Agriculture et Agroalimentaire Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Service d'exportation agroalimentaire

Rebâtir le secteur agricole en Afghanistan

Recommandations communes des ONG et des gouvernements

Juillet 2007


Le gouvernement du Canada a préparé le présent rapport en se fondant sur des sources d'information primaires et secondaires. Il ne saurait garantir l'exactitude des renseignements que renferme ce document et il n'accorde pas forcément sa caution aux entités dont le nom y figure. Il appartient aux lecteurs de vérifier l'exactitude et la fiabilité des données fournies. Bien que tous les efforts nécessaires aient été déployés pour s'assurer de l'exactitude de l'information, Agriculture et Agroalimentaire Canada n'assume aucune responsabilité concernant l'exactitude et la fiabilité de l'information ou les conséquences des décisions prises sur la base de ces renseignements.

Veuillez faire parvenir tout commentaire ou toute suggestion au sujet de ce rapport à :

Ben Berry - berryb@agr.gc.ca



Introduction

Depuis près de trois décennies, le secteur agricole afghan se trouve confronté aux dévastations de la guerre civile, à l'emprise des Talibans, tout comme à la sécheresse, avec pour résultats l'émergence de divers facteurs qui ne cessent de modeler le secteur. Les problèmes sont le manque de toute sécurité alimentaire, l'absence de soutien financier du secteur agricole et du secteur non agricole, la dépendance de la culture du pavot pour l'exportation d'opium, le manque d'irrigation convenable, les graves dégâts que l'on constate au chapitre de l'infrastructure et des institutions, et une foule d'autres problèmes connexes.

Les difficultés du secteur agricole de l'Afghanistan ont des racines profondes et ne seront certes pas faciles à régler. Les organisations non gouvernementales (ONG) et les gouvernements des pays développés ont accru leur aide dans un effort pour reconstruire le secteur agricole de ce pays. Parallèlement à ces importants efforts, divers organismes ont présenté des documents dans lesquels ils indiquaient comment améliorer le secteur et présentaient des recommandations fondamentales.

Dans ce rapport, on présente un aperçu de quelques-unes des recommandations clés d'un groupe d'ONG influentes et de diverses parties à des conférences sur la reconstruction du secteur agricole afghan. On présente ci-après dix recommandations communes de toutes les parties analysées, ainsi que les deux stratégies proposées. Les documents sur lesquels se fonde cette analyse sont les suivants :

  • Banque asiatique de développement, « Rebuilding Afghanistan's Agriculture Sector », 2003
  • Normes pour la gestion d'information agricole de l'ONU (AIMS), «  A Policy and Strategy Framework for the Rehabilitation and Development of Agriculture and Natural Resources Sector of Afghanistan », 2004
  • « The Informal Brainstorming Workshop on Food Security in Afghanistan », atelier conjoint organisé par la FAO, le PAM, le PNUD, l'ASG, les représentants des ONG, et la Banque mondiale, 2000
  • « The London Conference on Afghanistan » du R.-U., de l'ONU et de l'Afghanistan, 2006
  • Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Afghanistan, « Plan directeur », date inconnue

Ce rapport ne comprend aucune recommandation d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) ou d'autres ministères gouvernementaux, et ne reflète en rien le soutien du Canada. Il s'agit d'un simple aperçu des suggestions d'acteurs importants de la communauté internationale. Cependant, la contribution du Canada à la reconstruction du secteur agricole afghan reste importante. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) supervise le financement des efforts du Canada en Afghanistan, qui se concrétisent dans toute une série de programmes, y compris dans le domaine de l'agriculture. Depuis 2002, l'Afghanistan est le principal bénéficiaire de l'aide étrangère canadienne avec des investissements totalisant 600 millions de dollars pour la reconstruction et le développement. Pour de plus amples renseignements sur le secteur agricole afghan et les possibilités d'affaires pour les entreprises canadiennes qui désirent exporter vers ce pays, consulter le site Internet du SEA à l'adresse : http://www.ats.agr.gc.ca/asi/4316_f.pdf


Dans les sections qui suivent, nous présentons les recommandations communes des organismes énumérés plus haut :

Amélioration de la gestion de l'irrigation et des ressources en eau :

On estime que près de 80 % du secteur agricole afghan dépend d'un système d'irrigation quelconque, en raison de la faiblesse traditionnelle des précipitations. Il est essentiel d'améliorer la gestion des ressources en eau si l'on veut assurer la durabilité du secteur agricole, tout particulièrement en ce qui concerne la sécurité alimentaire. On estime que le gouvernement devrait s'efforcer d'investir, de donner des moyens technologiques et de mettre sur pied des programmes stratégiques permettant d'offrir à la population agricole un revenu d'appoint. Il est également nécessaire d'assurer la formation des collectivités rurales dans le domaine de la distribution de l'eau et de la gestion de l'irrigation des exploitations.

Assurer la sécurité alimentaire par la production de céréales :

Pour que la population atteigne l'autosuffisance du point de vue alimentaire, il faut améliorer la production de céréales, et particulièrement du blé, ce qui exige des systèmes d'irrigation très coûteux et du soutien technologique. Il est possible qu'un tel investissement ne soit pas rentable, et l'autre solution consisterait à importer des céréales et à compter sur des cultures commerciales pour soutenir le commerce. Il est nécessaire d'appliquer un plan à court terme puisque l'on estime que de 45 à 55 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Attirer les investissements privés :

Les gouvernements doivent se donner comme priorité d'attirer les investissements du secteur privé (p. ex., par les ressources financières, la formation et la capacité institutionnelle), et, pour cela, on suggère de mettre en place des systèmes d'homologation et de quarantaine. Le secteur privé deviendrait instrumental dans le domaine de la distribution et de la commercialisation des intrants agricoles et de l'investissement dans les activités de reconstruction et de développement du pays.

Financement des agriculteurs :

Aujourd'hui, les agriculteurs sont surdépendants d'un financement gouvernemental insuffisant et d'emprunts informels (généralement auprès de voisins, d'amis ou de la famille), et il est donc nécessaire de mettre en place un système de crédit (dont on préconise qu'il appartienne aux agriculteurs et soit géré par eux) afin de financer le développement du secteur. En plus du crédit auquel ils pourraient accéder, il faudrait également offrir aux agriculteurs de la formation sur les pratiques de gestion de l'argent.

Gouvernance locale et responsabilisation des collectivités :

Il faudrait décentraliser le processus de décision au niveau des collectivités rurales afin d'y faire participer et de responsabiliser ceux et celles qui travaillent dans le secteur agricole. En mettant davantage l'accent sur les activités de développement rural, on contribuerait à améliorer les compétences des agriculteurs et des travailleurs non agricoles, pour le plus grand bien de la cohésion des communautés.

Reconnaître le rôle des femmes dans le secteur agricole :

En Afghanistan, 70 % des travailleurs du secteur agricole sont des femmes, en particulier dans le domaine du bétail et de l'horticulture. Elles contribuent largement aux statistiques sur la pauvreté du pays et, pour améliorer la situation, on suggère de mettre en place des programmes propres à chacun des deux sexes. Ces programmes auraient pour objectif de former les femmes à la commercialisation du bétail et des produits horticoles, ce qui, par contrecoup, leur permettrait de mieux contrôler les revenus.

Bâtir la capacité d'exportation de l'industrie des produits issus de cultures vivaces :

Le gouvernement afghan suggère de faire des investissements privés et publics dans l'industrie des cultures vivaces (p. ex, fruits, noix et vignes) afin d'en accroître le potentiel au niveau de l'exportation au cours des dix prochaines années. Cette industrie est porteuse de grandes possibilités pour l'Afghanistan, tant pour remplacer la culture du pavot que parce qu'il s'agit là de produits en demande dans des pays voisins comme l'Inde. Actuellement, la production est mal gérée, les vergers n'étant pour la plupart que de petits vergers d'arrière-cour.

Activité de commercialisation du secteur non agricole :

On évalue que 65 % de la population afghane s'appuie sur des revenus non agricoles. Parmi ces sources, mentionnons le travail comme ouvrier agricole dans des fermes, le travail dans de petites entreprises (p. ex., tissage des tapis, apiculture, fabrication de fromage, traitement des peaux, etc.), et le travail dans l'industrie de la forêt. Pour donner plus de chances de succès au secteur non agricole, la mise en place d'une coopérative chargée d'accroître les activités de commercialisation permettrait de mieux soutenir ces services dans les collectivités urbaines du pays. Il serait également nécessaire d'assurer la formation et d'offrir les matières nécessaires pour soutenir ce groupe de gens à faible revenu.

Capacité agricole en matière de recherche et transfert de la technologie :

L'Afghanistan n'a pas les ressources technologiques nécessaires pour constituer des bases de données sur le secteur agricole en raison de la destruction des immeubles gouvernementaux et de la perte des fichiers contenant toutes les données antérieures. Il faudrait faire de la recherche sur plusieurs aspects de l'industrie, dont les activités agricoles, et les systèmes de gestion des eaux et des ressources naturelles. Pour développer la capacité de recherche, il serait également nécessaire de trouver des ressources humaines capables d'exploiter et d'analyser ce type de système.

Mise en oeuvre d'un plan de reforestation :

Les forêts afghanes ont grandement souffert à cause des activités illégales d'exploitation auxquelles elles ont été soumises et de la demande locale de combustible. Actuellement, la forêt ne couvre plus que 2% de ses terres, alors que, selon toutes les normes environnementales et de conservation, elle devrait s'étaler sur au moins 5 %. Il est nécessaire que l'on intervienne à divers niveaux, et que le gouvernement, par exemple, prenne des mesures pour réduire les activités illégales et lance une campagne nationale de reforestation comportant des initiatives comme la restauration des zones forestières dégradées et la promotion d'autres alternatives au bois de chauffage et au bois d'oeuvre. On suggère également que les activités visant les bassins hydrographiques des rivières et divers programmes soient implantés à l'échelon de la collectivité.


Stratégies différentes

En plus des objectifs généraux que l'on a pu compiler auprès des diverses organisations et des gouvernements, la Banque asiatique de développement fait état de deux stratégies, aux approches différentes, que voici :

  • Faire une analyse de faisabilité de l'ouverture d'un comptoir de commercialisation apex à Kaboul afin de vendre les produits des femmes avec des étiquettes précisant leur provenance.
  • Faire la promotion des produits agricoles d'Afghanistan en mettant sur pied des partenariats de commerce équitable dans divers marchés internationaux.

Alors que le premier objectif vise une initiative dans le pays même pour commercialiser les produits des femmes rurales désavantagées, et que l'autre est d'établir des liens avec les pays développés pour créer un marché équitable des produits afghans, tous deux possèdent des similarités en ce sens qu'ils ont pour finalité de sensibiliser les gens à la précarité du niveau de vie des populations du secteur agricole d'Afghanistan.


Conclusion

Les recommandations de reconstruction du secteur agricole afghan ne sont que quelques-uns des objectifs fondamentaux des stratégies des ONG et des gouvernements vers lesquels il faudrait tendre afin de changer une industrie touchée par des années de destruction et de pratiques inadéquates. Cependant, les mesures prises actuellement en Afghanistan s'appuient sur bien davantage que les quelque dix objectifs des grandes organisations et visent des problèmes tellement complexes qu'ils ne sont, pour cette raison, pas présentés dans ce rapport.

Le redéveloppement du secteur agricole de l'Afghanistan est une chose prévisible, mais dont le succès dépend pour beaucoup de la situation économique et politique du pays. L'aide étrangère peut certes contribuer à redresser la situation, mais l'Afghanistan a besoin que son propre gouvernement et sa population agissent maintenant, et donc s'astreignent à d'importantes réformes sur le plan de la politique, de l'investissement et de l'éducation, ainsi que sur d'autres volets essentiels si l'on veut modifier le système agricole.


Références

Banque asiatique de développement : département de l'Asie du Sud, « Rebuilding Afghanistan's Agricultural Sector », avril 2003, http://www.adb.org/...

Conférence de Londres sur l'Afghanistan, « The Afghanistan Compact », 31 janvier 2006, http://www.fco.gov.uk/

« Informal Brainstorming Workshop on Food Security in Afghanistan: Strategic Issues », novembre 2000, http://siteresources.worldbank.org/

Making Agriculture and Productive Management and Sustainable Use of Natural

Resources the Engine of Socio-Economic Development in Afghanistan.

A Policy and Strategy Framework For the Rehabilitation and Development of

Agriculture and Natural Resource Sector of Afghanistan, janvier 2004, http://www.aims.org.af/

Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation d'Afghanistan, « Executive Summary of Afghanistan Agriculture Master Plan », http://www.agriculture.gov.af/