 0203.29.00 | -Autres | 25 (taux de droit consolidé final de l'OMC de 15 % en 2012) |
| 02.07 | Viande et abattis comestibles de volaille congelés | % (ad valorem) |
| 0207.14.10 | - Morceaux et abattis congelés : Ailes | 15 * |
| 0207.14.20 | - Morceaux et abattis congelés : Cuisses | 15 * |
| 0207.14.30 | - Morceaux et abattis congelés : Foies | 15 * |
| 0207.14.90 | - Morceaux et abattis congelés : Autres | 15 * |
* Ce taux tarifaire est déjà inférieur au taux
consolidé publié dans les engagements du Vietnam envers l'OMC de 2007.
Il est possible, d'après des cas passés, que le Vietnam augmente ces
taux à hauteur du taux de droit consolidé final s'il considère que
l'industrie locale est menacée par les importations.
Source : Douanes vietnamiennes (janvier 2010)
Les droits à l'importation plus faibles pour le bœuf et les morceaux de poulet congelés sont le fruit d'une politique pragmatique du gouvernement vietnamien, qui comprend bien que les importateurs et les utilisateurs du Vietnam ont besoin de ces produits, et que des pénuries pourraient créer des situations où la hausse des prix de détail causerait des problèmes sur le marché de détail. Soulignons que récemment, des importations de produits essentiels ont été faites en vertu d'une réglementation temporaire dans le cadre de laquelle les tarifs douaniers ont été réduits à zéro à une période où l'approvisionnement était instable et où les tarifs du marché local étaient élevés.
Le tableau ci-après donne un aperçu des réductions tarifaires qui ont été appliquées dans le cadre de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre l'ANASE, l'Australie et la Nouvelle-Zélande (AANZFTA) au début de 2010. Ces réductions offrent des avantages à long terme aux exportateurs de porc et de bœuf de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande par rapport à leurs homologues canadiens.
| Catégorie de produit | 2010 | 2012 | 2014 | 2016 | 2018 | 2020 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bœuf, tous les codes | 15 % | 10 % | 7 % | 5 % | 0 % | 0 % |
| Porc, tous les codes | 25 % | 20 % | 15 % | 7 % | 5 % | 0 % |
| Morceaux de poulet congelés (foie exclus) | 20 %, ce qui est supérieur au tarif NPF actuel. | 20 % à vie | 20 % | |||
Source : Engagements du Vietnam dans le cadre de l'AANZFTA
On ignore pourquoi, aux termes de l'AANZFTA, les tarifs douaniers du Vietnam sur les morceaux de poulet congelés sont supérieurs aux droits NPF actuels. Selon les sources commerciales, cela s'explique probablement par le fait que le gouvernement vietnamien souhaite maintenir ses tarifs sur les morceaux de poulet congelés au niveau de ceux sur lesquels il s'est engagé auprès de l'OMC. En pratique, cela signifie que les morceaux de poulet de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande seront soumis à la fourchette basse du taux consolidé de l'OMC et du tarif NPF, selon ce qui sera établi par le gouvernement vietnamien périodiquement à l'avenir.
Dans l'ensemble, en raison de la stratégie gouvernementale de développement de l'industrie du bétail 2020, il semble peu probable que le Vietnam lance toute autre libéralisation unilatérale de ses tarifs d'importation NPF dans un avenir proche. D'autres réductions de tarifs ne se feraient certainement que dans le cadre de négociations d'ALE bilatérales ou multilatérales portant sur la viande et la volaille comme un ensemble de produits. Mentionnons que l'UE a annoncé que le Vietnam serait le deuxième pays de l'ANASE avec lequel elle aimerait lancer des négociations d'ALE à un moment au cours des trois prochaines années.
8. Aperçu de la participation du Canada et de ses principaux concurrents
Les pays en développement et les pays non membres de l'OCDE (Inde) sont des acteurs de poids sur la plupart des marchés. Les Étas-Unis. sont le principal acteur du monde développé en raison de ses activités de promotion intenses de « pression de l'offre » (voir le tableau ci-après).
| Produit | Importations (Tonnes) |
Pays en développement (Part en %) |
Pays développés * (Part en %) |
Les trois principaux pays développés fournisseurs et leurs parts de marché ** - Leader *** | Les trois principaux pays développés fournisseurs et leurs parts de marché ** - N° 2 | Les trois principaux pays développés fournisseurs et leurs parts de marché ** - N° 3 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bœuf frais/réfrigéré | 2 182 | - | 100 % | États-Unis (81 %) | Australie (12 %) | Nouvelle-Zélande (3 %) |
| Bœuf congelé | 137 138 | 70 % | 30 % | États-Unis (28 %) | Australie (0,4 %) | Canada (0,4 %) |
| Porc congelé | 22 644 | 40 % | 60 % | États-Unis (27 %) | Canada (23 %) | R.-U. (2 %) |
| Abats de porc congelés | 35 124 | 61 % | 39 % | États-Unis (20 %) | Danemark (5 %) | Canada (3 %) |
| Morceaux et abattis de poulet congelés | 222 636 | 61 % | 39 % | États-Unis (24 %) | R.-U. (3 %) | Pays-Bas (2 %) |
* Pays de l'Organisation de coopération et de développement
économiques
** Part des importations totales
*** Parmi les pays développés
Source : Statistiques officielles sur le commerce
extérieur
Précisons que les données commerciales sur les importations de certains produits, en particulier le porc, sont probablement sous-estimées, car selon des sources commerciales, il existe un important commerce parallèle de porc et de volaille avec les pays voisins, par exemple la Chine.
Le profil de marché présenté dans le tableau précédent relève des facteurs suivants :
- Les acheteurs vietnamiens ont tendance à acheter en fonction du prix; leur préférence va donc aux fournisseurs du monde en développement, par exemple l'Inde pour le bœuf congelé, qui pratiquent des prix moins élevés.
- Les lois vietnamiennes sur la salubrité des aliments ont des répercussions sur la source des importations de porc, de bœuf et de volaille.
- Les utilisateurs et les consommateurs de bœuf frais/réfrigéré veulent des produits provenant de pays comme les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
9. Conclusion pour le Canada et ses exportateurs
9.1 Structure du marché et son impact
Le Vietnam compte deux segments au sein de ses marchés de la viande et de la volaille :
- un petit marché à créneaux pour les viandes de qualité supérieure (en 2008, environ 2 000 tonnes pour les produits visés par la présente étude);
- un marché bien plus grand pour la viande et la volaille de
base (en 2008, plus de 400 000 tonnes pour les produits visés par
la présente étude), qui est segmenté en fonction de la demande de deux
circuits :
- les circuits approvisionnant les consommateurs finaux des groupes à revenus moyen et élevé habitant en région urbaine;
- le circuit de type « marché de masse » (revenu faible), qui se concentre particulièrement sur les régions urbaines les plus riches du Vietnam.
Notons que les volumes de viande et de volaille importés en 2009 étaient inférieurs aux chiffres indiqués ci-dessus, même si au moment de la rédaction du présent rapport (mars 2010), aucune donnée formelle ne venait confirmer les renseignements fournis par les sources gouvernementales.
La nature différente de ces marchés :
- offre différentes possibilités aux exportateurs canadiens du fait que certains de ces segments ont un accès au marché plus ouvert ou subissent moins la concurrence des produits locaux que d'autres;
- oblige les exportateurs canadiens à adopter différents plans d'action et différentes stratégies d'importation en raison des types de demande allant au-delà du produit lui-même. Il y a également des demandes importantes de partenariats d'affaires et de services en vue d'un marché viable.
9.2 Principaux risques dans les circuits de distribution
La comparaison du Vietnam à d'autres pays plus développés de l'ANASE, par exemple la Malaisie et Singapour, démontre que celui-ci devra faire face à des difficultés importantes quant à la qualité de la distribution de la viande et de la volaille à Ho Chi Minh-Ville et à Hanoï.
Les exportateurs canadiens ne devraient pas présumer de la capacité de distribution au Vietnam en raison du risque important pour toute entreprise de viande qui veut se créer une part de marché à long terme. Les circuits de distribution locaux se sont développés autour des viandes et des volailles qui dominent l'offre des marchés au Vietnam, et pourraient donc représenter des concurrents potentiels.
En plus de ce secteur de risque, la rétroaction des sources commerciales indique qu'il pourrait y avoir d'autres problèmes à considérer dans les relations avec les importateurs vietnamiens de viande et de volaille. Ces sources rapportent qu'à plusieurs reprises en 2008, les importateurs vietnamiens n'ont pas payé le porc congelé qui leur avait été expédié.
Tout comme dans des pays tels que la Malaisie et Singapour à la fin des années 1980 et au début des années 1990, la plupart des importateurs-distributeurs vietnamiens ont besoin d'aide afin de mettre en place des circuits appropriés pour les produits alimentaires périssables. C'est un aspect du domaine des partenariats de services et d'affaires que les exportateurs canadiens doivent sérieusement prendre en compte lorsqu'ils préparent leur stratégie commerciale pour le Vietnam.
9.3 Prévisions et scénarios de croissance pour la viande et la volaille importées
D'après les prévisions, le Vietnam fera partie des pays qui connaîtront l'une des plus fortes croissances du monde au cours des trois à cinq prochaines années. D'après les estimations actuelles, son économie augmentera au rythme de 5 à 12 % par an, en autant que l'économie mondiale reste stable. D'après les prévisions moins optimistes, le rythme de croissance sera de 6 à 8 % par an, ce qui reste élevé.
Notons que, selon certaines prévisions, l'économie d'Hanoï serait dans une phase de rattrapage de Ho Chi Minh-Ville. Cette phase pourrait être synonyme d'une croissance économique annuelle de 9 à 12 % pour la région de Hanoï (population de la conurbation : environ dix millions de personnes, nombre qui ne cesse d'augmenter) au cours des trois prochaines années.
Ces prévisions sont très positives pour tous les segments du marché de la viande et de la volaille, qu'il s'agisse des marchandises locales ou importées. Pour les produits importés, les facteurs de la demande resteront les mêmes :
- le besoin de viandes de qualité supérieure pour le marché haut de gamme, stimulé par le nombre croissant de touristes et de visiteurs commerciaux, l'augmentation du nombre d'expatriés et un plus grand groupe vietnamien « plus éclairé » à revenu élevé;
- les pénuries d'abats de bœuf ou de bovins, et de certains abats et viandes de porc et de poulet au niveau local, en raison de la disparité entre les préférences de la demande qui porte, par exemple, sur des morceaux et des produits moins chers, et les capacités d'approvisionnement;
- la croissance du secteur de la restauration, en particulier de l'industrie de la restauration rapide, qui a besoin de produits dont la qualité doit être bien plus régulière que ce que la plupart des entreprises de viande et de volaille vietnamiennes peuvent produire actuellement;
- la croissance de l'industrie de la viande transformée, en particulier des saucisses, des pâtés et des « pains de viande ».
Dans l'ensemble, malgré sa taille appréciable, le marché vietnamien de la viande et de la volaille importées est peu évolué et encore largement dans une phase préliminaire de développement. En réalité, les importations au cours des cinq prochaines années pourraient être très variables, avec une croissance évoluant de manière irrégulière.
9.4 Débouchés pour les exportateurs canadiens
9.4.1 Possibilités à exploiter pour le Canada au Vietnam
Le Canada est assez bien connu comme fournisseur de viandes destinées à la transformation et de viande, de volaille et d'abats de qualité mais sa renommée n'est pas aussi forte que celle des États-Unis et de l'Australie. Il n'a pas le statut de pays de confiance vers lequel on se tourne automatiquement qu'ont les États-Unis, l'Australie et l'Inde. Toutefois, il pourrait bien être en train d'acquérir ce statut sur le marché du porc. Le Canada est également connu pour ses problèmes avec l'ESB dans le passé.
La présente étude a montré qu'il y avait des demandes assez importantes de viande, de volaille et d'abats au Vietnam et que ces demandes se maintiendraient au cours des trois à cinq prochaines années. Il existe des débouchés dans les domaines suivants :
- pourvoir au marché à créneaux du bœuf frais/réfrigéré haut de gamme, en particulier pour des produits bien différenciés et conformes sur le plan réglementaire dont les utilisateurs peuvent se servir pour leurs menus et leurs propres campagnes de publicité. Cela signifie qu'il y aurait des débouchés possibles pour des races de bœuf particulières, ainsi que pour d'autres bovins comme le bison ou des croisements de bison et d'autres bovins;
- aider le Vietnam à remédier aux problèmes de pénurie
des produits suivants :
- produits bovins congelés (morceaux de viande bas de gamme de bon rapport qualité-prix, abats blancs et abats rouges) utilisés par le secteur de la restauration du marché de masse urbain et les entreprises de transformation de la viande;
- viande de porc congelée (morceaux bas de gamme de bon rapport qualité-prix) utilisée par le secteur de la restauration du marché de masse urbain;
- abats congelés utilisés par l'industrie de la transformation de la viande;
- morceaux de poulets congelés de bon rapport qualité-prix utilisés par le secteur de la restauration du marché de masse urbain, qui pourrait connaître une forte croissance au cours des cinq prochaines années;
- abattis de poulet congelés utilisés comme intrants par l'industrie de la transformation de la viande.
9.4.2 Obstacles et difficultés pour les exportateurs canadiens
Les exportateurs qui veulent tirer profit de ces possibilités devront quand même faire face à nombre d'obstacles et de difficultés, à savoir :
- la manière dont le marché du porc vietnamien fonctionne
et les répercussions sur les importateurs;
Le marché vietnamien du porc est très instable et spéculatif, qu'il s'agisse des produits locaux ou étrangers. Cette instabilité est due à un certain nombre de facteurs, dont la fréquence relative des épidémies de maladies animales (maladies spécifiques au porc et maladies touchant d'autres animaux d'élevage), l'effet réel de ces maladies sur la population humaine (décès réels ou rumeurs de décès de personnes), la faiblesse des chaînes d'approvisionnement, les liens entre l'offre et la demande, la très faible transmission des signaux et des messages de commercialisation, le caractère traditionnel des techniques de transformation et de vente au détail, d'autres problèmes structurels, et la nature sommaire du commerce de produits de base des négociants vietnamiens en viande.
Cette situation crée un très haut degré d'activité spéculative dans les marchés des zones urbaines où il y a des pénuries d'approvisionnement évidentes. Soulignons qu'il pourrait s'agir, selon des sources commerciales et gouvernementales, de pénuries illusoires, ou simplement de pénuries à court terme. En effet, les stocks excédentaires qui existent dans d'autres régions du pays non touchées par les maladies animales finiront par entrer sur les marchés des zones urbaines.
Ce scénario de marché est très dangereux pour les exportateurs qui travaillent avec des importateurs plus petits et moins reconnus qui importent du porc dans leur propre marché cible.
Des sources commerciales racontent qu'au cours des trois dernières années environ, ces mouvements ont eu à plusieurs reprises des conséquences nuisibles sur les importateurs, qui n'ont pas pu payer le porc qu'ils avaient importé.
C'est pour cette raison qu'il est extrêmement important que les exportateurs évitent les actes de négligence et se renseignent sur les antécédents financiers des partenaires commerciaux vietnamiens qu'ils ont choisis, et qu'ils envisagent de prendre une assurance sur les opérations d'exportation, comme celles proposées par exemple par Export Development Canada (EDC) http://www.edc.ca/french/index.html; - les liens très forts que les utilisateurs et des importateurs de viande et de volaille importées entretiennent avec les leaders du marché, par exemple l'Australie, l'Inde et les États-Unis. À cause de ces liens, les importateurs ont tendance à se concentrer sur ces pays fournisseurs et donc à quasiment exclure les autres, sauf si l'importateur veut en priorité acheter à bas prix;
- la sensibilité aux prix dans tous les segments du marché, même ceux haut de gamme pour les biftecks;
- le fait que certains segments se limitent aux produits de base, par exemple celui des morceaux et des abattis de poulet congelés;
- le cadre réglementaire et la bureaucratie pour les importations en général, qui sont étroitement liés à la politique de développement agricole et rural;
- les répercussions de plus en plus importantes de l'accord de libre-échange entre l'ANASE, l'Australie et la Nouvelle-Zélande (AANZFTA), qui offre des avantages sur le plan de l'accès au marché à long terme aux exportateurs de ces deux pays;
- la possibilité que les fournisseurs sud-américains soient de plus en plus présents dans certains segments de ce marché, par exemple dans ceux du bœuf et du poulet. La Chine pourrait aussi avoir des occasions à plus long terme, si certains de ses exportateurs parviennent à respecter les nouvelles « normes alimentaires » avec la région de l'ANASE sur le long terme.
9.4.3 Créer des débouchés au Vietnam
Au cours des trois à cinq prochaines années, le Canada aura l'occasion de commercer avec le Vietnam à une période où la pression de la demande sera probablement forte. Dans le cours naturel des choses, cela devrait entraîner une augmentation des exportations de viande et de volaille du Canada. Si les exportateurs canadiens se contentent de profiter de la pression de la demande, ils seront en situation de forte concurrence avec le marché des produits de base du Vietnam, qui est très sensible aux prix, et qui continuera à l'être à l'avenir.
Les importateurs, en particulier les plus gros dans ce scénario de marché, essaieront de « monter les exportateurs les uns contre les autres » pour obtenir le produit de meilleure qualité au prix le plus bas possible sur le marché mondial.
Les exportateurs canadiens ont l'option d'essayer d'avoir une vision stratégique plus large de « ce qui semble être un marché offrant des avantages considérables » et de travailler en étroite collaboration avec les associations industrielles pour se créer une position de commercialisation inter-entreprises plus forte au Vietnam.
Cette stratégie offre la possibilité de nouer des liens forts avec le marché, soit des relations commerciales de confiance qu'il est difficile pour les concurrents de détruire, et donc d'en tirer profit avec l'accroissement de la pression de la demande de produits « canadiens » au cours des trois à cinq années suivantes. Normalement, si cette stratégie est bien mise en place et entretenue, elle devrait se traduire par des commandes plus régulières et de plus gros volumes et permettre de réaliser des marges plus importantes que sur le marché des produits de base susmentionné.