Service d'exportation agroalimentaire
Aspects aigres-doux de l'industrie philippine du cacao*
Janvier 2010
Danica Iza P. Ching
Chercheuse
Center for Food and Agri Business
Université de l'Asie et du Pacifique
Le cacao (Theobroma cacao spp.) est cultivé jusqu'à 1 000 mètres au‑dessus du niveau de la mer à l'ombre des grands arbres. Sa culture est la plus florissante dans les zones où la pluviométrie est d'une répartition égale sur l'ensemble de l'année. À maturité, les cabosses germent sur le tronc et les branches. Elles renferment des couches de 20 à 60 fèves de cacao. Divers produits peuvent être extraits de ces fèves et/ou transformés.
Le cacao est répandu comme ingrédient dans le chocolat et les substances aromatisantes. Il entre dans la fabrication aussi bien des produits de beauté que des produits pharmaceutiques. Les fèves sont transformées en poudre, en beurre, en liqueur, en pâte, et ainsi de suite. La poudre et le beurre sont largement employés dans les denrées alimentaires. Le beurre est aussi un ingrédient de base pour les produits hydratants, les cosmétiques et les suppositoires. Le tégument des graines de cacao sert à traiter les troubles intestinaux, la diarrhée, les maladies du foie, de la vessie et du rein et le diabète. Le gros des fèves produites par les petits exploitants entre dans la confection de la tablea, préparation chocolatée locale.
C'est un marin espagnol du nom de Pedro Bravo de Lagunas qui, quelque part en 1670, a introduit le cacao aux Philippines. La plante a d'abord été cultivée à San Jose dans la province de Batangas. Ce pays a été le premier en Asie à faire pousser le cacaoyer et à préparer des boissons au chocolat avec les fèves qui en sont tirées. Les cacaoyères commerciales ont vu le jour dans ce même pays au milieu des années 1950. Dans la décennie 1960, la production de fèves a pris les proportions d'une industrie, des établissements de transformation étant créés par un groupe d'investisseurs philippins. Plus de cacaoyères commerciales sont nées à Mindanao. Au milieu des années 1980, l'industrie a pris son essor au gré de la croissance des investissements dans les exploitations commerciales et les établissements de transformation.
En 1992, cette industrie a cessé de croître par suite de l'instauration d'un programme systématique de réforme agraire. Le résultat en a été le morcellement de l'industrie et le fractionnement des cacaoyères commerciales en petites exploitations. Un autre facteur a été une infestation d'insectes foreurs de la cabosse qui n'a pas été maîtrisée, causant la disparition ou l'abandon d'un certain nombre de plantations, ce qui devait marquer le début d'un appauvrissement critique de l'industrie cacaoyère du pays.
Rendement
Le cacao est une culture commerciale philippine en trois variétés répandues :
- cacao Criollo ou Porcelana qui est moins amer, plus aromatique, cher, rare et hautement exposé aux parasites et aux maladies;
- cacao Forastero dont les fèves sont plus dures que celles du Criollo;
- cacao Trinitario, hybride du Criollo et du Forastero.
La production a diminué de 2 p. 100 en moyenne chaque année, passant de 5 648 à 5 149 tonnes de 2004 à 2008. De même, les superficies exploitées ont rétréci en moyenne annuelle de 2,1 p. 100, passant de 10 845 à 9 751 hectares pendant la même période (figure 1).
Figure 1. Production et superficies cacaoyères, 2004-2008
Description
Figure 1. Production et superficies cacaoyères, 2004-2008 : La production a diminué de 2 p. 100 en moyenne chaque année, passant de 5 648 à 5 149 tonnes de 2004 à 2008. De même, les superficies exploitées ont rétréci en moyenne annuelle de 2,1 p. 100, passant de 10 845 à 9 751 hectares pendant la même période
Source : bureau philippin de la statistique agricole (BAS).
Dans l'ensemble de la production cacaoyère en 2008, 66 p. 100 ou 3 470 tonnes venaient de la région de Davao, 11 p. 100 ou 551 de la partie septentrionale de Mindanao, 4 p. 100 ou 213 de Caraga, 3 p. 100 ou 135 de la partie est de l'archipel des Visayas et 3 p. 100 ou 129 de la péninsule de Zamboanga. Les grandes provinces cacaoyères étaient Davao del Sur (1 669 tonnes), la ville de Davao (832), la partie orientale de la région de Davao (481), Bukidnon (455 ) et Davao del Norte (319) (figure 2).
Figure 2. Principales régions de production cacaoyère,
2008
Volume total : 5 149 tonnes
Description
Figure 2. Principales régions de production cacaoyère, 2008 - Volume total : 5 149 tonnes : Région de Davao 66%, Mindanao 11%, Caraga 4%, Visayas est 3%, Péninsule de Zamboanga 3%, Autres 13%
Source : BAS.
Pour ce qui est des superficies, les principales régions étaient Davao avec 4 945 ha ou 51 p. 100, la partie septentrionale de Mindanao avec 941 ou 10 p. 100, Caraga avec 855 ou 9 p. 100, la Région autonome du Mindanao musulman (ARMM) avec 625 ou 6 p. 100 et la péninsule de Zamboanga avec 527 ou 5 p. 100. Les provinces qui prédominaient pour les superficies étaient Davao del Sur (1 385 ha), la ville de Davao (1 288), Davao del Norte (920), la partie orientale de la région de Davao (682) et la vallée de Compostela (670) (figure 3).
Figure 3. Premières régions cacaoyères pour les
superficies, 2008
Superficie totale : 9 751 ha
Description
Figure 3. Premières régions cacaoyères pour les superficies, 2008 - Superficie totale : 9 751 ha: Région de Davao 51%, Partie septentrionale de Mindanao 10%, CARAGA 9%, ARMM 6%, Péninsule de Zamboanga 5%, Autres 19
Source : BAS.
Les rendements ont légèrement augmenté de 0,1 p. 100 en valeur annuelle, passant de 0,52 à 0,53 tonne de fèves à l'hectare de 2004 à 2008. Le nombre de cacaoyers est par ailleurs tombé en moyenne annuelle de 0,7 p. 100, passant de 4,3 à 3,9 millions d'arbres pendant la même période. Les cacaoyers abondaient le plus dans la région de Davao (figure 4).
Figure 4. Rendement en cacao et nombre de cacaoyers, 2004-2008
Description
Figure 4. Rendement en cacao et nombre de cacaoyers, 2004-2008: Les rendements ont légèrement augmenté de 0,1 p. 100 en valeur annuelle, passant de 0,52 à 0,53 tonne de fèves à l’hectare de 2004 à 2008. Le nombre de cacaoyers est par ailleurs tombé en moyenne annuelle de 0,7 p. 100, passant de 4,3 à 3,9 millions d’arbres pendant la même période.
Source : BAS.
Dans la seule région orientale de Davao, quelque 10 000 plants de cacaoyer ont été distribués par la pépinière de la municipalité de Mati à trois barangays (Dawan, Don Salvador Lopez et Mayo) dans le cadre du « Cocoa Industry Program » (rapport de situation du BAS daté de décembre 2009).
Prix à la ferme
De 2004 à 2008, le prix à la ferme du cacao a généralement augmenté, passant de 55,45 à 59,73 pesos le kilogramme. Le prix local de ce produit s'élève constamment, car la production intérieure ne suffit pas à la demande (figure 5).
Figure 5. Prix du cacao à la ferme, 2004-2008
Description
Figure 5. Prix du cacao à la ferme, 2004-2008 : De 2004 à 2008, le prix à la ferme du cacao a généralement augmenté, passant de 55,45 à 59,73 pesos le kilogramme. Le prix local de ce produit s’élève constamment, car la production intérieure ne suffit pas à la demande
Source : BAS.
Commerce
Les Philippines font activement le commerce de diverses catégories de produits cacaoyers, notamment de la fève, du grain entier ou concassé, du produit frais ou rôti, de la poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés, de la pâte non dégraissée (liqueur), du beurre à teneur grasse ou huileuse, de la confiserie chocolatée, de la poudre chocolatière ou cacaoyère en blocs de chocolat (autres qu'au sous-article 073.10‑01), de la pâte dégraissée en tout ou en partie (galette) et de la pâte sucrée (tableau 1).
| Code PSCC* | Description |
|---|---|
| 0721000 ou 1801000000 | Fève entière ou concassée, fraîche ou rôtie |
| 0722000 ou 1805000000 | Poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés |
| 0723100 ou 1803100000 | Pâte non dégraissée (liqueur) |
| 0724000 ou 1804000000 | Beurre à teneur grasse ou huileuse |
| 0731001 ou 1806100001 | Confiserie chocolatée |
| 731002 | Poudre chocolatière ou cacaoyère, en blocs de chocolat (autres qu'au sous-article 073.10‑01) |
| 0723200 ou 1803200000 | Pâte dégraissée en tout ou en partie (galette) |
| 739002 | Pâte sucrée |
* Philippine Standard Commodity Classification.
Source : bureau national de la statistique des Philippines.
Importations. L'offre locale de cacao ne peut répondre aux besoins des consommateurs industriels. Ainsi, la plupart des transformateurs locaux du cacao et de ses produits de chocolaterie doivent importer des fèves et des moutures.
De 2004 à 2008, les importations cacaoyères ont été en volume de 1 p. 100 en moyenne annuelle, alors qu'elles diminuaient en valeur de 10,3 p. 100 par an (figure 6).
Figure 6. Importations totales de cacao et de ses produits aux
Philippines, 2004-2008
(volume en tonnes, valeur en milliers de dollars américains)
Description
Figure 6. Importations totales de cacao et de ses produits aux Philippines, 2004-2008 : De 2004 à 2008, les importations cacaoyères ont été en volume de 1 p. 100 en moyenne annuelle, alors qu’elles diminuaient en valeur de 10,3 p. 100 par an
Source des données de base : bureau national de la statistique des Philippines.
Les importations ont surtout consisté en poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés, la proportion de ces produits ayant été de 63 p. 100 des importations totales de cacao en volume en 2008. Suivaient la galette de cacao avec 29 p. 100, la confiserie chocolatée et le beurre avec 3 p. 100 chacun et la fève et la liqueur avec 1 p. 100 chacune (tableau 2).
| Produit | Volume 2004 | Valeur 2004 | Volume 2005 | Valeur 2005 | Volume 2006 | Valeur 2006 | Volume 2007 | Valeur 2007 | Volume 2008 | Valeur 2008 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Fève, entière ou concassée, fraîche ou rôtie | 1,295 | 1,890 | 106 | 176 | 118 | 249 | 77 | 172 | 141 | 263 |
| Poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés | 8,536 | 14,574 | 9,691 | 11,777 | 10,117 | 9,418 | 11,768 | 11,851 | 12,408 | 13,718 |
| Pâte non dégraissée (liqueur) | 754 | 1,311 | 104 | 206 | 4 | 9 | 197 | 328 | 110 | 333 |
| Beurre à teneur grasse ou huileuse | 277 | 105 | 177 | 179 | 176 | 160 | 239 | 326 | 624 | 614 |
| Confiserie chocolatée | 3,559 | 8,993 | 2,219 | 5,849 | 1,966 | 4,001 | 273 | 517 | 500 | 629 |
| Poudre chocolatière ou cacaoyère, en blocs de chocolat (autres qu’au sous-article 073.10-01) | 726 | 1,232 | 956 | 1,874 | 763 | 891 | - | - | - | - |
| Pâte dégraissée en tout ou en partie (galette) | 4,964 | 8,034 | 6,991 | 8,519 | 5,461 | 4,868 | 6,133 | 5,465 | 5,719 | 5,383 |
| Pâte sucrée | 9 | 14 | 6 | 8 | néant | 3 | - | - | - | - |
| Total | 20,121 | 36,152 | 20,250 | 28,588 | 18,606 | 19,598 | 18,686 | 18,659 | 19,501 | 20,940 |
Source : bureau national de la statistique des Philippines.
En 2008, les grands fournisseurs en volume de fèves de cacao ont notamment été l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, les États-Unis, la Chine, Hong Kong, le Canada, les Pays-Bas, la Belgique, la France, l'Allemagne, la Suisse et l'Afrique du Sud. Les importations ont pris en majeure partie la forme de poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés avec une part de 63 p. 100 (tableau 3).
Exportations. Le cacao est une culture concurrentielle à l'exportation. Malgré un déficit de l'offre, les Philippines exportent toujours du cacao et de ses produits.
| Produit | Part en volume | Principaux fournisseurs |
|---|---|---|
| Poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés | 63 % | Indonésie (38 %), Malaisie (36 %), Singapour (16 %), Chine (4 %), Pays-Bas (2 %), autres (4 %) |
| Pâte dégraissée en tout ou en partie (galette) | 29 % | Malaisie (60 %), Indonésie (39 %), Canada (1 %) |
| Beurre à teneur grasse ou huileuse | 3 % | Malaisie (77 %), Indonésie (17 %), É.-U. (3 %), Belgique (2 %), France (1 %) |
| Confiserie chocolatée | 3 % | É.-U. (31 %), Indonésie (31 %), Singapour (14 %), Hong Kong (13 %), Suisse (4 %), autres (7 %) |
| Fève entière ou concassée, fraîche ou rôtie | 1 % | É.-U. (48 %), Allemagne (34 %), Afrique du Sud (18 %) |
| Pâte non dégraissée (liqueur) | 1 % | Indonésie (79 %), Singapour (12 %), Malaisie (9 %) |
Source des données de base : bureau national de la statistique des Philippines.
En 2008, les exportations en volume se sont présentées dans les proportions suivantes : beurre, 50 p. 100 environ; confiserie chocolatée, 39 p. 100; fèves, 7 p. 100; poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés, 4 p. 100 (tableau 4).
De 2004 à 2008, les exportations de cacao ont respectivement diminué en volume et en valeur de 17,3 et 12,8 p. 100 en moyenne annuelle (figure 7).
Figure 7. Exportations totales de cacao et de ses produits
aux Philippines, 2004-2008
(volume en tonnes, valeur en milliers de dollars américains)
Description
Figure 7. Exportations totales de cacao et de ses produits aux Philippines, 2004-2008: De 2004 à 2008, les exportations de cacao ont respectivement diminué en volume et en valeur de 17,3 et 12,8 p. 100 en moyenne annuelle
Source des données de base : bureau national de la statistique des Philippines.
| Produit | Volume 2004 | Valeur 2004 | Volume 2005 | Valeur 2005 | Volume 2006 | Valeur 2006 | Volume 2007 | Valeur 2007 | Volume 2008 | Valeur 2008 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Fève entière ou concassée, fraîche ou rôtie | 95 | 112 | 52 | 84 | 126 | 189 | 75 | 132 | 103 | 209 |
| Poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés | 226 | 483 | 197 | 379 | 209 | 252 | 227 | 236 | 63 | 103 |
| Pâte non dégraissée (liqueur) | 37 | 77 | 110 | 267 | 262 | 471 | 174 | 373 | néant | néant |
| Beurre à teneur grasse ou huileuse | 1 593 | 4 125 | 867 | 2 704 | 571 | 1 834 | 687 | 2 565 | 702 | 3 043 |
| Confiserie chocolatée | 524 | 1 415 | 637 | 1 635 | 747 | 2 101 | 898 | 2 809 | 548 | 1 799 |
| Poudre chocolatière ou cacaoyère, en blocs de chocolat (autres qu'au sous-article 073.10-01) | néant | néant | 55 | 94 | 1 | 3 | néant | néant | néant | néant |
| Pâte dégraissée en tout ou en partie (galette) | néant | 2 | néant | néant | néant | néant | néant | néant | néant | néant |
| Pâte sucrée | néant | néant | néant | néant | néant | néant | néant | néant | néant | néant |
| Total | 2 475 | 6 214 | 1 918 | 5 163 | 1 916 | 4 850 | 2 061 | 6 114 | 1 417 | 5 153 |
Source des données de base : bureau national de la statistique des Philippines.
Les États‑Unis, la Thaïlande, Hong Kong, Taïwan, la Malaisie, Singapour, la Chine, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'Australie et la France ont été les principaux acheteurs de cacao aux Philippines en 2008. La moitié de ces exportations ont consisté en beurre de cacao (tableau 5).
| Produit | Part en volume | Principaux débouchés |
|---|---|---|
| Beurre à teneur grasse ou huileuse | 50 % | É.-U. (74 %), Taïwan (20 %), Malaisie (3 %), France (3 %) |
| Confiserie chocolatée | 39 % | É.-U. (17 %), Taïwan (12 %), Papouasie‑Nouvelle‑Guinée (11 %), Australie (9 %), Malaisie (8 %), autres (43 %) |
| Fève entière ou concassée, fraîche ou rôtie | 7 % | Thaïlande (73 %), Hong Kong (22 %), É.-U. (5 %) |
| Poudre sans sucre ni autres édulcorants ajoutés | 4 % | Singapour (43 %), Thaïlande (40 %), Malaisie (8 %), É.-U. (4 %), Australie (3 %), autres (2 %) |
Source des données de base : bureau national de la statistique des Philippines.
Défis et perspectives
Dans sa feuille de route stratégique pour le cacao aux Philippines, la Cocoa Foundation of the Philippines, qui est une organisation non gouvernementale, décrit en détail les défis que doit relever l'industrie cacaoyère locale (tableau 6). Ceux‑ci visent toute la chaîne d'approvisionnement avec ses maillons des apports de matières premières, de la production, de la transformation et de la commercialisation.
L'industrie doit s'attaquer sérieusement à ces problèmes par l'instauration d'une collaboration active liant les divers organismes publics et le secteur privé. Les producteurs de cacao devraient avoir accès à du matériel de plantation de qualité et recevoir une aide pour une bonne gestion des cultures jusqu'à l'étape de la postrécolte en fonction des normes de qualité applicables sur les marchés nationaux et internationaux, ainsi que des conditions de liaison commerciale et des régimes de crédit applicables. Ils devraient également améliorer la productivité et la lutte aux parasites et aux maladies, produire des fèves de grande qualité en fermentation et étendre la production cacaoyère, notamment grâce à du matériel de plantation comprenant des variétés à haut rendement.
| Secteur | DÉFIS |
|---|---|
| Facteurs de production | Insuffisance des compétences et des connaissances
techniques des producteurs et des agents de vulgarisation en ce qui
concerne les systèmes et les pratiques de culture du cacao Insuffisance des ressources et des contrôles pour du matériel de plantation amélioré |
| Production | Manque de connaissance des stratégies et des méthodes de
lutte intégrée aux parasites et aux maladies du cacao Insuffisance et non-durabilité de la stratégie et du programme de lutte contre les insectes foreurs de la cabosse Faiblesse ou caractère rudimentaire des compétences commerciales des producteurs en gestion de systèmes agricoles diversifiés |
| Transformation | Manque d'aménagements de postrécolte, de connaissances et de technologies efficaces de production à petite échelle |
| Commercialisation | Développement médiocre des marchés, morcellement des
liaisons commerciales, piètre coordination de la chaîne commerciale et
accès restreint des producteurs aux débouchés Manque de renseignements sur les prix et de possibilités sur le marché du cacao; absence d'autres renseignements d'intérêt Absence de normes adoptées et appliquées de qualité des fèves de cacao sur le plan international |
| Autres aspects | Le cacao n'est pas considéré comme une culture de grande valeur par les organismes gouvernementaux et sa culture n'est donc guère soutenue. |
Source des données de base : Cocoa Roadmap Strategy of the Philippines.
Malgré ces contraintes, de grandes perspectives d'avenir s'offrent à l'industrie cacaoyère locale. Ce n'est qu'en juillet 2008 que le cacao est devenu une culture prioritaire et a officiellement été considéré comme une production commerciale de grande valeur par le ministère de l'Agriculture.
Peu d'exploitants se sont hasardés à entreprendre une production cacaoyère à grande échelle. Les fabricants locaux de chocolat dépendent presque entièrement des importations de fèves de cacao. Signalons à cet égard que les producteurs de cacao prévoient cesser toute importation en 2015. Le cacao se prête hautement à la culture intercalaire ou mixte, plus particulièrement avec la noix de coco. CocoaPhil en prend acte et, de ce fait, songe à mettre au moins 50 millions de cacaoyers en culture intercalaire avec des cocotiers, ce qui permettrait de produire d'ici 2015 au moins 100 000 tonnes de fèves de cacao d'une qualité convenant à leur exportation, ce qui correspondrait à une valeur de 300 millions de dollars américains (http://business.inquirer.net). Cela rapporterait de 60 000 à 80 000 pesos de plus chaque année à l'hectare. Les perspectives d'expansion de la production cacaoyère sont immenses. Environ 2 millions d'hectares de culture de la noix de coco se prêtent à l'intercalation avec le cacao, ce qui pourrait ajouter chaque année plus de 1 500 dollars américains de revenu à l'hectare pour 500 arbres à maturité. CocoaPhil croit que, dans ce cas, le pays pourrait produire assez de cacao pour se retrouver en excédent en 2015 (www.agribusinessweek.com – en anglais).
Il existe des débouchés nationaux et internationaux très appréciables non seulement pour le cacao, mais aussi pour le chocolat. La demande extérieure devrait faire monter les exportations de cacao, d'où plus de dollars de revenu et plus de moyens de subsistance et d'emploi pour les Philippins, plus particulièrement en région rurale. Chaque année, l'industrie intérieure du concassage ou de la trituration a besoin d'au moins 30 000 tonnes de fèves séchées et fermentées (www.agribusinessweek.com – en anglais).
La demande extérieure de fèves augmente d'environ 90 000 tonnes chaque année. Les établissements de concassage du Sud-Est asiatique ont besoin de 220 000 autres tonnes qu'ils doivent importer en majeure partie d'Afrique de l'Ouest (www.agribusinessweek.com – en anglais). En 2008, le cours mondial de la fève de cacao a fait un bond, passant de 1 007 dollars américains la tonne en 2007 à 3 200. Quant à la consommation mondiale de chocolat, elle progresse de 3 p. 100 d'année en année.
Les débouchés nationaux et internationaux de l'industrie cacaoyère englobent les marchés spécialisés de l'Organic & Fairtrade et de la Rainforest Alliance. Les acheteurs et concasseurs extérieurs à contrats fermes de l'Asie du Sud-Est préfèrent le cacao philippin au cacao ouest-africain à cause des coûts, de la production biologique, de l'augmentation des revenus de l'État et de l'amélioration du bilan du commerce agricole.
Le gouvernement devrait instituer une norme nationale pour cette culture avec une surveillance de la qualité des fèves, une intégration de toutes les activités de recherche-développement, une étude des moyens de récupération des déchets de postrécolte et la mise au point de nouvelles technologies.
L'industrie cacaoyère locale vise pour les prochaines années à prendre sa place comme exportation agricole de premier plan aux Philippines. Il est à espérer que cette possibilité se réalise. Vu la cherté relative du cacao et l'immense demande qui s'y attache au pays et à l'étranger, l'industrie cacaoyère offre de grandes possibilités que nous ne devrions pas négliger.
Références
- Bureau philippin de la statistique agricole
- Bureau national de la statistique des Philippines
- Cocoa Foundation of the Philippines
- http://cagayandeoro.da.gov.ph (en anglais)
- www.philonline.com.ph/~webdev/da-amas/cacao.html
- www.agribusinessweek.com (en anglais)
- www.bar.gov.ph/news/cacaoindustry.asp (en anglais)
* Données diffusées dans le numéro de janvier 2010 du Food and Agri Business Monitor, revue mensuelle du Center for Food and Agri Business, Université de l’Asie et du Pacifique, Pasig, Philippines.