RAPPORT FINAL PRÉPARÉ POUR LE
MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DE L'ALIMENTATION ET DES AFFAIRES
RURALES DE L'ONTARIO, ET AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE CANADA
TABLE DES MATIÈRES
SECTION DEUX : LES LÉGISLATIONS NATIONALES ET DE L'UNION EUROPÉENNE
SECTION TROIS : L'IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION SUR LA TRAÇABILITÉ ET L'ÉTIQUETAGE
SECTION QUATRE : LES EXIGENCES DU MARCHÉ DU ROYAUME-UNI
SECTION CINQ : LES CONSOMMATEURS DE L'UE ET LES ALIMENTS GM
SECTION SIX : LE CLIMAT ACTUEL
ANNEXE 1 : DÉTAILS SUR LES PRINCIPAUX RÉPONDANTS DE LA PRÉSENTE ÉTUDE
ANNEXE II : POINTS DE RÉFÉRENCE ET AUTRES CONTACTS UTILES
ANNEXE III : LÉGISLATION DU ROYAUME-Uni CONCERNANT LES ALIMENTS ET LES INGRÉDIENTS GM
ANNEXE IV : ORGANISMES DE CONTRÔLE ET DE SURVEILLANCE DU ROYAUME-UNI
ANNEXE V : AUTRES RÈGLEMENTS SUR L'IMPORTATION D'ALIMENTS AU ROYAUME-UNI
ANNEXE VI : LÉGISLATION ALLEMANDE SUR LES ALIMENTS ET LES INGRÉDIENTS GM
ANNEXE VII : LÉGISLATION NÉERLANDAISE SUR LES ALIMENTS ET LES INGRÉDIENTS GM
Les acronymes qui suivent sont fréquemment utilisés tout au long du rapport :
AAC Agriculture et Agroalimentaire Canada
EUREPGAP European Retail Protocol for Good Agricultural Practices (Protocole d'un groupe de détaillants européens pour le développement de bonnes pratiques agricoles)
GM Génétiquement modifié
OGM Organisme génétiquement modifié
MGM Micro-organisme génétiquement modifié
PI Préservation de l'identité
ONG Organisation non gouvernementale
PME Petite et moyenne entreprise
Le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), conjointement avec Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), a demandé à Promar International1 d'évaluer la meilleure façon pour les exportateurs canadiens d'aliments transformés d'aborder le marché de l'Union européenne (UE), particulièrement en ce qui concerne l'approvisionnement de ce dernier en produits contenant des ingrédients génétiquement modifiés (GM).
En 2005, AAC avait déjà commandé des recherches sur les détails techniques de la réglementation de l'Union européenne relative à l'utilisation des OGM. Dans le cadre de cette étude, trois marchés cibles très importants ont été choisis : le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas, parmi lesquels le Royaume-Uni s'intéresse tout particulièrement aux exportations canadiennes d'aliments transformés.
Le mandat reposait sur les principaux points suivants :
Nous avons notamment mené des recherches documentaires à partir des principales sources d'informations reconnues en ce qui concerne la réglementation de l'Union européenne en matière d'OGM : la Commission de l'UE elle-même, les gouvernements nationaux et leurs organismes, des associations industrielles et divers groupes de pression. Nous avons aussi tenu quelques entrevues avec les principaux importateurs et entreprises de transformation de produits alimentaires de l'UE exerçant leurs activités sur les principaux marchés cibles (le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas). Ce travail a été effectué dans une large mesure en mars 2006.
Une liste des contacts qui ont été établis avec des organismes clés des secteurs public et privé figure à l'annexe I du présent document, ainsi qu'une liste des autres relations « utiles » qui ont pu être établies, soit à l'annexe II. Aucune de ces listes n'est exhaustive et, dans le cadre de la présente étude, il n'a d'ailleurs jamais été question qu'elles le soient. Les entreprises importatrices du Royaume-Uni comptent notamment diverses sociétés qui possèdent déjà une certaine expérience dans le traitement des produits agroalimentaires canadiens. Ces sociétés ont été « choisies » en collaboration avec le Haut-commissariat du Canada à Londres.
On peut résumer la position du Royaume-Uni, de l'Allemagne et des Pays-Bas à l'égard des aliments génétiquement modifiés comme suit :
Répercussions pour les exportateurs canadiens
La question des aliments transformés contenant des ingrédients GM et des cultures génétiquement modifiées reste extrêmement sensible en Europe. Les groupes de pression anti-OGM n'ont cessé de dominer le débat. En retour, leur opinion et surtout les messages négatifs qu'ils véhiculent ont largement influencé le point de vue des consommateurs. De façon générale, les tabloïds, ainsi que certains grands journaux, ont appuyé cette campagne de dénigrement par de gros titres sur ce qu'on appelle les « aliments Frankenstein » et la contamination de l'environnement.
Les principaux intervenants de la technologie des OGM s'efforcent également de regagner le terrain perdu du fait de l'approche adoptée par les premiers défenseurs des OGM – qui, dans une certaine mesure, ont ignoré les inquiétudes des consommateurs européens.
Les principaux acteurs actuels (tels que Monsanto, Bayer et Syngenta) ont eu beaucoup de mal à faire la promotion de cette nouvelle technologie sans mentionner les aspects négatifs de la chimie actuelle qui continue de servir de fondement essentiel à leurs entreprises implantées un peu partout dans le monde. Jusqu'à présent, les entrées importantes sur le marché des OGM ont concerné des caractéristiques technologiques, qui semblent bénéficier davantage aux producteurs primaires qu'aux consommateurs.
La résistance aux herbicides en est un exemple. En effet, les producteurs peuvent réduire la quantité d'herbicides qu'ils utilisent pour la production d'une culture, tout en faisant des économies. Une telle mesure permet également de réduire le nombre de résidus potentiels à la fois dans l'environnement et dans le produit final. Les consommateurs restent pourtant sceptiques quand on leur dit que les économies réalisées dans les coûts de production se répercuteront effectivement sur eux, au niveau des prix de détail. La plupart des caractéristiques qui plaisent aux consommateurs ne sont pas forcément commercialement rentables pour ceux qui financent la technologie. Par conséquent, jusqu'à présent, elles n'ont pas été au cœur des préoccupations.
Toutefois, étant donné que les consommateurs européens continuent de s'opposer aux OGM, il faut adopter une nouvelle approche. Il est désormais évident que les aliments fonctionnels, ainsi que l'amélioration des saveurs, des durées de conservation et de la valeur nutritionnelle des aliments, voire les améliorations d'ordre médical, doivent bénéficier d'une plus grande visibilité. Cela devrait aider les consommateurs à reconsidérer leur perception des OGM.
Attitudes des consommateurs
Si on se place du côté des consommateurs, on constate qu'ils connaissent souvent peu de choses quant aux pratiques agricoles modernes et aux facteurs de production primaire, et a fortiori à la transformation des aliments. Afin de pouvoir communiquer avec eux à un niveau technique et de promouvoir les avantages des OGM, il va donc falloir combler des lacunes importantes. La plupart des gros détaillants en alimentation et exploitants de services alimentaires nivellent par le bas leurs communications avec les consommateurs. Ils sont donc loin d'aborder les subtilités de la technologie des OGM. Très souvent, la grande majorité des consommateurs européens ne comprennent tout simplement pas les aspects techniques clés. Ainsi, les gros détaillants chercheront invariablement à ne pas semer le doute dans l'esprit de leurs clients en ne garnissant tout simplement pas leurs étalages de produits étiquetés OGM.
Les problèmes rencontrés par le secteur de la distribution alimentaire
À tous les niveaux de la distribution alimentaire, depuis les principaux points de vente situés dans les quartiers commerçants jusqu'aux exploitants de services alimentaires, la question des OGM ne semble pas recevoir un accueil favorable. Le marché du Royaume-Uni est actuellement gagné par un nouveau courant visant à éliminer des produits alimentaires tout ingrédient qui semble « artificiel ». En effet, on évite d'utiliser des ingrédients tels que l'amidon modifié en raison des préoccupations liées à l'idée que se font les consommateurs du terme « modifié ». C'est là le message clé qui est véhiculé sur toute la chaîne d'approvisionnement, depuis les détaillants jusqu'aux entreprises de transformation de produits alimentaires.
La cause profonde de l'inquiétude des consommateurs
À la base du débat européen sur les OGM, on trouve une pléthore d'alertes concernant la salubrité des aliments, y compris la salmonelle dans les œufs, l'ESB des bovins, le sudan-I et les dioxines dans le secteur de la volaille. Chacune de ces alertes a contribué à aggraver les inquiétudes que suscitent chez les consommateurs la production alimentaire moderne et le contrôle de la salubrité des aliments. Tous ces exemples ont fait ressortir des lacunes historiques qui entachent à la fois les procédés de production des aliments et la capacité des organismes officiels d'exercer la surveillance nécessaire et de réagir de façon appropriée à de tels incidents. Depuis ces incidents, de nombreux consommateurs ne font plus confiance au « discours officiel » et sont amenés à remettre en question les messages véhiculés.
La législation
L'Europe est inondée de lois sur le secteur agroalimentaire. Beaucoup d'entreprises agroalimentaires2 ont du mal à s'adapter et à comprendre la complexité des règles et des règlements qui touchent la production alimentaire. La responsabilité est de plus en plus reléguée vers le bas de la chaîne par les principaux détaillants et/ou exploitants de services alimentaires, qui la font ainsi peser sur les producteurs primaires. Cela leur permet, en effet, de se distancier des processus de production primaire afin de ne pas y être directement associés, bien qu'à l'autre bout de la chaîne de production cela serve aussi de base à certains détaillants pour mettre en évidence les liens étroits qu'ils entretiennent avec des producteurs qu'ils ont choisis et qu'ils connaissent :
« …notre lait? Il provient uniquement d'agriculteurs que nous connaissons… »3
Le nombre phénoménal de règles potentiellement applicables semble réellement constituer un obstacle majeur auquel sont confrontées beaucoup d'entreprises. C'est d'ailleurs devenu un domaine qui exige beaucoup d'investissements, en argent, en temps et en efforts de compréhension. Concernant la question des OGM, pour beaucoup d'entreprises, la question suivante se pose :
« …ces efforts en valent-ils la peine? »
…ou, en fait, vaut-il tout simplement mieux éviter l'ensemble du secteur des OGM? Cette question concerne aussi bien les transformateurs et les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires que ceux du reste du monde. Il s'agit d'une question importante que tout exportateur potentiel vers l'UE devrait se poser.
Les débouchés en Europe : aujourd'hui et demain
Dans ce contexte, le fabricant d'un produit alimentaire transformé contenant une trace quelconque d'ADN modifié ou de protéine modifiée qui nécessite d'être étiqueté comme tel devra batailler ferme pour qu'il soit accepté dans les principaux pays ciblés par la présente étude. Les échanges commerciaux entre les producteurs d'aliments, les transformateurs, les importateurs, les distributeurs, les détaillants et les exploitants de services alimentaires sont clairement marqués par une sensibilisation à la question de l'intégration de la technologie des OGM dans la production alimentaire, que ce soit pour les ingrédients alimentaires ou pour les micro-organismes génétiquement modifiés (MGM) associés à la transformation des aliments.
Toutefois, à ce stade-ci, personne ne va se hasarder à mettre publiquement en avant cette question problématique en risquant de provoquer une nouvelle psychose alimentaire préjudiciable sur le plan commercial. Il existe bien quelques exemples où cela a été le cas, comme pour les biscuits et les aliments pour animaux de compagnie, mais d'une façon générale, tant qu'il existera des solutions de remplacement aux ingrédients GM, les détaillants et autres acteurs des points de vente insisteront auprès de leurs fournisseurs pour qu'ils les utilisent. L'idée générale qui en ressort clairement est que le marché de l'Union européenne n'est toujours pas prêt à accueillir les produits contenant des ingrédients GM.
La situation actuelle
Qu'ils se fondent sur une réflexion rationnelle ou irrationnelle, il n'en demeure pas moins que les consommateurs européens et les principaux détaillants qui leur vendent des aliments sont aujourd'hui – et cela devrait rester le cas pendant encore un certain nombre d'années – pour la plupart réfractaires aux aliments ou aux ingrédients génétiquement modifiés.
Le débat sur les OGM
La réalité
Du point de vue des échanges commerciaux, on a de plus en plus le sentiment qu'au bout du compte, l'intégration des ingrédients GM dans la chaîne agroalimentaire sera inévitable, étant donné que la réalité du commerce mondial des denrées contenant des OGM se précise un peu partout en Europe.
Toutefois, l'Europe n'en est pas encore à ce stade et ne devrait pas l'être pendant encore de cinq à dix ans au moins.
Toutefois, ils sont également très sensibles aux prix. Le fait qu'ils puissent maintenir en vie encore longtemps leur position anti-OGM reste à voir. Tant qu'il n'existera pas une solution de remplacement aux OGM et tant que les consommateurs resteront sensibles à cette question, les détaillants éviteront les OGM. Lorsqu'il n'y aura aucune solution de remplacement disponible, ou lorsque ces solutions deviendront nettement plus chères, il sera intéressant de voir quelle position les détaillants européens adopteront.
Répercussions pour les exportateurs canadiens de produits alimentaires sur le marché de l'UE?
Les détaillants de l'UE détiennent un pouvoir et une influence énormes sur le reste de la chaîne d'approvisionnement. Seule une entreprise audacieuse, pour ne pas dire stupide, oserait les affronter directement sur une question qui a donné lieu à tant de déclarations assurées et non ambiguës.
Les détaillants les plus importants ne tiennent pas à s'engager dans le débat sur les OGM avec les ONG, craignant de s'engager dans une sorte d'« impasse ». Il en résulte que les consommateurs de l'UE gardent une image négative des avantages potentiels des aliments produits à l'aide des modifications génétiques et des risques possibles.
La plupart des fabricants de produits alimentaires suivent à la lettre la politique des détaillants. Il en résulte qu'ils ne tiennent pas à utiliser des produits et des ingrédients génétiquement modifiés lorsqu'ils traitent avec les gros acheteurs au détail. Pour prouver qu'ils respectent les normes anti-OGM applicables aux ingrédients, ils se trouvent souvent contraints de fournir une piste de vérification complète aux fins de traçabilité.
La législation peut se résumer de la façon suivante :
Il existe une contradiction dans la législation sur l'étiquetage pour ce qui est de savoir quand elle s'applique à l'étiquetage des ingrédients, additifs et enzymes dérivés de MGM. Cela permet aux entreprises qui adoptent une politique « anti-OGM » de commercialiser des produits, tout en utilisant dans les procédés de production des MGM qui respectent la loi au sens strict. Toutefois, on est encore loin d'une politique anti-OGM pour les consommateurs qui souhaitent éviter tous les produits dérivés d'OGM.
Tous les exportateurs canadiens qui cherchent à cibler les marchés de l'UE et, en particulier, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas, et à y faire entrer des produits contenant des ingrédients GM, disposent de quatre options qu'on peut résumer comme suit :
La dernière option consiste pour les entreprises canadiennes à établir des liens solides avec le marché d'importation des aliments et de l'alimentation au détail et/ou des services alimentaires de l'Union européenne pendant un certain temps; autrement dit, « jouer leurs cartes en fonction du long terme ».
Quels que soient le secteur et le marché ciblés en Union européenne...
Les exportateurs canadiens de produits alimentaires ont besoin de faire voir leurs produits aux acheteurs européens potentiels : souvent, le fait de contacter directement les plus gros détaillants est plutôt mal venu. Le premier point de contact sera souvent le principal importateur qui s'occupe de la distribution dans les supermarchés et/ou le principal exploitant de services alimentaires.
La présence aux salons commerciaux d'envergure nationale et internationale est indispensable pour sensibiliser les gens et fournir un cadre de discussion sur les futures stratégies de pénétration du marché. Ces salons sont souvent de plus en plus propres à un secteur et, de ce fait, ils se tiennent à des endroits très variés.
Il est intéressant de noter le commentaire d'un importateur britannique concernant l'organisation de ces événements :
« …beaucoup de représentants d'entreprises internationales, et pas seulement les représentants canadiens, se contentent de se présenter aux salons commerciaux et s'attendent à ce que les acheteurs apparaissent à leur kiosque comme par enchantement. En affaires, les acheteurs britanniques ne procèdent pas ainsi. Ils prennent rendez-vous et souvent, un ou deux acheteurs seulement seront chargés de faire du "lèche-vitrines" auprès de tous les kiosques au nom de leur entreprise… ».
Le message est clair : faites d'abord vos recherches, planifiez vos déplacements, invitez les clients potentiels à votre kiosque et fixez-leur des rendez-vous afin de vous assurer d'accorder du temps à chacun d'eux, plutôt que de compter sur des rencontres au hasard.
Afin d'instaurer de bonnes relations d'affaires entre les fabricants et les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires et les marchés de l'UE, particulièrement celui du Royaume-Uni, les entreprises canadiennes doivent également rester pleinement attentives aux préoccupations liées aux OGM. On peut d'ailleurs citer un importateur britannique de premier rang sur cette question :
« …Les transformateurs canadiens doivent adapter leurs compétences aux besoins du marché européen. Ils ne devraient pas et ne doivent pas investir du temps et de l'argent dans la transformation d'un nouveau produit alimentaire si le marché n'est pas réceptif à ce produit… »
Les commerces de détail et/ou les entreprises de services alimentaires auront du mal à réaliser des ventes importantes de tout produit issu d'une source d'approvisionnement qui contient des ingrédients GM à court et à moyen terme. La mise en place d'un partenariat commercial de quelque niveau que ce soit avec un important détaillant et/ou exploitant de services alimentaires ne se fait pas en un jour. Il faut investir du temps pour laisser la confiance s'installer et développer des relations solides fondées sur un bilan de livraisons inspirant la confiance mutuelle et favorisant l'engagement. La majorité des plus gros commerces de détail et des grandes entreprises de services alimentaires ont un système de classement de leurs fournisseurs, encore une fois peu importe la source ou le produit.
Ce n'est que lorsqu'on atteint une certaine norme par rapport à un ensemble de critères qu'on peut s'attendre à des volumes de ventes conséquents. Ces critères peuvent inclure la continuité des approvisionnements, la qualité, la capacité de faire face aux demandes accrues, le respect des délais de livraison, etc. Il faut aussi pouvoir fournir un ensemble de données techniques pertinentes sur la nature de l'activité de production et de transformation, les délais d'exécution et les personnes responsables.
Les fabricants et les exportateurs canadiens se montrent très intéressés à faire du commerce avec les principales entreprises européennes de services alimentaires : ceux qui démontreront qu'ils comprennent la nature des activités des clients et qu'ils répondent à toutes les prescriptions techniques et commerciales, ont la possibilité d'instaurer des relations commerciales régulières, relativement stables et potentiellement lucratives. Toutefois, les entreprises canadiennes qui font partie de la catégorie des PME et/ou des nouveaux exportateurs vers l'UE auront vite fait de constater que les procédures commerciales et administratives rigoureuses des gros détaillants européens sont :
Pour les PME canadiennes et/ou les nouveaux exportateurs vers l'UE, il vaudrait mieux au départ s'attacher à établir des partenariats commerciaux avec des acteurs moins importants des secteurs du commerce de détail et/ou des services alimentaires. Cela leur permettra de se familiariser avec le marché avant d'entamer le dialogue avec les acteurs plus importants des points de vente et leurs importateurs/distributeurs attitrés.
Lorsqu'une entreprise vient d'une région du monde qui est connue pour produire des ingrédients GM, une politique anti-OGM comportant des mesures contre les OGM nécessitera un système de traçabilité plus complexe afin d'apporter la preuve que la réglementation est respectée. Le Canada est un bon exemple, du fait du large éventail d'ingrédients qui sont dérivés du soja et du maïs, ou qui sont utilisés comme substrats de fermentation à partir desquels les ingrédients sont fabriqués. Toute entreprise alimentaire de l'UE qui envisage d'importer des produits en provenance du Canada devra être totalement convaincue de l'existence de pistes de vérification très complètes afin de s'assurer de la pureté des échantillons exempts d'OGM. Tout cela viendra s'ajouter aux coûts de marketing. Cela devrait être un élément essentiel à prendre en considération pour toute entreprise alimentaire canadienne qui souhaite exporter des produits sur le marché de l'UE.
En conclusion…
Compte tenu de tout ce qui précède, il faut beaucoup d'audace à une entreprise canadienne qui cherche à distribuer un produit alimentaire génétiquement modifié ou un produit qui contient des ingrédients GM pour percer le marché de l'UE. On compte quelques cas isolés de réussite, mais il s'agit vraiment d'exceptions qui ne constituent pas la règle. Cela devrait devenir (davantage) possible dans le futur.
Toutefois, ce moment n'arrivera pas, semble-t-il, avant au moins cinq à dix ans. Pour que cela se concrétise, il faudra un profond changement de mentalité de la part de tous les acteurs de la chaîne d'approvisionnement alimentaire de l'UE, en particulier parmi les tout-puissants détaillants en alimentation, ainsi qu'une modification considérable de l'opinion des consommateurs.
L'introduction des aliments et des ingrédients génétiquement modifiés dans la chaîne d'approvisionnement fait partie des plus grandes controverses qui ont touché le secteur agroalimentaire européen ces dix à quinze dernières années. Elle a conduit à l'adoption d'une réglementation plus stricte en matière d'approbation et d'étiquetage des aliments génétiquement modifiés, et a déclenché un débat mondial qui, sur la seule question de savoir jusqu'à quel point la fabrication et la consommation des aliments génétiquement modifiés sont sans danger, reste extrêmement passionné. Cependant, le contexte réglementaire commence à changer et certains produits génétiquement modifiés sont désormais autorisés par la Commission européenne.
Les deux règlements clés de la législation européenne sur les denrées alimentaires, les aliments pour animaux et les ingrédients génétiquement modifiés sont les suivants :
Il existe aussi d'autres textes qui concernent les sujets suivants :
L'Union européenne a mis en place un cadre juridique pour réglementer l'approbation et la commercialisation des denrées alimentaires et des aliments pour animaux contenant des OGM. Les règlements de la Commission européenne les plus récents sont entrés en vigueur avec force de loi en avril 2004. Leurs principales caractéristiques sont les suivantes :
L'utilisation des OGM nécessite l'obtention d'une autorisation dans les cas suivants :
Les additifs issus de modifications génétiques utilisés dans l'alimentation et dans les aliments pour animaux, comme les colorants, les aromatisants et les émulsifiants tombent dans le champ d'application du règlement (Règlement CE 1829/2003).
Le Règlement instaure deux seuils pour lesquels l'étiquetage et la traçabilité ne sont pas exigés en cas de présence adventice (accidentelle et inévitable d'un point de vue technique) de matière génétiquement modifiée dans les produits alimentaires ou les aliments pour animaux non-GM. Ces deux seuils sont fixés à 0,9 % pour les variétés approuvées d'OGM et à 0,5 % pour les variétés non approuvées qui ont fait l'objet d'une évaluation favorable de la part d'un comité scientifique de la Commission européenne. Ce second seuil est valable jusqu'en avril 2007.
L'utilisation intentionnelle d'ingrédients GM à quelque niveau que ce soit doit faire l'objet d'un étiquetage. Il existe toutefois des cas où l'étiquetage des OGM n'est pas obligatoire. Ces cas sont énumérés dans le tableau 1 ci-dessous.
| Produits nécessitant un étiquetage en matière d'OGM | Produits dispensés d'étiquetage en matière d'OGM |
|---|---|
|
|
La législation principale relative à ces questions peut se résumer comme suit :
Le Règlement sur la traçabilité et l'étiquetage des OGM CE 1830/2003 : il instaure un système harmonisé au sein de l'UE concernant les documents exigés pour identifier les produits génétiquement modifiés d'un bout à l'autre de la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Cette réglementation vise à faciliter un étiquetage précis en conformité avec le Règlement CE 1829/2003 sur la traçabilité et l'étiquetage des OGM.
On a créé un système de codes d'identification uniques afin d'autoriser l'accès à des informations précises sur les OGM approuvés pour une utilisation commerciale (y compris à des fins de plantation ou dans les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux). Cette mesure vise à éliminer toute confusion due aux réglementations qui varient d'un pays à l'autre en donnant les mêmes informations pour une même culture transgénique qui porte différents noms (voir le Règlement CE 65/2004 pour plus de détails).
Les codes d'identification uniques sont seulement obligatoires dans les documents relatifs à la traçabilité et à l'étiquetage des produits constitués d'OGM ou contenant des OGM (p. ex., les fèves de soja). Toutefois, ils ne sont pas obligatoires pour ce qui est de la traçabilité et de l'étiquetage des produits alimentaires et aliments pour animaux obtenus à partir d'OGM (p. ex., l'huile de colza/canola, l'alimentation pour animaux à base de gluten de maïs, la lécithine de soja).
Pour les produits constitués d'OGM ou contenant des OGM, des documents écrits sont exigés à toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement dans lesquels il faut :
Pour les denrées alimentaires et les aliments pour le bétail produits à partir d'OGM, les documents écrits doivent être transmis à l'entreprise qui reçoit le produit dans la chaîne agroalimentaire. Pour chaque transaction, le document doit :
Pour les produits préemballés constitués d'OGM ou contenant des OGM, l'un des libellés suivants :
« …Ce produit contient des organismes génétiquement modifiés. » ou « Ce produit contient [nom(s) du/des organisme(s) génétiquement modifié(s)]. »
- devra obligatoirement figurer sur l'étiquette. Dans le cas d'un produit non préemballé, le libellé doit figurer sur l'étalage ou accompagner les produits présentés au consommateur final.
Les entreprises de la chaîne d'approvisionnement doivent impérativement :
L'étiquetage des aliments GM est aussi couvert par le Règlement sur les aliments nouveaux CE 259/97. Ce point est abordé de façon plus détaillée au paragraphe 2.4. On peut aussi obtenir des détails supplémentaires sur la réglementation en matière d'OGM sur le site suivant : www.europa.eu.int .
Parmi les autres règlements qui s'appliquent aux OGM, on peut citer :
Les denrées alimentaires et les aliments pour animaux produits à partir d'OGM, ou contenant des OGM, doivent aussi respecter les règlements de l'Union européenne applicables aux denrées alimentaires et aux aliments pour animaux en général. Encore une fois, on peut obtenir des détails supplémentaires en consultant le site suivant : www.europa.eu.int.
Les progrès réalisés au chapitre de la science et de la technologie ont ouvert la voie aux aliments nouveaux qui arrivent régulièrement sur le marché international. L'Europe du Nord ne fait pas exception. Afin que ces produits puissent être commercialisés, ils doivent respecter les règlements correspondants applicables en matière d'évaluation de la salubrité. En 1997, un règlement de l'UE, connu sous de nom de Règlement 258/97 est entré en vigueur. Il couvrait tous les aliments qui étaient considérés comme « nouveaux » dans l'alimentation humaine, ainsi que les méthodes de transformation novatrices, y compris les OGM. Depuis l'adoption des Règlements 1829/2003 et 1830/2004, le Règlement 258/97 a cessé de s'appliquer aux aliments génétiquement modifiés.
En vertu de la loi, le Royaume-Uni doit respecter les règlements établis par l'UE, à savoir le Règlement CE 1829/2003 sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés et le Règlement CE 1830/2003 sur la traçabilité et l'étiquetage. L'objectif principal de ces règlements est de protéger la santé humaine et l'environnement, ce qui s'applique à tous les OGM.
Au Royaume-Uni, les dispositions du Règlement 1829/2003 sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés ont fait l'objet d'une législation particulière dans chaque entité territoriale (c.-à-d. l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande du Nord et le pays de Galles). Les textes réglementaires ont été rédigés de manière à conférer les pouvoirs d'exécution nécessaires et ils prévoient des sanctions en cas de non-respect des règlements de la Commission européenne 1829/2003 et 1830/2003.
Pour l'Angleterre, il s'agit des textes suivants :
Le gouvernement du Royaume-Uni et les administrations dotées de compétences propres situées en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord ont tous mis en œuvre des mesures conjointes d'évaluation des demandes de dissémination d'OGM. Les principales consultations font intervenir :
La dissémination d'un OGM ne sera autorisée que si elle a été approuvée par la Commission européenne. Si celle-ci approuve la dissémination d'un OGM, le Royaume-Uni et les autres pays de l'Union européenne seront contraints de violer la loi de l'Union européenne pour interdire cet OGM.
Les produits GM doivent aussi respecter les autres procédures réglementaires s'appliquant aux autres usages commerciaux de produits similaires, que leur production soit ou non liée aux OGM. Par exemple, la culture de nouvelles variétés d'espèces végétales ne sera autorisée qu'une fois qu'elles auront été ajoutées à la UK National List (Liste nationale du Royaume-Uni) ou au European Common Catalogue (Catalogue commun européen, Directive 2001/18/CE). En bout de ligne, une série d'essais et de tests doit démontrer que les variétés GM et non-GM sont distinctes, uniformes et stables et que leur culture et leur utilisation au Royaume-Uni présentent un intérêt.
La procédure d'examen d'une demande concernant l'utilisation d'ingrédients GM est illustrée à la figure 1.
L'annexe III donne un résumé de la législation du Royaume-Uni sur l'utilisation des aliments et des ingrédients GM.
Figure 1 : Procédure du Royaume-Uni applicable aux demandes d'utilisation d'ingrédients GM

Seule une minorité de variétés de soja et de maïs (et de leurs dérivés) utilisées dans l'Union européenne doivent être certifiées non-GM. Cette exigence concerne principalement le secteur de la production d'aliments destinés directement à la consommation humaine, avec en plus quelques exigences relatives à la pénétration du marché pour les ingrédients protéinés non-GM utilisés dans l'alimentation pour animaux (dans certains États membres seulement, et principalement pour la volaille et les œufs frais).
On estime que l'exigence relative aux produits certifiés non-GM s'applique à moins de 15 % de la consommation de soja et à moins de 25 % de la consommation de maïs dans l'UE.
Les écarts de prix actuels entre les produits GM et les produits exempts d'OGM pour le soja sont les suivants :
L'écart de prix pour le maïs est compris entre 0 et 2 %.
En vertu de la législation sur l'étiquetage antérieure à 2004, l'apposition ostensible de libellés sélectifs « non-GM » permettaient la mise en place de toute une gamme de mesures anti-OGM. Il fallait examiner minutieusement les politiques pour déterminer l'étendue des pratiques commerciales individuelles, mais en pratique, une politique « anti-OGM » pouvait se traduire par la fourniture de produits qu'on avait sélectionnés et/ou formulés afin de remplir un ou plusieurs des critères suivants, à savoir :
S'agissant des produits raffinés tels que l'huile de soja, pour lesquels il est impossible de détecter les protéines ou l'ADN GM, les mesures se répartissaient en deux catégories. Certains fabricants d'aliments exigeaient que leurs fournisseurs utilisent des matières premières non dérivées de manipulations génétiques (cette politique s'appliquait à l'usage de l'huile de soja dans la plupart des produits alimentaires à étiquetage exclusif de certains grands détaillants européens, tels que l'huile de cuisson ou la margarine). Dans d'autres cas, les transformateurs d'aliments et les détaillants européens continuaient à utiliser certains ingrédients obtenus à partir de cultures ou de micro-organismes génétiquement modifiés, mais ne mentionnaient pas leur présence sur les étiquettes, parce que la loi les en exemptait.
Exemples d'exemptions (expliquées de façon plus détaillée dans le tableau 1 et la figure 2)
Avant avril 2004, ces procédures ne portaient pas atteinte à l'intégrité des entreprises qui affichaient publiquement une politique « non-GM », par laquelle elles montraient (ou qui pouvait s'interpréter comme telle) leur engagement à l'égard de la « nécessité de respecter les prescriptions légales en matière d'étiquetage ». Cependant, on ignore jusqu'à quel point le consommateur moyen est sensibilisé à ces distinctions, les comprend ou les accepte.
Lorsque l'adoption de ces politiques « d'évitement des OGM » entraînait des coûts additionnels dans la chaîne d'approvisionnement (ou, encore plus important, l'impossibilité d'utiliser des matières de remplacement moins coûteuses), les répercussions se faisaient sentir tout au long de la chaîne d'approvisionnement jusqu'au secteur du commerce de détail.
Depuis avril 2004, les entreprises de la chaîne d'approvisionnement souhaitant fonctionner selon des politiques « d'évitement des OGM » ont dû s'adapter aux changements importants apportés à la définition légale des produits qui tombent dans le champ d'application des exigences de traçabilité et d'étiquetage, comme les produits dérivés de manipulations génétiques. Cela nécessite :
Sans doute pour reconnaître le champ d'application très large de la nouvelle législation et ses répercussions potentielles sur le commerce international, on a essayé (à la fin de l'élaboration du projet de loi) d'établir une distinction entre les matières « produites à partir d'OGM » et les matières « produites avec des OGM ». Cela voudrait dire que les produits qui sont considérés comme ayant été produits par fermentation, ainsi que l'utilisation des « agents technologiques » dérivés d'OGM qui y sont associés seraient exemptés de l'exigence d'étiquetage.
Toutefois, cette distinction n'a pas été intégrée officiellement aux articles du Règlement et, il en résulte que les exigences précises liées au statut d'OGM des matières dérivées de la fermentation restent légalement floues, malgré le fait que la Commission européenne et les groupes d'experts du Comité permanent ont publié leurs opinions à ce sujet.
La réunion du Comité permanent de la santé animale et de la chaîne agroalimentaire de juin 2004 n'a pas permis de déboucher sur un accord. Toutefois, lors de discussions ultérieures en septembre 2004, un large consensus, mais non l'unanimité, a pu être atteint sur le fait que les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (y compris les ingrédients tels que les additifs, les aromatisants et les vitamines) produits par la fermentation et utilisant un MGM sont :
En ce qui concerne les dérivés directs de cultures, ils englobent les matières suivantes :
Qu'est-ce que cela signifie pour la chaîne d'approvisionnement canadienne?
Les principaux problèmes auxquels se heurtent la chaîne d'approvisionnement, là où des stratégies « d'évitement des OGM » ont été adoptées, sont liés à l'obligation d'assurer la complète traçabilité des ingrédients des produits et des processus de fabrication. Cela comprend aussi la question de savoir si le produit est fabriqué à partir d'ingrédients qui sont, soit directement liés à la technologie des modifications génétiques, soit dérivés de cette technologie, soit associés à la technologie des MGM.
Autrement dit, à toutes les étapes du processus de fabrication, les fournisseurs doivent avoir des processus de vérification éprouvés des spécifications des ingrédients et ils doivent entretenir des relations de confiance avec les intervenants de chacune des étapes de la chaîne d'approvisionnement. L'accent sera mis sur la capacité des fabricants et des exportateurs canadiens de prouver qu'ils respectent les règles d'évitement des OGM. Les principaux détaillants et/ou exploitants de services alimentaires exigent de plus en plus que leurs fournisseurs effectuent une vérification à rebours coûteuse afin de prouver leur conformité.
La complexité des prescriptions légales en matière d'étiquetage qu'impose la législation de l'UE applicable au secteur alimentaire, en particulier dans le domaine des produits alimentaires génétiquement modifiés, ne doit pas être sous-estimée. Par exemple, les règlements officiels n'exigent pas expressément des pays tiers qu'ils retracent les produits (mais, le législateur demande, en fait, à celui que la législation désigne sous le nom de « dernier manipulateur » de le faire). Ainsi, il s'agit davantage d'une exigence commerciale des importateurs et des principaux détaillants et/ou exploitants de services alimentaires. Toutefois, le fait pour les entreprises canadiennes de ne pas mettre un tel système en place serait en soi porteur d'un mauvais message pour le marché alimentaire de l'Union européenne et équivaudrait à prendre un « raccourci ».
Pour un négociant international expérimenté dans les produits agroalimentaires, tout cela pourrait poser moins problème. En revanche, pour les nouveaux exportateurs et/ou les PME, compte tenu des inévitables contraintes de ressources auxquelles ils doivent généralement faire face, ces prescriptions constituent un obstacle majeur à surmonter lors de leur entrée sur le marché de l'UE.
Enfin, il est essentiel d'utiliser le terme qui convient, permettant de déterminer si un produit est « exempt d'OGM » ou « non-GM ». Il faut également savoir dans quelle proportion un produit (canadien) est constitué d'ingrédients GM, en termes d'exposition au risque, à la fois du point de vue financier (gestion des vérifications, etc.) et du point de vue de la capacité ultérieure à modifier les ingrédients si cela s'avère nécessaire pour se conformer à la législation de l'UE.
Les exigences que doivent respecter les transformateurs de produits agroalimentaires canadiens pour réussir à exporter leurs produits au Royaume-Uni entrent dans deux catégories : les aspects juridiques et les aspects commerciaux. Ces deux aspects doivent être pris en compte en parallèle si les exportateurs canadiens intéressés par le marché britannique veulent remplir toutes les exigences commerciales.
La législation européenne : fait partie intégrante du commerce au Royaume-Uni. Elle porte sur ce qu'il est permis et sur ce qu'il est interdit de faire dans le domaine des produits et des ingrédients alimentaires (voir Section deux).
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA, European Food Safety Authority) : elle collabore avec l'UE et les législateurs des pays membres en donnant des avis scientifiques indépendants qui viennent appuyer la législation et les politiques de l'UE liées à la salubrité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux.
La législation nationale : elle correspond à la réponse des pays membres pour prendre en compte la législation de l'UE et les autres directives qui s'ajoutent à la politique de l'UE.
La Food Standards Agency (FSA, le Bureau des normes alimentaires) : il s'agit d'un organisme gouvernemental indépendant du Royaume-Uni ouvertement axé sur la salubrité des aliments, qui veille au respect national de la législation de l'UE et du Royaume-Uni touchant les aliments.
Les Trading Standards Departments (directions régionales de la protection des consommateurs) : ils agissent en fait comme des organismes locaux régionaux du gouvernement. Ils informent les entreprises et effectuent régulièrement des visites dans les locaux de transformation des aliments, afin de s'assurer que la législation est bien respectée concernant un ensemble de paramètres, et plus particulièrement ceux qui suivent :
Le Home Authority Principle (le principe de l'autorité locale) : il fonctionne sur l'ensemble du territoire du Royaume-Uni et détermine quel bureau régional est chargé de faire appliquer dans la région en question les dispositions relatives aux produits et services.
Les laboratoires accrédités : ils fournissent des services à la fois aux Trading Standards Departments et aux entreprises du secteur privé en analysant les échantillons d'ingrédients ou d'aliments et en vérifiant s'ils satisfont aux exigences.
Que devrait faire une entreprise canadienne?
La législation de l'UE et du Royaume-Uni, que doit respecter tout transformateur et/ou exportateur de produits agroalimentaires canadien pour entrer sur le marché de l'UE, est extrêmement abondante. Se conformer à cette législation est un incontournable avant toute entente commerciale avec les importateurs, les distributeurs, les détaillants et les exploitants des services alimentaires.
Essayer de comprendre cette législation dans le moindre de ses détails de ce côté de l'océan est un processus extrêmement long et complexe. Certains des organismes qui contribuent à donner forme à cette législation, comme la EFSA et la FSA au Royaume-Uni, ont coutume de négocier avec d'autres organismes gouvernementaux ou avec des associations commerciales chefs de file au nom de leurs membres, plutôt qu'avec les entreprises directement.
Toute entreprise canadienne qui cible le marché du Royaume-Uni devrait idéalement établir un premier contact avec des laboratoires alimentaires accrédités pour réaliser toute une série de tests sur les produits alimentaires. Ces tests sont effectués sur les aliments produits au Royaume-Uni et ailleurs dans l'UE, ainsi que sur ceux qui proviennent de fournisseurs de pays tiers. Ils permettent aux exportateurs canadiens potentiels d'obtenir des conseils et des directives sur tous les aspects des exigences légales à satisfaire pour faire du commerce au Royaume-Uni, et en règle générale, ces laboratoires ont l'habitude de travailler avec des exploitants de PME.
Plus de détails sur les organismes et les sociétés qui peuvent aider les transformateurs et les exportateurs canadiens à cet égard sont présentés à l'annexe IV.
Des associations commerciales ont également lancé des initiatives afin d'assurer des normes de production plus élevées, depuis la production primaire des aliments jusqu'au produit alimentaire final.

L'Initiative mondiale pour la sécurité des aliments : il s'agit d'une mesure de facilitation du commerce mondial visant à harmoniser les normes à l'échelle internationale et à assurer la clarté des communications sur les activités liées au secteur alimentaire.
Le Consortium britannique du commerce de détail (British Retail Consortium, BRC) : la plus importante association du commerce de détail du Royaume-Uni. Il a pour mission de conseiller le gouvernement sur les enjeux politiques qui touchent ses membres. Les normes établies par le BRC sont aujourd'hui reconnues comme des « normes de pratiques exemplaires » dans l'ensemble de la chaîne agroalimentaire. Le BRC et la Fédération des aliments et boissons (Food and Drink Federation, FDF)7 ont établi une norme pour la PI des ingrédients GM qui s'appelle la norme des aliments non-GM du BRC/de la FDF.
Les normes EUREPGAP/normes d'assurance de la qualité des produits agricoles : sont un modèle de référence mondial dans les divers secteurs de production primaire. EUREPGAP a son siège en Allemagne. Sa formation a été largement facilitée par le regroupement des plus gros détaillants de l'Union européenne, d'acteurs commerciaux importants, en particulier dans le commerce des fruits et des légumes frais à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE8, et d'entreprises des sciences de la vie, comme Bayer et Syngenta. EUREPGAP couvre désormais l'ensemble des activités de la chaîne d'approvisionnement.
En revanche, le Assured Farm Standards Scheme (AFS, Bureau des normes d'assurance de la qualité des produits agricoles) a largement été influencé par le syndicat national des agriculteurs du Royaume-Uni pour répondre au besoin de programmes d'assurance de la qualité plus clairs, exprimé par les détaillants et les consommateurs. Il couvre la plupart des secteurs de la production agricole primaire et jouit d'un fort niveau d'adhésion (p. ex., dans le secteur horticole britannique, près de 75 % de la production s'effectue sous l'égide de l'AFS).
Le United Kingdom Accreditation Scheme (UKAS, Bureau d'accréditation britannique) : l'unique organisme d'accréditation approuvé par le gouvernement reconnu pour ses évaluations basées sur des normes internationales. L'UKAS a le pouvoir de nommer d'autres organismes approuvés aux fins de certification, de vérification et/ou de consultation sur les questions relatives à la salubrité et la traçabilité des aliments.
Les disciplines particulières des détaillants s'ajoutent aux exigences de base
La plupart des détaillants britanniques ont formulé des déclarations fermes et non ambiguës concernant l'utilisation des aliments et ingrédients génétiquement modifiés, en particulier dans leurs produits de marque propre. Les détaillants les plus importants, dont Tesco et Sainsbury's, ont introduit leur propre gamme de produits alimentaires comme les produits « Finest » (produits de qualité) de Tesco et/ou la gamme « Taste the difference » (Goûtez la différence) de Sainsbury's, afin de se différencier sur le marché hautement concurrentiel. Les fournisseurs de ces produits devront donc respecter les protocoles propres à ces sociétés, tout en se conformant aux normes établies par des organismes comme le BRC et/ou EUREPGAP.
L'obligation pour une seule entreprise alimentaire de respecter plusieurs protocoles différents au niveau de l'activité de détail en plus des règles applicables à l'ensemble de l'industrie, comme celles du BRC et de l'AFS, constitue une lourde charge, en particulier pour les PME. Toutefois, en raison de la position dominante qu'occupent les détaillants sur le marché alimentaire britannique, cela entre dans le coût incontournable « d'être en affaires ». La rationalisation de la chaîne d'approvisionnement a permis de réduire en partie cette charge, car beaucoup d'entreprises alimentaires font maintenant principalement affaire avec un, deux ou trois gros détaillants seulement.
Comme dans le cas des prescriptions légales à respecter dans le commerce avec la Royaume-Uni, pour beaucoup d'entreprises individuelles agroalimentaires canadiennes il n'est pas pratique, conseillé, souhaitable, voire nécessaire d'entamer le dialogue avec les responsables d'initiatives comme l'Initiative mondiale pour la salubrité des aliments. Il est plus pratique pour elles de chercher à obtenir au départ l'accréditation du BRC ou d'essayer de démontrer qu'elles respectent les normes EUREPGAP. En agissant de la sorte, les entreprises canadiennes montreraient aux acheteurs britanniques de la chaîne d'approvisionnement qu'elles possèdent le niveau d'expertise technique requis et afficheraient clairement leurs intentions. Afin d'obtenir ce type d'accréditation, les entreprises agroalimentaires canadiennes devraient s'efforcer d'établir des contacts et de développer de solides rapports avec les entreprises qui peuvent leur apporter ce type d'aide.
La figure 2 résume les prescriptions de l'Union européenne en matière d'étiquetage.
Quelques-unes des entreprises types capables d'apporter cette aide au Royaume-Uni sont énumérées à l'annexe IV du présent document. Cette annexe donne aussi un résumé des exigences plus « commerciales » à respecter pour faire du commerce sur le marché de l'alimentation du Royaume-Uni.
Figure 2 : Exemples de prescriptions européennes en matière d'étiquetage des OGM


Comme nous l'avons déjà dit, le consommateur européen « moyen » a une compréhension limitée des procédés modernes de production des aliments9. Il est donc difficile de mesurer la réceptivité des consommateurs à l'égard des nouvelles technologies tant qu'ils ne seront pas parfaitement informés sur le sujet. Les récentes psychoses alimentaires telles que l'ESB et le sudan-I ont malheureusement aggravé les inquiétudes des consommateurs concernant les ingrédients alimentaires et elles sont responsables de leur manque de confiance à l'égard des organismes officiels qui réglementent et contrôlent la salubrité des aliments. La façon dont le gouvernement a géré ces problèmes ne les a pas vraiment rassurés.
Toutefois, ce sont les attitudes du public et la réaction des consommateurs qui, en fin de compte, détermineront la viabilité de la biotechnologie et de l'utilisation des ingrédients ou des aliments GM à long terme. L'examen des attitudes des consommateurs représente donc une partie importante de toute étude sur la réceptivité des consommateurs à l'égard des ingrédients et des aliments GM, mais il n'est en aucune façon le seul élément d'analyse.
Les comportements des consommateurs, qui sont souvent forgés sur leur culture, leur milieu social et leurs expériences, varient considérablement d'un consommateur à l'autre, comme on pouvait s'y attendre. Il existe par exemple des différences notables entre les comportements des consommateurs américains comparativement à ceux des consommateurs européens. On trouvera une description de ces comportements dans le tableau 2 qui suit.
| Consommateurs américains | Consommateurs européens |
|---|---|
|
|
Sources : Choices, American Agricultural Economics Association
Certains analystes remettent en question la robustesse des méthodes d'échantillonnage adoptées dans certaines études de consommation concernant les OGM menées au sein de l'UE. De plus, on ne sait pas avec certitude jusqu'à quel point le consommateur moyen comprend véritablement les questions complexes liées à la production alimentaire moderne, et a fortiori aux OGM.
Toutefois, il ne fait aucun doute que dans la réalité, les consommateurs n'ont pas mordu à l'hameçon en ce qui concerne les OGM et que le débat sur les OGM suscite dans son ensemble de nombreuses inquiétudes. Forts de cette évidence, les principaux détaillants et/ou exploitants de services alimentaires n'ont pas suffisamment confiance pour prendre le risque de « se mouiller » individuellement, voire collectivement, en exposant des arguments en faveur des OGM aux consommateurs.
Le UK Institute of Grocery Distribution (IGD)10 a mené une étude de consommation en 2003 dont les principaux résultats sont résumés dans le tableau 3 ci-après.
| Raisons à l'appui des OGM | Raisons de s'opposer aux OGM |
|---|---|
|
|
L'étude de consommation de l'IGD montre également que les OGM influent peu sur les habitudes d'achat de la majorité des consommateurs, comme l'illustre la figure 3.
Figure 3 : Répercussions des OGM sur les habitudes d'achat des consommateurs

Répercussions pour les fabricants et les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires
En 2003, dans le cadre de sa participation au débat public lancé par le gouvernement sur les aliments GM, la Food Safety Agency (FSA) du Royaume-Uni a procédé à un sondage indépendant auprès des consommateurs afin d'obtenir leur avis sur l'acceptabilité des aliments GM et de déterminer dans quelle mesure leur opinion influence leurs choix en matière de consommation. Un ensemble de données, à la fois qualitatives (20 groupes) et quantitatives (3 000 consommateurs interrogés sur une période de trois ans), a été recueilli.
Principales conclusions de cette évaluation
Source : Contribution de la FSA au débat public, Opinions des consommateurs à l'égard des aliments génétiquement modifiés, 2003
Répercussions pour les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires?
Dans le contexte actuel, toute entreprise qui déciderait de lancer, sur le marché du Royaume-Uni, un produit alimentaire contenant manifestement des ingrédients GM s'engagerait dans une stratégie très risquée. Les attitudes commencent toutefois à changer. Les OGM deviendront de mieux en mieux acceptés, mais au Royaume-Uni et dans l'UE, il est clair que nous n'en sommes pas encore là, et il se pourrait bien que nous n'y parvenions pas avant cinq à dix ans.
La question des OGM est considérée comme l'un des enjeux les plus problématiques du secteur agroalimentaire de l'UE et le débat continue de prendre de l'ampleur. Du coup, tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire de l'UE ont été forcés de réagir, par suite de l'aggravation des tensions suscitées par les questions de réglementation et de traçabilité, outre les implications morales et éthiques liées au fait de soutenir les OGM.
À long terme, quelles que soient les orientations des gouvernements, le marché influencera le processus de prise de décisions. Toutefois, les actions des pouvoirs publics peuvent clairement jouer un rôle et donner le ton aux événements qui pourraient se produire à l'avenir. On peut résumer la position des gouvernements britannique, néerlandais et allemand concernant l'utilisation de la technologie des OGM dans la production agricole et alimentaire comme suit :
On trouve un résumé de la législation relative à l'utilisation des aliments et des ingrédients GM sur les marchés allemand et néerlandais aux annexes VI et VII, respectivement.
Qu'est ce que cela signifie vraiment pour les fabricants et les exportateurs canadiens?
Pour le moment, les gouvernements des États membres refusent de prendre position : ils ne veulent pas rater leur chance et/ou se laisser distancer par le reste du monde si les OGM finissent par être plus largement adoptés. Ils seraient clairement ennuyés si la production agricole et alimentaire de l'UE commençait à pâtir de la compétitivité internationale par rapport aux principaux autres producteurs qui auront choisi d'adopter d'emblée la technologie des OGM.
Toutefois, ils sont aussi parfaitement conscients que de mettre trop de zèle à adopter la technologie des OGM risque de susciter un très vif rejet de la part des consommateurs. La classe politique est beaucoup plus à l'aise avec son utilisation dans d'autres domaines de la science, comme celui de la médecine, que dans celui de l'agriculture et des aliments.
Au Royaume-Uni, les groupes de pression anti-OGM qui s'attaquent aux essais officiels de cultures transgéniques affichent très ouvertement leur opposition, mais leurs idées et leurs tactiques extrêmes ne sont vraisemblablement pas totalement représentatives de l'opinion des consommateurs. Ils constituent cependant une « pâture médiatique » idéale. Ce sont ces images (comme on le voit ci-dessous) qui ont fait la une des journaux, et elles n'ont rien à voir avec d'éventuelles économies qui pourraient être réalisées sur les intrants de culture.

Comme nous l'avons déjà dit, dans de nombreux marchés de l'UE, les consommateurs ont acquis une grande confiance envers les détaillants et les produits qui portent leurs marques. Et dans certains cas, les détaillants sont considérés comme les « défenseurs de l'intérêt des consommateurs », notamment en ce qui touche les problèmes liés à la salubrité des aliments. En ce qui concerne les OGM, la plupart des détaillants en alimentation ont réagi aux inquiétudes de la population à l'égard des aliments transgéniques en faisant des déclarations publiques pour dire qu'ils n'utilisaient pas d'ingrédients alimentaires génétiquement modifiés dans leurs propres marques de produits.
On peut citer un importateur de produits alimentaires britannique qui, au cours de la présente étude, nous a dit :
« …ce que les fabricants doivent faire, c'est passer plus de temps au départ à comprendre pour quelles raisons et de quelle manière les consommateurs européens se distinguent des consommateurs canadiens… et ensuite, seulement, pourquoi et de quelle manière les supermarchés européens sont différents de ceux avec lesquels ils ont l'habitude de traiter en Amérique du Nord, et ce que tout cela comporte quant à leur façon de faire des affaires. »
Les principaux détaillants du Royaume-Uni se sont tous exprimés publiquement en indiquant qu'ils supprimaient les ingrédients GM de tous leurs produits de « propre marque. » C'est le cas en particulier de Tesco, le plus important détaillant de produits alimentaires au Royaume-Uni, qui représente environ 30 % du marché de la vente au détail et qui, en définitive, est extrêmement influent dans le débat sur les OGM. Les représentants de cette entreprise ont affirmé qu'ils s'approvisionneraient désormais en ingrédients non-GM.
Marks & Spencer est le magasin de détail qui véhicule le message anti-OGM le plus fort, avec des slogans publicitaires comme « Tous nos produits alimentaires sont sans OGM » et un document de politique interne de la société qui utilise les termes suivants :
« …le maintien de l'interdiction totale des aliments transgéniques deviendra de plus en plus difficile si, comme cela semble probable, les gouvernements assouplissent les règles qui touchent aux cultures transgéniques. Il nous faudra travailler de plus en plus fort dans l'avenir si nous voulons maintenir cette interdiction, et nous en prenons l'engagement. ».
La majorité des détaillants alimentaires du Royaume-Uni ont aussi déclaré qu'ils assureraient un étiquetage clair sur les autres produits qui peuvent contenir des ingrédients GM afin de « donner le choix au consommateur », bien qu'il s'agisse de toute façon d'une exigence prévue par la législation actuelle de l'UE. Par conséquent, les détaillants se retrouvent désormais confrontés à une situation où ils sont tiraillés entre la volonté de tirer profit des inquiétudes qu'ont actuellement les consommateurs à l'égard des OGM et le besoin de garder une porte ouverte, au cas où la situation changerait rapidement.
Ce qui a pourtant commencé à se produire dans certains cas, c'est que les produits sont désormais étiquetés comme étant spécifiquement exempts d'OGM, comme le montre la figure 4 qui suit. Il ne s'agit pas d'un signe particulièrement encourageant pour l'avenir.
Figure 4 : Exemple de publicité dans la presse commerciale britannique

L'avenir?
Dans les années qui viennent, le maintien de l'interdiction totale des aliments transgéniques sera difficile, étant donné que l'UE doit reprendre son processus d'approbation des OGM, ce qui devrait aboutir à une plus grande autorisation des produits alimentaires GM dans l'UE. Toutefois, l'adoption généralisée des ingrédients alimentaires GM d'un bout à l'autre de la chaîne d'approvisionnement du Royaume-Uni et leur acceptation par les consommateurs semblent quelque peu éloignées. Le marché ne semble pas être encore prêt à cela.
On trouve un résumé de la position des principaux détaillants britanniques à l'annexe VIII.
Les détaillants de produits alimentaires allemands ont fait preuve d'une grande prudence dans leurs déclarations publiques relativement à l'utilisation des ingrédients et des aliments GM dans leurs produits. Certains gros détaillants allemands, comme Aldi, Globus, Kaufland, Lidl, Rewe et Wal-Mart, ont cependant déployé des efforts délibérés pour éviter dans toute la mesure du possible que des aliments GM se retrouvent sur leurs étalages, y compris les produits d'origine animale pour lesquels les fournisseurs ont utilisé des aliments pour animaux génétiquement modifiés. Edeka a demandé à tous les fournisseurs de ses produits de marque propre de ne lui fournir que des produits non-GM. Cela reflète bien la situation des produits qui sont garantis exempts d'OGM.
Aux Pays-Bas, les consommateurs s'en sont toujours remis jusqu'à présent aux principaux détaillants de produits alimentaires en leur laissant prendre pour eux les décisions concernant la fabrication et l'origine des produits alimentaires. En ce qui concerne les aliments GM, on considère en général que dès qu'un produit est vendu dans un supermarché, il ne présente aucun risque. Fait intéressant, Ahold vend de l'huile de maïs étiquetée comme étant génétiquement modifiée depuis trois ou quatre ans (aux Pays-Bas), sans susciter apparemment de réaction négative, mais l'étiquetage en question n'a rien pour attirer l'attention du consommateur.
En Union européenne, le secteur des services alimentaires n'est pas aussi bien développé qu'en Amérique du Nord. Toutefois, et en particulier sur les marchés d'Europe du Nord, la tendance qui consiste à prendre ses repas à l'extérieur du domicile s'intensifie, comme sur beaucoup de marchés internationaux de pays développés. Les marchés de services alimentaires d'Europe du Nord sont de plus plus dominés par les grandes franchises et les grandes chaînes, qu'il s'agisse des secteurs de la restauration rapide, de l'hôtellerie, de la restauration et/ou des loisirs, et leurs pratiques d'achat suivent désormais celles des principaux détaillants. Leur attitude à l'égard des OGM est également souvent la même. Les marchés du Sud de l'Europe sont, en revanche, comme pour le secteur du commerce de détail, plus fragmentés que dans le Nord et ils restent dominés par les établissements de services alimentaires indépendants.
Pourtant, dans l'ensemble du secteur, les exploitants de services alimentaires commencent déjà à exprimer leur position par rapport à la question des OGM en l'indiquant sur leurs menus. On trouvera ci-dessous un exemple de déclaration aux clients, laquelle figure sur le menu du restaurant de l'une des plus grosses chaînes d'hôtels du Royaume-Uni.
Veuillez informer immédiatement le gérant du restaurant si vous suivez un régime alimentaire particulier ou si vous êtes allergique à certains aliments. Le menu peut-être adapté sur demande à vos besoins. Veuillez noter que le restaurant Bridge est strictement non fumeur. Cependant, vous avez la possibilité de fumer au bar. La politique choisie par notre hôtel est de ne pas utiliser d'aliments transgéniques. Toutefois, nous sommes dans l'impossibilité de garantir la provenance de certains aliments, et certains ingrédients pourraient donc être issus de maïs ou de soja génétiquement modifié. Certains plats peuvent contenir des noix ou des traces de noix.
Les principaux points à retenir au sujet du marché agroalimentaire du Royaume-Uni sont les suivants :
Répercussions pour les entreprises canadiennes
Le Royaume-Uni reste un marché clé pour les exportations agroalimentaires canadiennes. C'est un marché extrêmement concentré, mais qui fonctionne de manière transparente. Le secteur du commerce de détail est très exigeant, mais il permet aux entreprises qui parviennent à respecter à la fois les exigences techniques et commerciales de faire des affaires lucratives. Si le secteur des services alimentaires a été jusqu'à présent considéré comme le « parent pauvre » du secteur du commerce de détail, il se développe rapidement et commence à rechercher les mêmes types de compétences chez ses fournisseurs que celles qu'on trouve dans le secteur du commerce de détail. Le Royaume-Uni n'est pas du tout caractérisé par une forte culture culinaire nationale au même titre que d'autres pays, comme peut-être la France. Cela signifie donc que le marché du Royaume-Uni est réceptif aux produits alimentaires et aux concepts alimentaires du monde entier.
Figure 5 : Profil des importations du Royaume-Uni en pourcentage (%) de la valeur totale, par secteur et pour les huit principaux pays sources





Les principaux points à retenir au sujet du marché agroalimentaire de l'Allemagne sont les suivants :
Figure 6 : Profil des importations allemandes en pourcentage (%) de la valeur totale, par secteur et pour les huit principaux pays sources




Répercussions pour les entreprises canadiennes
Le marché allemand est le plus grand des marchés nationaux au sein de l'UE, avec quelque 80 millions de consommateurs depuis que la réunification a eu lieu. Bien que l'Allemagne doive régler un certain nombre de problèmes économiques graves au cours des prochaines années, tout cela est assez relatif. L'économie allemande reste la plus forte d'Europe. Les consommateurs allemands sont bien nantis et bien informés.
C'est donc toujours une surprise de constater que le marché alimentaire allemand est dominé par les chaînes de magasins de rabais pour lesquelles seul le prix compte, et où on trouve peu de produits ou de services à valeur ajoutée. Le prix est un facteur essentiel sur tous les marchés internationaux, mais la question revêt une importance toute particulière sur le marché allemand, même si, par ailleurs, les exigences techniques et/ou légales qui pèsent sur les fournisseurs ne connaissent aucun fléchissement.
Pratiquement tous les grands acteurs internationaux du secteur agricole et alimentaire considèrent l'Allemagne comme un marché « incontournable. » Cela s'explique par la taille même du marché allemand et par le fait que Hambourg est à la fois l'un des principaux points d'accès au marché et une voie sécuritaire pour réexporter les produits vers d'autres marchés d'Europe orientale et de l'ancienne Union soviétique.
Les principaux points à retenir au sujet du marché agroalimentaire des Pays-Bas sont les suivants :
Figure 7 : Profil des importations néerlandaises en pourcentage (%) de la valeur totale, par secteur et pour les huit principaux pays sources





Répercussions pour les entreprises canadiennes
Les Pays-Bas constituent l'un des plus grands marchés « de transit » du monde, avec des importations qui affluent du monde entier, avant que les produits soient réexportés vers d'autres pays de l'UE, l'Europe orientale, l'ancienne Union soviétique, le Moyen-Orient et l'Asie. Le danger pour un nouvel exportateur est qu'il risque de « se perdre » dans le va-et-vient frénétique qui caractérise le secteur alimentaire des Pays-Bas.
Le marché national en tant que tel est assez petit, mais les consommateurs ont des revenus élevés, ils sont bien informés et le marché est dominé par les chaînes de magasins de rabais et un secteur de services alimentaires qui progresse rapidement. Les Pays-Bas abritent également le siège de quelques-unes des plus importantes entreprises de transformation des aliments du monde, dont ils attirent les investissements en raison de leur excellente situation commerciale par rapport au reste de l'UE.
Le secteur agroalimentaire et agricole, qui représente 8,3 % du PIB, joue un rôle important dans l'économie canadienne. Le secteur de la transformation des aliments et des boissons vient au deuxième rang des secteurs contribuant au PIB manufacturier et il est le plus important employeur du secteur de la fabrication au pays. En 2003, le Canada arrivait au quatrième rang mondial des exportateurs de produits agroalimentaires, derrière l'Union européenne des quinze11, les États-Unis et le Brésil, avec des exportations évaluées à 24,4 milliards de dollars canadiens. En 2005, ce chiffre est passé à 26,2 milliards de dollars canadiens.
Les exportations agricoles et agroalimentaires canadiennes se concentrent surtout autour des produits de base que sont les céréales, la viande, le poisson, les fruits et les légumes. Les produits laitiers représentent une part beaucoup moins importante, avec moins de 2 % des exportations agroalimentaires. Le principal marché d'exportation du Canada est celui des États-Unis qui représentait 62 % des ventes à l'exportation de produits agricoles et agroalimentaires en 2004. Derrière les États-Unis viennent le Japon (9 %), l'Union européenne des quinze (6 %), la Chine (4,6 %) et le Mexique (4,4 %).
Figure 8 : Profil des exportations canadiennes en pourcentage (%) de la valeur totale, par secteur et pour les huit principaux pays destinataires





De plus en plus, les produits exportés canadiens qui ont le plus de succès sont les produits alimentaires transformés à forte valeur ajoutée. En 2003, les produits transformés canadiens comme les graines oléagineuses, les pâtes alimentaires, les conserves de fruits et de légumes, les confiseries et le vin étaient exportés dans quelque 170 pays du monde, mais 85 % de ces produits étaient destinés à seulement deux marchés, soit les États-Unis (76 %) et le Japon (9 %).
La figure 9 qui suit illustre l'évolution globale des exportations canadiennes des dix principaux produits agroalimentaires pour la période 2000-2005.
Figure 9 : Les dix principaux produits agroalimentaires du Canada, 2000-2005

Source : Statistiques commerciales canadiennes
De même qu'on observe une augmentation générale de la croissance des exportations d'aliments transformés à forte valeur ajoutée, on constate aussi une augmentation des exportations à destination de l'UE. Dans les figures qui suivent, nous avons illustré le profil du commerce de certains produits alimentaires canadiens à valeur ajoutée particuliers destinés à l'UE, entre 2000 et 2004.
Exportations canadiennes de vin

Les exportations canadiennes à destination de l'UE ont augmenté de façon significative entre 2000 et 2004. La France arrive en tête et reste le principal débouché extérieur du Canada. Toutefois, d'autres pays, comme le Royaume Uni, suivis de marchés plus récents, comme ceux du Portugal, de la Belgique et du Danemark, prennent de l'importance depuis 2004.
Exportations canadiennes de confiseries

En 2000, l'Allemagne et le Royaume Uni étaient les deux plus gros importateurs de confiseries canadiennes de l'UE. Toutefois, les exportations à destination de ces deux pays ont diminué depuis, avec des importations plus importantes de la France, de l'Italie et des Pays Bas.
Exportations canadiennes de pâtes alimentaires

Seulement trois marchés de l'UE importent des quantités importantes de pâtes alimentaires en provenance du Canada : le Royaume Uni, l'Allemagne et les Pays Bas. Or, entre 2000 et 2004, ces trois marchés ont enregistré une baisse appréciable des produits en provenance du Canada.
Exportations canadiennes de conserves de fruits

En termes de valeur, les fruits en conserve représentent les exportations canadiennes les plus importantes à destination de l'UE. Des niveaux d'importation élevés sont observés en Allemagne, au Royaume Uni, aux Pays Bas et en France, mais ils sont moindres en Belgique et en Italie. Les principaux marchés en expansion au cours de cette période ont pourtant été le Royaume Uni, les Pays Bas et la Belgique.
La nature changeante des consommateurs européens à l'égard des phénomènes suivants :
… a une grande incidence sur l'industrie alimentaire.
En présence d'un marché parvenu à maturité, les détaillants en alimentation se regroupent et se spécialisent de plus en plus en vue de réaliser des économies d'échelle et des profits. Les détaillants se tournent vers les TI et l'automatisation afin de maximiser l'efficacité de leur entreprise et s'orientent vers les aliments prêts à manger et les plats cuisinés afin de s'emparer du marché croissant des repas pris à l'extérieur du domicile.
Deux nouveaux modèles distincts sont apparus dans le secteur du commerce de détail en Europe – le modèle allemand axé sur les rabais et le modèle britannique axé sur la valeur ajoutée. On retrouve ces deux modèles dans la plupart des pays européens à des degrés variables. Le secteur des services alimentaires a continué de croître en volume et en valeur sous l'effet des tendances de consommation. Malgré la croissance continue, l'industrie est en phase de consolidation afin de maximiser ses profits. Les entreprises de services alimentaires adoptent de plus en plus des systèmes de gestion des fournisseurs comparables à ceux des détaillants.
Les changements qui ont touché le marché des aliments au détail et le marché des services alimentaires ont obligé les entreprises de transformation des produits alimentaires à opérer des aménagements encore plus importants ces dernières années. L'évolution des détaillants à marge réduite et des produits vendus sous marque de distributeur a également fait peser une énorme pression sur les fabricants de produits alimentaires de marque. Les prix sont désormais fixés par les détaillants ou les distributeurs de marques maison/privées, au lieu de l'être par les fabricants de produits alimentaires. De plus en plus, les entreprises de transformation des aliments fabriquent leurs produits en lots plus petits et les adaptent aux besoins très particuliers des consommateurs.
Bien que dans une certaine mesure les tendances susmentionnées s'observent un peu partout en Europe, elles sont plus marquées sur les marchés de l'Europe du Nord, comme le Royaume-Uni et l'Allemagne, et moins répandues dans des pays comme l'Italie ou l'Espagne. La section suivante vise à offrir aux fournisseurs canadiens de l'UE un bref aperçu des secteurs de l'alimentation de détail et de la transformation des aliments dans certains marchés, à savoir le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Royaume-Uni |
|
| Allemagne |
|
| Pays-Bas |
|
| Pays | Commentaires |
|---|---|
| Royaume-Uni |
|
| Allemagne |
|
| Pays-Bas |
|
Figure 10 : Les dix plus grands fabricants de produits alimentaires du Royaume-Uni

Source : The Grocer / OC&C, 2005
| Pays | Observations |
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Avec l'élargissement du marché alimentaire de l'UE qui couvre désormais 25 pays sur l'ensemble du continent, c'est le marché de produits d ‘épicerie le plus grand du monde. En l'ignorant, les exportateurs canadiens feraient preuve d'un manque de vision.
Le marché de l'UE ne doit pas cependant être considéré comme un marché « unique », mais plutôt comme une série de marchés distincts, chacun ayant ses propres caractéristiques. Il existe par exemple une très grande différence entre les marchés de l'Europe du Nord, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Allemagne, et les marchés du Sud de l'Europe, à savoir l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Il existe également une très grande différence entre ces marchés et ceux d'Europe de l'Est, comme la Pologne, la République Tchèque, la Hongrie et les pays Baltes.
Comme la présente étude met l'accent sur le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas, les exportateurs canadiens doivent être au courant des faits suivants :
Répercussions pour les transformateurs et les exportateurs canadiens
Indépendamment de la question des OGM, il faudra probablement compter une période d'un à deux ans avant de pouvoir vraiment commencer à expédier des produits en provenance d'une nouvelle source à un grand détaillant et/ou exploitant de services alimentaires de l'UE. Mais là encore, il est peu probable que cela puisse se faire directement, sans passer par un fournisseur désigné. Ces postes sont surveillés de très près. Il y a très peu de chances que le fournisseur principal d'un grand détaillant et/ou exploitant de services alimentaires coure le risque de faire appel à un fournisseur inconnu, à moins qu'il ne soit pleinement convaincu de la crédibilité commerciale et technique de cette entreprise.
Tout ce qui précède pourrait donner aux entreprises de transformation et aux exportateurs canadiens de produits agroalimentaires une image peu attirante du marché de l'UE : or, le but n'est absolument pas de « faire fuir » les entreprises canadiennes.
L'idée essentielle qu'il faut retenir, c'est que le marché de l'UE est grand, exigeant, très spécialisé, fragmenté du point de vue de ses caractéristiques individuelles et en constante évolution. De nombreuses entreprises du monde entier ont réussi à conclure de bonnes affaires dans l'UE. Il n'y a aucune raison pour que les entreprises canadiennes ne puissent pas jouir du même succès, du moment qu'elles remplissent les principaux critères de réussite. Toutefois, ce marché ne s'adresse pas aux entreprises qui manquent de détermination, qui pratiquent une politique à court terme, qui ne sont pas hautement qualifiées, qui ne mettent pas en place un solide plan à long terme et qui ne sont pas préparées à consacrer à ce marché du temps et des ressources.
Il y a des facteurs évidents que les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires contenant des ingrédients GM devront prendre en considération s'ils ont sérieusement l'intention de percer sur le marché européen, en particulier, mais non exclusivement, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Pays-Bas. Ces considérations ne sauraient constituer une liste exhaustive, mais il importe de leur accorder la priorité. Il s'agit entre autres :
Les sections suivantes traitent plus en détail de ces facteurs.
La législation de l'UE précise clairement que si un produit (alimentaire) contient des ingrédients GM, il doit être étiqueté comme tel. Il s'agit d'une exigence légale qui sera appliquée à la fois au niveau national et à un niveau plus local et/ou régional. En outre, la sensibilité des principaux acteurs de la chaîne d'approvisionnement, et en particulier des détaillants et des exploitants de services alimentaires et dans une certaine mesure du consommateur (si les produits sont directement vendus à ce dernier), nécessitera la mise en place de nouveaux systèmes de PI coûteux, y compris des mécanismes de traçabilité et de vérification des produits.
Répercussions pour les exportateurs canadiens
Pour que les entreprises canadiennes réussissent à faire la promotion des produits qui contiennent des ingrédients GM, elles devront adopter de nouvelles stratégies par rapport à celles qu'elles utilisent pour les marchés américain et canadien. En résumé, un détaillant européen qui se voit proposer un produit contenant des ingrédients GM risque certainement d'y voir plutôt une source de problèmes éventuels qu'un débouché intéressant. Cela pourrait changer éventuellement mais il est clair que, pour le moment, le marché de l'UE n'est pas prêt à accepter de façon généralisée des produits qui contiennent des ingrédients GM.
Les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires qui souhaitent mettre en œuvre une politique anti-OGM devront prendre les deux mesures suivantes :
En ce qui concerne le premier point (essais des produits), il n'existe pas de tests standardisés approuvés pour l'ensemble de l'Europe. Pour le moment, ces essais varient d'un pays à l'autre. Par conséquent, les modalités de ces essais seront déterminées par le détaillant, par l'entremise de ses principaux fournisseurs attitrés. Ainsi, pour une entreprise canadienne, cela pourra nécessiter une série de tests particuliers visant à convaincre les nombreux clients du détaillant. Il s'agit là d'un processus forcément très coûteux. De plus, au moment de prendre contact avec les principaux fournisseurs des grands détaillants et/ou exploitants de services alimentaires, il faudra adopter une chaîne de traçabilité et des pistes de vérification rigoureuses, étant donné que le fait de se contenter de dire que :
« … à ce que nous sachions… »
- tous les produits sont exempts d'OGM… ne sera pas acceptable.
Un aspect important est la contradiction qui existe dans la législation au sujet de l'étiquetage des produits alimentaires. La législation n'exige pas que les ingrédients, additifs et enzymes dérivés de MGM soient étiquetés. Avec l'adoption des deux mesures indiquées plus haut, l'industrie alimentaire de l'UE peut prétendre offrir une politique anti-OGM qui respecte strictement la loi, mais qui est bien loin d'être une politique anti-OGM du point de vue des consommateurs qui souhaitent éviter tous les produits dérivés de MGM.
Il est recommandé aux transformateurs et aux exportateurs canadiens de produits agroalimentaires qui souhaitent mettre en place une stratégie d'entrée sur le marché de l'UE, sous quelque forme que ce soit, de repérer les entreprises similaires à la leur et avec lesquelles il est possible de trouver des synergies communes, et d'étudier des possibilités de projets de collaboration à moyen et à long terme.
Dans les faits, cela signifie que les entreprises canadiennes12 ont la possibilité de :
Trouver des partenaires dans la chaîne d'approvisionnement de l'UE
Il n'est pas impossible pour une PME et/ou un nouvel exportateur canadien d'instaurer des relations commerciales avec une grande multinationale de produits alimentaires et d'approvisionner ensuite l'un des principaux détaillants et/ou exploitants de services alimentaires des marchés d'Europe du Nord. Toutefois, cela peut demander du temps et des efforts considérables et les ressources nécessaires pour ce qui peut apparaître comme « juste un autre fournisseur (potentiel) » pourraient bien être limitées. Le fait de repérer parmi les importateurs et les distributeurs les plus spécialisés une entreprise qui sera capable de travailler aux côtés d'une entreprise canadienne pour un certain temps et de construire un dialogue plus interactif pour résoudre les questions qui posent éventuellement problème sera davantage un gage de succès.
Indépendamment de ce qui précède, les transformateurs et les exportateurs canadiens de produits alimentaires doivent investir du temps et des efforts afin de réaliser au moins quelques études de base de marché de l'UE avec des partenaires potentiels : ils devraient éviter d'engager des frais inutiles lorsqu'ils s'efforcent d'approcher certains secteurs du marché, à moins qu'il y ait une forte probabilité d'obtenir un rendement intéressant. À titre d'exemple, les grands détaillants du Royaume-Uni insisteront presque toujours sur les normes du BRC et les vérifications, deux processus qui peuvent être très coûteux.
Les transformateurs et les exportateurs canadiens ont évidemment la possibilité de trouver des moyens de commercialiser leurs produits en passant par des voies moins sensibles, comme les détaillants indépendants et les épiceries fines. Même s'il est vrai que du même coup ils se retrouvent sur un marché (relativement) petit, on peut aussi considérer qu'il s'agit d'un « point de départ » moins exigeant pour commencer à faire des affaires sur le marché du nord de l'UE.
Même au Canada, les exploitants européens de services alimentaires ou les entreprises indépendantes européennes n'ont pas le droit de faire entrer sciemment des produits qui peuvent contenir des ingrédients GM sans le déclarer. Les transformateurs et/ou exportateurs canadiens pourraient facilement croire que la (petite) taille des exploitants présents sur ces secteurs du marché signifie qu'ils ne sont pas toujours en mesure de vérifier l'origine de tous les ingrédients utilisés. Pourtant, en vertu de la réglementation de l'UE, cela peut être interprété comme un manquement à l'obligation de faire preuve de diligence raisonnable, ce qui expose l'entreprise en cause à des poursuites judiciaires.
Si on adopte une politique anti-OGM, la terminologie devra être utilisée avec beaucoup de circonspection. La provenance de tous les ingrédients devra être clairement précisée, et il sera essentiel d'indiquer si l'ingrédient est « non OGM » ou « exempt d'OGM ». Les conseils qu'il convient de donner aux entreprises canadiennes sont les suivants :
Connaissance de la législation
Ironiquement, pour ce qui est de comprendre les subtilités de la législation de l'UE liée aux OGM, les mêmes importateurs et/ou distributeurs locaux qui facilitent l'accès à toute une panoplie de voies menant au marché en sont peut-être au même stade précoce de compréhension. Les connaissances techniques à acquérir peuvent être étendues et les tests nécessaires à réaliser peuvent parfois prendre beaucoup de temps, jusqu'à neuf mois dans certains cas.
D'autres, en revanche, peuvent se situer à un stade plus avancé. Par conséquent, le fait de profiter des lacunes des partenaires commerciaux potentiels quant à la connaissance de la législation est une stratégie très risquée qu'il vaudrait mieux éviter. Le coût du retrait d'un produit et de toute poursuite judiciaire ultérieure, a fortiori pour la réputation globale, pourrait s'avérer fatal pour une entreprise de transformation ou des exportateurs canadiens, en particulier s'il s'agit d'une PME typique, et/ou d'un nouvel exportateur.
Au Royaume-Uni, les Local Standards Agencies (les bureaux des normes locales) sont bien placés pour donner des conseils sur les règles de base de la législation qui s'appliquent à des produits particuliers, et n'importe quel importateur ou distributeur reconnu susceptible de devenir éventuellement un partenaire aura déjà établi d'autres relations commerciales qui n'auront plus qu'à être approfondies.
Un importateur du Royaume-Uni a déclaré :
« … nous avons commencé par travailler étroitement avec notre office des normes commerciales du Royaume-Uni, et ensuite avec une société spécialisée dans les tests : c'est une équipe que nous avons mise en place depuis le moment où nous avons établi des relations étroites avec cette entreprise et nous avons toujours des relations étroites avec elle. »
Beaucoup d'entreprises d'importation et/ou de distribution emploient les services de conseillers techniques indépendants et/ou de laboratoires commerciaux pour qu'ils leur apportent leur aide et leur donnent des conseils au fur et à mesure des besoins. D'ailleurs, en ce qui concerne les aliments transformés, les entreprises canadiennes doivent savoir que souvent les essais en laboratoire ne permettent pas de détecter les seuils limites prévus par la législation, mais que ces niveaux sont détectables dans certains produits de base. Le fait de travailler avec des importateurs ayant une optique commune avec des entreprises de recherche et développement reconnues qui se basent sur des essais en laboratoire semble être la manière la plus efficace pour les entreprises canadiennes d'éviter les écueils que suscite cette question complexe.
Trading Standards Agency du Royaume-Uni (Wiltshire)
www.tradingstandards.gov.uk/wiltshire
Food Standards Authority du Royaume-Uni
www.food.gov.uk
United States Department of Agriculture (département de l'Agriculture
des États-Unis)
www.usembassy.org.uk
British Retail Consortium (Consortium britannique de vente au détail)
www.brc.org.uk
CMi International PLC
www.cmi-plc.com
American Peanut Council (Conseil américain de la cacahouète)
www.peanutsusa.org.uk
International Laboratory Services (Services de laboratoire internationaux)
www.ils-limited.co.uk
AL Control Laboratories (Division des produits alimentaires)
www.alcontrol.com
SGS – Global Inspection and Verification Services (Services d'inspection
et de vérification à l'échelle mondiale)
www.sgs.co.uk
Organic Soil Association (Association pour les sols organiques)
www.soilassociation.org
Community Foods Ltd
Micross, Brent Terrace
Londres
NW2 1LT
Téléphone : 020 8450 9411
Télécopieur : 020 8450 9413
Produits : produits pour le petit-déjeuner
www.communityfoods.co.uk
May & Raeburn Limited
98 High Street
Ingatestone
Essex, CM4 OBA
Téléphone : 01277 353 838
Télécopieur : 01277 354 171
Produits : collations, confiseries
McEvoy Foods International Ltd
1 Mill Street
Stone
Staffordshire
ST15 8BA
Téléphone : 01782 647 040
Télécopieur : 01785 817 388
Produits : produits de boulangerie, plats cuisinés
Angel Associates
Mill Lane
Hadley
Ombersley
Worcestershire WR 9 0AU
Téléphone : 01905 620 888
Produits : poisson
SBM – Snack & Beverage Marketing Ltd
P.O.Box 29, Saffron Walden
Essex
CB11 3YG
Téléphone : 01799 543 459
Télécopieur : 01799 541 741
Produits : collations
Delfino Rice & Green Ltd
107 Clarence Avenue
Northampton
NN2 6NY
Téléphone : 01604 791 769
Télécopieur : 01604 720 987
Produits : plats cuisinés, produits carnés
The Garlic Box (Ontario)
C.P. 430
54, chemin London
Hensall (ON)
Canada
NOM 1XO
Téléphone : 519-262-2470
Fax : 519-262-2466
www.thegarlicbox.com
The Really Garlicky Company
- Entreprise britannique partenaire de la Garlic Box
Téléphone : 01667 452 193
Produits :
www.reallygarlicky.co.uk
Give & Go Prepared Foods Corp (Ontario)
Produits : gâteaux, biscuits, carrés au chocolat
Le Groupe Greencore
- Entreprise britannique de transformation des aliments et de services
alimentaires
www.hazlewoodfoods.co.uk
*Entreprises ou particuliers offrant des services de conseil sur la législation applicable aux aliments et aux ingrédients GM
| Domaine | Organisme/organisation | Description |
|---|---|---|
| Législation | Europa – Portail de l'Union européenne http://europa.eu.int (Institutions, Commission européenne, Sécurité des aliments) |
EUROPA est le portail de l'Union européenne. Il contient des articles sur les plus récentes affaires de l'UE, l'intégration européenne, des rapports sur l'ensemble de la législation en vigueur ou à l'étude, et des informations sur les politiques mises en oeuvre par l'UE en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par les traités. Il permet aussi d'accéder aux sites Web de chacune des institutions européennes. |
| Autorité européenne de sécurité des
aliments (EFSA, European Food Safety Authority) www.efsa.eu.int |
Cet organisme de l'UE est chargé de l'évaluation des risques relatifs à la salubrité des aliments destinés à l'alimentation humaine et animale, et de donner des conseils scientifiques indépendants, ainsi qu'un soutien technique, sur la législation et la politique de l'UE. L'EFSA apporte sa collaboration aux législateurs de l'UE et des États membres pour réagir aux questions d'actualité et mettre en œuvre des stratégies pour les régler. | |
| Essais/ inspection |
SGS* www.sgs.com www.uk.sgs.com |
La Société générale de surveillance
(SGS) est la plus grande société mondiale d'inspection,
de vérification, d'évaluation et de certification.
Elle gère mille bureaux et laboratoires à travers
le monde. Les principaux services offerts sont : - l'administration de tests, - l'inspection, - la certification. |
| Certification | Checkmate International* www.cmi-plc.com |
Checkmate est une société indépendante qui fournit des services de certification à l'industrie agricole, à l'industrie des fruits et légumes et à l'industrie de transformation des aliments. La société fournit ses services au Royaume-Uni et au niveau international par l'entremise de deux divisions, la Division des conseils et des services techniques et la Division de la certification. Elle est présente dans onze pays. |
| Product Authentication Inspectorate (Inspection d'authentification
des produits)* paul.wright@thepaigroup.com www.thepaigroup.com |
La PAI fait partie de l'Association of British certification bodies (Association des organismes de certification britanniques). Elle est l'un des principaux certificateurs approuvés pour les produits alimentaires, l'authenticité des aliments, l'étiquetage des produits et leur traçabilité au sein de la chaîne agroalimentaire en Europe. Elle est constituée de trois divisions intégrées : Produits alimentaires, Produits de la ferme, et Aliments pour animaux. | |
| La Soil Association Certification Ltd* Dpeace@SoilAssociation.org Site Web : www.soilassociation.org |
La Soil Association Certification Ltd est membre de l'Association of British Certification Bodies (Association des organismes de certification britanniques). Elle apporte son aide à tout producteur qui souhaite passer à l'agriculture biologique et fournit des renseignements et offre des services de certification. En tant qu'organisation caritative, elle peut accorder gratuitement certains de ses services de soutien. Toutefois, toute entreprise qui en devient membre a accès à l'ensemble des services offerts. | |
| Historic Futures Limited*
tim@historicfutures.com www.historicfutures.com |
L'Historic Futures Limited (HF) regroupe les plus grands experts de la conception, de l'élaboration, de la mise en œuvre et de la gestion des solutions de traçabilité dans la chaîne d'approvisionnement. Ces experts ont une vaste expérience du besoin croissant de systèmes intégrés de traçabilité des produits de la chaîne agroalimentaire et de contrôle du respect de la réglementation. | |
| Accréditation | United Kingdom Accreditation Service (UKAS, Bureau d'accréditation
britannique)* www.ukas.com |
Le Bureau d'accréditation britannique (UKAS) est l'unique organisme de certification nationale reconnu par le gouvernement pour évaluer les produits en fonction des normes internationales, avec des services d'évaluation, d'inspection et d'étalonnage. L'UKAS désigne des organismes de certification et leur accorde le pouvoir d'octroyer des certifications, de procéder à des vérifications et à des essais, et/ou d'offrir des consultations sur les questions qui y sont liées, principalement au nom des détaillants ou des fabricants. |
| Organismes gouvernementauxs | Bureau des normes alimentaires (Food Standards Agency, FSA)* www.food.gov.uk |
Le Bureau des normes alimentaires (FSA) est un organisme gouvernemental indépendant créé pour protéger la santé de la population et les intérêts des consommateurs. Il est axé sur la salubrité des aliments des consommateurs et assure, au niveau national, le respect de la législation de l'UE et du Royaume-Uni. La FSA fournit aussi au public et au gouvernement des conseils et des informations sur la salubrité des produits alimentaires d'un bout à l'autre de la chaîne agroalimentaire, sur la nutrition et sur les régimes alimentaires. |
| Direction régionale de la protection des consommateurs
(Trading Standards)* www.tradingstandards.gov.uk |
Cette agence gouvernementale régionale conseille les entreprises et visite leurs locaux pour assurer le respect de la législation applicable à divers facteurs tels que l'alimentation, la santé et la sécurité et l'hygiène (questions environnementales). | |
| Organismes liés au commerce de détail | Consortium britannique du commerce de détail (British Retail
Consortium, BRC) www.brc.org.uk |
Le BRC est la plus importante association du commerce de détail du Royaume-Uni. Il a pour mission de conseiller le gouvernement sur les enjeux politiques qui touchent ses membres. Les normes établies par le BRC sont reconnues par l'ensemble de l'industrie des aliments et des boissons comme des « normes de pratiques exemplaires. » La norme alimentaire internationale du BRC est le premier niveau dans l'échelle des normes de qualité et un préalable pour les détaillants spécialisés. |
En vertu de la loi, le Royaume-Uni doit se conformer aux règlements établis par l'UE, à savoir le Règlement CE 1829/2003 sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux et le Règlement CE 1830/2003 sur l'étiquetage et la traçabilité.
En vertu de la législation (sur l'étiquetage), les exportateurs canadiens de produits composés d'OGM ou contenant des OGM doivent (au même titre que toute personne intervenant jusqu'au moment de la livraison des produits au consommateur final) s'assurer de respecter les dispositions suivantes :
Les législations de l'UE et du Royaume-Uni prévoient des exigences supplémentaires concernant l'étiquetage des aliments, des aromatisants et des additifs (Trading Standards Departments/directions régionales de la protection des consommateurs). Les répercussions pour les exportateurs canadiens sont décrites ci-après :
a. Lorsque l'aliment est constitué de plus d'un ingrédient, les mots « génétiquement modifié » ou « produit à partir de (nom de l'ingrédient) modifié », doivent figurer entre parenthèses dans la liste des ingrédients juste après le nom de l'ingrédient concerné. Par exemple, si un biscuit contient de la farine de soja issue de soja GM, l'étiquette doit préciser qu'il « contient de la farine de soja issue de soja génétiquement modifié » ou indiquer « farine de soja issue de soja GM ».
b. Pour les ingrédients désignés par une catégorie, la désignation doit être accompagnée des mots « contient du (nom de l'organisme) génétiquement modifié » ou « contient du (nom de l'ingrédient) produit à partir de (nom de l'organisme) génétiquement modifié »; ces mots doivent figurer dans la liste des ingrédients. Par exemple, pour les huiles végétales contenant de l'huile de colza/canola produite à partir de colza génétiquement modifié, la liste des ingrédients doit contenir la mention « contient de l'huile de colza issue de colza génétiquement modifié ».
Pour les deux exigences a) et b) ci-dessus, les indications peuvent figurer sous forme de note au bas de la liste d'ingrédients, du moment qu'elles sont imprimées dans une taille de police au moins équivalente à celle de la liste des ingrédients. Lorsqu'il n'y a pas de liste d'ingrédients, elles doivent figurer clairement sur l'étiquette.
Les mots « génétiquement modifié » ou « produit à partir de (nom de l'organisme) génétiquement modifié) » doivent figurer sur l'étiquette de l'aliment concerné. Par exemple, « spiritueux contenant du caramel produit à partir de maïs génétiquement modifié », ou « maïs sucré génétiquement modifié ».
Lorsqu'un aliment non préemballé ou préemballé dans un emballage de petite taille dont la surface est inférieure ou égale à 10 cm2 , pour être vendu au consommateur final, les informations requises doivent figurer de façon permanente et visible soit sur l'étalage ou juste à côté de ce dernier, ou sur l'emballage, dans une taille de police suffisamment grande pour être lues facilement. Par exemple : « pain produit à partir de maïs génétiquement modifié ».
Il existe des exemptions aux exigences supplémentaires concernant l'étiquetage des produits contenant des ingrédients produits à partir d'OGM. Ces exemptions sont les suivantes :
Lorsqu'ils expédient des produits constitués d'OGM ou contenant des OGM (p. ex., le soja) vers le marché de l'UE, les transformateurs et les exportateurs canadiens doivent être capables de retracer l'origine du contenu génétiquement modifié et d'indiquer sa quantité. Il en résulte que des documents écrits doivent être transmis d'un bout à l'autre de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Ces documents doivent indiquer quels sont les ingrédients alimentaires qui sont produits à partir d'OGM, ou, dans le cas des produits qui ne sont pas accompagnés d'une liste d'ingrédients, indiquer que l'aliment est produit à partir d'OGM. Chaque exploitant de la chaîne agroalimentaire doit conserver des copies de ces documents écrits pendant au moins cinq ans.
Greenpeace R.-U. a publié « le Guide des acheteurs sur les OGM (Shoppers Guide to GM) » afin d'informer et d'aider les consommateurs lorsqu'ils achètent des aliments dans lesquels sont présents des OGM. La loi ne rend pas ce guide obligatoire, mais les éventuels fournisseurs canadiens devraient au moins avoir connaissance de son existence. Il y a fort à parier que Geenpeace cherchera à faire pression sur les principaux détaillants et exploitants de services alimentaires pour qu'ils utilisent ce système dans l'avenir13. Il couvre une vaste gamme de produits alimentaires, y compris les produits commercialisés par les supermarchés sous leur propre marque, et il fonctionnera en définitive selon la méthode des « feux de circulation. »
Le guide souligne l'importance des produits dérivés d'OGM qui, malgré la réaction défavorable des consommateurs à l'égard des manipulations génétiques, parviennent à se frayer un chemin jusqu'aux étagères des supermarchés, par le biais de l'utilisation des OGM dans les aliments pour animaux, qui en vertu de la législation en vigueur sont exemptés d'étiquetage OGM.
Certaines des activités de ces ONG (Greenpeace, etc.) ne sont pas toujours fondées sur des principes scientifiques totalement éprouvés. Cependant, elles sont très actives et savent faire preuve d'une grande efficacité lorsqu'il s'agit de faire passer leur message et c'est une réalité dont doivent tenir compte les entreprises canadiennes qui visent le marché du Royaume-Uni ou d'autres marchés de l'UE. Dans le secteur commercial agroalimentaire, il existe des préoccupations quant à leurs véritables motivations. Malgré tout, personne ne peut nier le succès retentissant avec lequel elles sont parvenues à sensibiliser (négativement) le public à ces questions.
Pour faire du commerce avec le Royaume-Uni, deux voies principales mènent à la conformité14, une obligatoire et l'autre plus facultative.
On a mis en place un ensemble constitué d'organismes gouvernementaux nationaux et régionaux afin d'assurer le respect de la législation de l'UE et des législations nationales. Les plus importants de ces organismes sont les suivants :
Il s'agit des normes particulières à l'industrie et au commerce de détail qui prévalent sur la législation interne ou sur celle de l'UE et qui sont considérées comme faisant partie du « droit d'être fournisseur. » Elles résultent de la combinaison des normes qui suivent :
Les transformateurs et les exportateurs agroalimentaires canadiens de même que leurs importateurs et distributeurs au Royaume-Uni, qui souhaitent établir des relations commerciales avec des détaillants et/ou des entreprises de services alimentaires de ce pays, devront prouver qu'ils respectent les normes susmentionnées. Une fois qu'ils l'auront prouvé, ils devront faire preuve de diligence raisonnable afin d'assurer le maintien de l'uniformité des normes, de la traçabilité et de l'intégrité des produits.
Des entreprises d'accréditation et de certification indépendantes existent bel et bien, et elles peuvent aider un fournisseur à se conformer aux normes des deux premières catégories ci-dessus. Les plus importants détaillants et/ou exploitants de services alimentaires accorderont beaucoup d'importance à la confirmation de la conformité des produits et choisiront régulièrement des échantillons pris au hasard pour les soumettre à des essais.
Les entreprises alimentaires canadiennes qui souhaiteront vendre leurs produits à des détaillants du Royaume-Uni devront respecter au minimum la norme internationale du BRC. La création de la norme internationale du BRC visait principalement à éliminer, dans la mesure du possible, les multiples vérifications effectuées par les techniciens des détaillants ou les représentants techniques de tiers sur les produits des fabricants de produits alimentaires qui approvisionnent les détaillants du Royaume-Uni avec des produits de marque propre. La norme couvre :
La demande des consommateurs concernant des cultures et des produits dérivés non-GM a aussi conduit à la création de la norme des aliments non-GM du BRC/de la FDF, qui a permis d'élaborer divers systèmes de PI afin de faciliter l'approvisionnement relatif à ces produits. Ces systèmes assurent la traçabilité des produits et permettent de vérifier que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour que l'intégrité des produits soit respectée d'un bout à l'autre de la chaîne agroalimentaire. Plus de détails se trouvent à l'adresse www.brc.org.uk/standards.
On trouvera également une liste complète des agences d'accréditation agréées à l'adresse www.ukas.com/default.asp.
Les exportateurs canadiens qui souhaitent commercialiser leurs produits agroalimentaires doivent connaître les règlements en vigueur qui s'appliquent à ces produits. Ne pas respecter la réglementation du Royaume-Uni ou de l'UE peut gravement perturber la commercialisation des produits (p. ex., la saisie des produits en question par les autorités policières, des délais d'expédition extrêmement longs). La présente section se concentre sur l'importation de produits d'origine animale au Royaume-Uni, qu'ils contiennent ou non des OGM.
Ces règles concernent principalement les aliments à forte valeur ajoutée ou les aliments transformés, aliments pour lesquels elles sont incontournables. Les renseignements qui suivent proviennent de la FSA du Royaume-Uni. Les produits concernés sont les suivants :
L'ensemble de la législation allemande concernant l'utilisation des OGM est harmonisé avec la législation de la CE. Les deux principaux textes de loi qui régissent l'utilisation des produits génétiquement modifiés dans les secteurs de l'agriculture et de la transformation des aliments sont les suivants :
En Allemagne, les principales autorités qui encadrent la mise en œuvre des règlements et directives de la CE sont les suivantes :
Toute violation de cette législation est passible d'une peine d'emprisonnement (pouvant aller jusqu'à cinq ans) ou d'une amende pouvant atteindre 50 000 €. L'Agence fédérale pour la protection des consommateurs et la salubrité des aliments (Federal Agency for Consumer Protection and Food Safety, Bundesamt für Verbraucherschutz - BVL) est l'autorité chargée de l'exécution de la législation de la CE au niveau national. Elle transmet les demandes destinées à la EFSA et participe à l'évaluation du produit en cause.
Le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques régit la circulation des produits d'organismes vivants modifiés (OVM). Cette convention signée entre l'UE et les pays tiers de l'UE crée le Centre d'échange pour la prévention des risques biotechnologiques (CEPRB), qui est un outil d'échange d'informations. Le BVL sert de point de contact national au CEPRB. De plus amples renseignements sur le Protocole de Cartagena sont disponibles à l'adresse www.biodiv.org
En Allemagne, les principales autorités exerçant des pouvoirs décisionnels concernant cette législation sont notamment :
le Bundesamt für Lebensmittelsicherheit (Agence fédérale pour la protection des consommateurs et la salubrité des aliments, Federal Authority for Consumer Protection and Food Safety) :
le Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR, Institut fédéral d'évaluation des risques) :
Certains instituts et certaines agences donnent leur avis au BVL dans le cadre des évaluations sur la salubrité pour l'approbation des produits GM, lorsqu'il est question de la dissémination volontaire de semences d'OGM. Ces instituts et agences sont les suivants :
L'Allemagne est un État fédéral et les 16 Länder ont chacun leurs propres ministères et autorités d'exécution en ce qui concerne la protection des consommateurs et la salubrité des aliments (les Länderämter). Ces Länderämter sont chargés de surveiller la salubrité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux et d'examiner des échantillons régulièrement, y compris les vérifications concernant la contamination par les OGM. En ce qui concerne les OGM, leurs obligations sont fondées sur le Règlement CE 1829/2003 et le Règlement CE 1830/2003. Leurs tâches sont les suivantes :
La législation de la CE (Règlement 1830/2003) régit la traçabilité des produits GM en Allemagne et dispose que les OGM doivent être traçables d'un bout à l'autre de la chaîne d'approvisionnement. Les importateurs doivent fournir l'origine de tous leurs OGM, y compris les ingrédients GM qui ne sont plus traçables. Les produits vendus en Allemagne doivent respecter les dispositions de la législation en matière d'étiquetage de la CE (Règlement CE 1830/2003).
Cette législation concerne :
Les produits qui contiennent des OGM et qui ont été ajoutés de façon accidentelle ou involontaire n'ont pas à être étiquetés comme contenant des OGM, si les OGM concernés sont sans danger et qu'ils sont légalement approuvés comme tels, et si la part d'OGM présente dans le produit est inférieure à 0,9 %. De plus, les produits dérivés d'animaux (c.-à-d. la viande, les produits laitiers et les œufs) n'ont pas besoin d'être étiquetés comme contenant des OGM, même si l'alimentation des animaux concernés contenait des OGM. Ce point est d'ailleurs fortement critiqué par les groupes d'intérêt (c.-à-d. Greenpeace, Foodwatch) qui font pression pour qu'on change la loi, afin que les fabricants de produits alimentaires qui ont utilisé des animaux nourris avec une alimentation à base d'OGM pour faire de la viande ou des produits laitiers aient l'obligation de le déclarer.
En raison du rejet massif dont font l'objet les produits GM, on trouve très peu de produits contenant des OGM (et étiquetés en conséquence) sur les étalages des supermarchés allemands. Les produits contenant des ingrédients GM sont surtout vendus par les magasins chinois et sont principalement des produits de soja importés. Jusqu'à présent, les autres produits qui sont connus pour contenir des OGM et qu'on a pu trouver sur le marché allemand sont les suivants :
Aux Pays-Bas, quatre ministères sont chargés de la mise en œuvre et de l'application de la législation relative aux OGM :
Lorsqu'en juillet 2003, le Conseil agricole est parvenu à un accord sur les propositions de l'UE concernant la traçabilité et l'étiquetage des OGM, les Pays-Bas ont voté contre la partie de l'accord consacrée à la traçabilité, avec l'idée que le règlement devait pouvoir être mis en pratique par le secteur privé commercial et être susceptible d'être exécuté par les autorités compétentes. En 2004, la région du Benelux, y compris les Pays-Bas, importait pour environ 280 millions de dollars US de produits agricoles en vrac en provenance des États-Unis. Une grande quantité de ces produits étaient destinés à l'alimentation des animaux. Les aliments GM pour animaux doivent être étiquetés en vertu de la législation de l'UE.
« … la région du Benelux importe en grandes quantités du soja GM et des produits qui en sont dérivés, ainsi que des produits de maïs dérivés de maïs GM tels que les aliments de gluten de maïs et les drêches sèches de distillerie. Toutefois, les importations de produits génétiquement modifiés restent négligeables, en raison du faible nombre de détaillants alimentaires prêts à présenter des produits étiquetés OGM sur leurs étalages. Les mesures prises contre les produits GM se sont généralisées avant l'adoption de la loi. Cette prise de position associée à la législation poussera la plupart des fabricants de produits alimentaires néerlandais à s'approvisionner en ingrédients non-GM… »
Source : Rapport annuel des Pays-Bas sur la biotechnologie agricole de 2005, USDA (département de l'Agriculture des États-Unis)
La branche néerlandaise de Greenpeace recommande aux consommateurs d'examiner attentivement les ingrédients de chaque produit. Elle propose une liste de produits étiquetés comme contenant des OGM sur son site Web.
Parmi ces produits, on retrouve :
Aux Pays-Bas, Greenpeace est aussi à l'origine d'une campagne contre les OGM dans les aliments pour le bétail. À quelques très rares exceptions près (entre autres, Lidl), la majorité des producteurs d'œufs, de produits laitiers et de produits carnés ne garantissent pas que leurs produits dérivent d'animaux ayant été nourris avec des aliments exempts d'OGM.

« …nous sommes le seul grand détaillant en alimentation du Royaume-Uni à pouvoir garantir qu'aucun ingrédient génétiquement modifié n'est utilisé dans la fabrication des produits que nous vendons. Depuis 1999, nous avons adopté une politique rigoureuse qui consiste à ne vendre que des produits non-GM. Cette initiative a d'ailleurs reçu un fort soutien de la part de nos clients. L'interdiction qui pèse sur les aliments GM concerne tous nos produits, des fruits et légumes aux ingrédients que contiennent nos plats cuisinés à l'avance. Nous tenons également à préciser que les animaux utilisés dans la production de nos viandes et de nos poissons frais, ainsi que de tous nos œufs, et même de nos poissons d'élevage, ont reçu une alimentation non-GM.
Cela s'inscrit à l'intérieur d'une politique plus large consistant à vendre des aliments les plus naturels et sains possibles, exempts de produits chimiques dangereux comme les pesticides et les additifs nocifs, qui sont régulièrement introduits dans la chaîne agroalimentaire. En plus d'interdire les aliments GM, nous avons également donné instruction à nos agriculteurs de ne plus utiliser 60 pesticides dangereux afin de protéger les producteurs d'aliments et les consommateurs. Nous sommes actuellement en train d'en éliminer progressivement 19 de plus.
Dans l'industrie alimentaire, nous nous classons également au premier rang de ceux qui ont choisi de retirer les additifs et les agents de conservation et de réduire la teneur en sel et en graisses et huiles hydrogénées de leurs aliments. Afin que vous puissiez nous faire confiance lorsque nous vous disons qu'aucun de nos aliments ne contient d'OGM, nous prenons soin de les étiqueter clairement afin que vous puissiez savoir ce que vous mangez et d'où ça provient. Si nous sommes en mesure de le faire, c'est parce que nous sommes capables de retracer l'origine de tous nos aliments en remontant jusqu'aux fermes où ils sont produits.
Le maintien de l'interdiction totale des aliments GM deviendra de plus en plus difficile si, comme cela semble probable, les gouvernements du monde entier décident d'atténuer les règles applicables à la production de cultures GM. Il nous faudra travailler de plus en plus dur dans l'avenir si nous voulons maintenir cette interdiction, et nous nous engageons à le faire… »
Source : Rapport annuel de M & S

« … notre politique concernant les aliments génétiquement modifiés (GM) s'aligne sur l'opinion de nos clients. Ils continuent de nous dire qu'ils ne sont pas encore convaincus des avantages qu'auraient les OGM. Par conséquent, aucun des aliments de notre marque vendus sur nos étalages ne contient d'OGM. Nous restons attachés à un étiquetage clair de nos produits, afin de permettre à nos clients de faire un choix éclairé. Tous nos produits de marque qui contiennent des OGM sont étiquetés comme tels… »
Source : Rapport annuel de Tesco
« …ASDA entreprend de se convertir aux aliments pour animaux non-GM en affirmant de nouveau qu'il n'y aura aucun coût supplémentaire pour ses clients. ASDA a annoncé aujourd'hui que pour répondre à la demande de ses clients, elle demandera désormais à ses fournisseurs de s'approvisionner exclusivement en aliments pour animaux qui ne sont pas issus de manipulations génétiques. D'ici 15 mois, une fois qu'elle aura supprimé tous les ingrédients et les dérivés GM de ses aliments de sa propre marque, cette toute dernière initiative se traduira dès l'été prochain par le lancement d'une gamme de produits frais dûment étiquetés avec du poulet, du porc et des œufs provenant d'animaux nourris sans OGM.
ASDA a reçu des centaines de lettres de clients réclamant le retrait de tous les aliments pour animaux GM de la chaîne agroalimentaire. L'annonce faite aujourd'hui est le résultat de plus d'un an de travail qui fera en sorte que cela devienne réalité. ASDA a décidé de ne répercuter aucun coût sur ses clients, et il n'y aura aucune augmentation des prix de vente au détail, ASDA prenant en charge tous les frais alimentaires additionnels engagés par les fournisseurs. ASADA compte d'ailleurs sur la baisse de ces frais lorsque les autres détaillants feront de même.
ASDA espère que cela permettra d'établir une nouvelle norme pour les aliments pour animaux au Royaume-Uni, à savoir une norme pour des produits qui n'ont subi aucune manipulation génétique quelle qu'elle soit. Lorsque le reste de l'industrie emboîtera le pas derrière ASDA, les frais engagés par les agriculteurs et les fournisseurs pour isoler les grains d'un détaillant de ceux d'un autre seront considérablement réduits.
« Le message de nos clients est clair et net », a déclaré M. Mike Coupe, le directeur commercial d'ASDA, « Les consommateurs attachent de plus en plus d'importance à la manière dont les aliments qu'ils consomment sont produits et veulent, plus que jamais, acheter des produits provenant d'animaux élevés et nourris avec une alimentation non-GM. Si les autres détaillants nous imitent, les aliments pour animaux non-GM deviendront la norme dans l'industrie et les primes versées pour cela diminueront, tout comme les frais engagés par les détaillants et les producteurs. »
Les technologues d'ASDA ont passé l'année dernière à forger des relations avec les producteurs de soja brésiliens, les distributeurs et les laboratoires britanniques afin de créer une base d'approvisionnement non-GM, un réseau de distribution et un programme d'assurance de la qualité qui ont le potentiel de répondre aux besoins de tous les détaillants du Royaume-Uni. Le soja du Brésil sera soumis à des essais dans le cadre d'un programme rigoureux d'assurance de la qualité (PI forte) confié à des laboratoires indépendants au moment où il est planté, récolté, puis transporté au Royaume-Uni. De plus, les poulets, les poules pondeuses et les cochons élevés pour ASDA finiront par être nourris avec une alimentation non-GM dès leur naissance, et pas seulement pendant quelques mois avant leur abattage, méthode qui permet techniquement de produire de la viande fraîche issue d'animaux nourris avec une alimentation non-GM.
Les poulets, les cochons et les poules pondeuses élevés pour ASDA seront nourris avec des aliments non-GM à partir du début du mois de juin et du poulet et des œufs frais de la marque ASDA, y compris de la gamme Smart Price (Prix chics) issus de ces animaux seront disponibles dès cet été.
Une gamme de produits à base de porc non-GM sera disponible. Le travail pour convertir toutes les autres espèces et tous les autres produits se poursuivra au cours des prochains mois jusqu'à ce que le vœu d'ASDA devienne réalité, à savoir que tous les produits vendus sous sa marque proviennent d'animaux nourris avec une alimentation non-GM. En septembre 2000, Greenpeace a commandé un sondage d'opinion publique sur les attitudes des consommateurs à l'égard des aliments pour animaux GM et 55 % des adultes interrogés ont répondu qu'ils ne souhaitaient pas consommer des produits provenant d'animaux nourris avec des cultures GM; lorsqu'on leur a demandé s'ils pensaient que ces produits devraient faire l'objet d'un étiquetage clair, 90 % ont répondu « oui. » En septembre 2000, la Food Standards Agency (Bureau des normes alimentaires) a annoncé qu'elle ferait pression pour qu'une nouvelle législation soit adoptée et qu'elle oblige les agriculteurs à séparer et à étiqueter les aliments pour animaux GM et les aliments pour animaux non-GM, initiative qui se traduira par des coûts similaires pour les producteurs primaires.
Le 11 janvier 2001, le journal Wall Street a publié un article qui faisait état d'un changement d'attitude des Américains à l'égard des plantations de cultures GM. Le journal en voulait pour preuve l'appel interjeté par l'Illinois Department of Agriculture (ministère de l'Agriculture de l'Illinois) contre les marchands en semences de cet État, qui est le deuxième plus gros producteur de maïs des États-Unis, pour qu'ils arrêtent de vendre des grains dont l'utilisation n'est pas mondialement approuvée. La PI forte qui permet de s'assurer que le soja est produit selon des normes de la PI forte (norme CERT ID ou norme du BRC/de la FDF) suppose de valider les tâches agricoles exécutées et de procéder à des essais sur le soja à la fois chez l'agriculteur (trousses de détection rapide) et de façon plus poussée dans un laboratoire indépendant.
En cas de résultat positif à l'un de ces essais, la céréale en cause sera séparée du lot destiné aux fournisseurs d'ASDA. Le soja à identité préservée légère qui est produit selon les normes de la PI légère n'est soumis à aucun essai, ni chez l'agriculteur ni en laboratoire. La région dans laquelle il est cultivé est alors supposée n'avoir aucune culture GM.

« … nous sommes le premier des grands supermarchés (en juillet 1999) à réagir aux préoccupations des clients en éliminant les ingrédients génétiquement modifiés (GM) de tous les aliments, vitamines, compléments alimentaires et aliments pour animaux de compagnie de notre propre marque. Nous vendons également un vaste assortiment d'aliments biologiques, qui ne peuvent contenir aucun ingrédient GM. Les produits suivants que nous proposons sont issus d'animaux nourris à base de protéines de soja et de maïs non-GM, information qui est indiquée bien en évidence sur les emballages :
Nous avons étudié l'idée de ne vendre que des produits provenant d'animaux nourris avec une alimentation non-GM, mais nous sommes arrivés à la conclusion que le fait de passer à des aliments pour animaux non-GM rajouterait des frais importants aux coûts des agriculteurs puisque les ingrédients GM ne sont pas séparés des autres dans la plupart des aliments industriels. Cela signifie qu'on ne peut pas passer à des produits entièrement non-GM, que ce n'est pas faisable, du moins dans un futur proche. Nous continuons à examiner cette question régulièrement, en fonction de la demande des clients concernant des produits tels que le lait non-GM.
Notre position sur le lait
Notre lait traditionnel provient de vaches qui peuvent avoir été nourries à base de cultures GM, mais cela ne signifie pas que leur lait contient des ingrédients GM. Plusieurs études scientifiques réalisées par des organismes respectés ont conclu à l'absence de matières GM dans des échantillons de lait provenant de vaches nourries avec une alimentation à base d'OGM. Notre lait provient des fermes laitières britanniques qui approvisionnent les autres supermarchés du Royaume-Uni, ainsi que les hôtels, les écoles et les hôpitaux. De nombreux clients souhaitaient pouvoir acheter du lait biologique de vaches nourries avec une alimentation non-GM, et en 2004, nous sommes devenus la seule grande entreprise de supermarchés à répondre à cette demande. Après beaucoup de travail, nous avons mis à l'essai un lait demi-écrémé provenant de fermes sélectionnées qui complètent l'alimentation à base d'herbe de leurs vaches par des protéines, des céréales et des huiles non-GM. Ce lait est désormais en vente dans près de 200 de nos magasins.
Notre position sur le coton
La plupart des produits de coton vendus par Sainsbury's proviennent de pays qui n'utilisent pas les graines de coton GM. La probabilité d'OGM présents dans ces produits est donc faible. La nature du marché international du coton rend l'identification précise du lieu où il est cultivé difficile et nous sommes, par conséquent, dans l'impossibilité de garantir qu'aucun de nos produits n'est génétiquement modifié.
Notre position sur le miel
Le miel vendu par Sainsbury's est seulement produit par des fournisseurs qui établissent une zone d'exclusion d'un rayon de six miles (9,66 km) entre les ruches et les sites d'essais sur les OGM. Ces fournisseurs sont membres de la Honey Association (Association du miel) qui réalise régulièrement des essais afin de s'assurer que le miel n'a pas été contaminé par du pollen dérivé de plantes GM.
Source : Rapport annuel de Sainsbury's
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« … aucun produit de la marque Waitrose ne contient d'ingrédients GM. »
« …Somerfield évite d'utiliser des aliments et des ingrédients génétiquement modifiés dans tous les produits de sa marque, en réponse à la demande de sa clientèle. Afin d'y parvenir, nous avons élaboré des produits qui évitent l'utilisation de cultures, d'aliments et d'ingrédients qui contiennent des OGM. Lorsque c'est impossible, nous limitons leur utilisation au minimum en restant en deçà de seuils particuliers. Ces produits sont les suivants :
Produits de marque
Les producteurs de produits de marque destinés à Somerfield doivent respecter la réglementation de l'UE et du Royaume-Uni en matière d'étiquetage… »
Source : www.somerfield.co.uk
1. Promar International est un important cabinet de consultants britanniques particulièrement reconnu dans le domaine de l'agroalimentaire et dont les activités portent sur l'ensemble de la chaîne de valeur de ses principaux clients, qui proviennent tant du secteur public que du secteur privé. Bien que Promar soit une société du Royaume Uni, elle possède des bureaux aux États Unis, au Mexique et au Japon et elle a déjà travaillé pour plusieurs clients canadiens dans le passé.
2. Entreprises de l'Union européenne elle même et entreprises de pays fournisseurs tiers, y compris le Canada, les États Unis, l'Amérique latine, le Moyen Orient, l'Australasie et l'Asie.
3. Slogan publicitaire de la société Marks & Spencer (M & S), qui est l'un des premiers détaillants de produits alimentaires du Royaume Uni et qui dessert le secteur haut de gamme.
4. Cela inclut le Royaume Uni, l'Allemagne et les Pays Bas.
5. Aussi bien pour les produits alimentaires nationaux et/ou importés.
6. Nous savons qu'AAC a commandé, il n'y a pas si longtemps, une étude spéciale concernant les débouchés sur le marché de l'Union européenne et les exigences à respecter par les producteurs d'aliments biologiques canadiens. Le Royaume Uni, l'Allemagne et les Pays Bas sont des importateurs importants pour toute une gamme de produits alimentaires biologiques et ils pourraient devenir des marchés cibles tout à fait intéressants pour les producteurs d'aliments biologiques canadiens.
7. La FDF, la principale association commerciale du Royaume Uni dans le secteur des aliments transformés, est composée de fabricants de produits alimentaires très divers, qui vont de multinationales à des PME.
8. La mise en œuvre des normes EUREPGAP s'est faite avec beaucoup d'enthousiasme dans des pays comme l'Afrique du Sud, le Chili et la Nouvelle Zélande, qui sont tous des fournisseurs importants de produits frais sur le marché de l'UE.
9. Après la crise de la fièvre aphteuse, le gouvernement a chargé la Commission Curry de produire un rapport important sur l'avenir de l'industrie agricole et de l'industrie alimentaire britanniques. Une de ses principales conclusions est que les consommateurs qui vivent en milieu urbain sont par définition de plus en plus « déconnectés » du milieu rural et agricole.
10. L'IGD est l'une des principales associations commerciales
du Royaume-Uni. Elle fonctionne comme une ONG, mais ses membres sont
choisis parmi l'ensemble des principaux groupes de transformation des
aliments et des boissons du Royaume Uni, ainsi que parmi les principaux
détaillants et exploitants de services alimentaires. Cette organisation
entretient des liens étroits avec le gouvernement.
11. Avant la complète adhésion à l'UE des pays
d'Europe de l'Est et des pays Baltes.
12. En particulier les PME et les nouveaux exportateurs.
13. Les détaillants et les entreprises de services alimentaires tenteront en retour de s'y opposer.
14. En réalité, dans le marché de l'UE, la plupart des fournisseurs les plus qualifiés, les plus sérieux et les plus spécialisés, y compris le Royaume Uni, les respectent.